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LE MONDE | 01.12.01 | 15h31
La communauté juive s'inquiète d'une recrudescence des agressions antisémites
Un document faisant état d'une recrudescence des agressions antisémites a été publié par des représentants de la communauté juive, samedi 1er décembre, quelques heures avant le traditionnel dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), à Paris, auquel devait participer Lionel Jospin. A cette occasion, les représentants communautaires devaient faire part de leur inquiétude au premier ministre.

La liste est longue et remplit 21 pages. Elle recense 330 actes d'hostilité commis contre des juifs entre le 9 septembre 2000 et le 20 novembre 2001, à Paris et dans la région parisienne.
   
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Pas un jour sans une agression : jets de pierres sur des fidèles sortant des synagogues, contre des élèves quittant les écoles juives, engins incendiaires contre des bâtiments communautaires, insultes téléphoniques et courriers anonymes, graffitis antisémites... Ce document a été réalisé par le service de protection de la communauté juive, qui dépend du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), du Fonds social juif unifié (FSJU) et du Consistoire de Paris. Il a été rendu public, samedi 1er décembre, quelques heures avant le traditionnel dîner annuel du CRIF, organisé en présence du premier ministre, Lionel Jospin, d'une douzaine de ministres et de représentants de l'opposition.

"La secrétaire de la synagogue de Vincennes s'est fait intimider par deux Arabes qui étaient dans une voiture alors qu'elle fermait la porte de la synagogue, décrit par exemple le document à la date du 10 octobre 2000. Une jeune femme de cette même synagogue s'est fait menacer dans le RER : "Sale juive, on va continuer le travail à 40, ce n'est qu'un échauffement, on va tout brûler."" Le 23 avril 2001, poursuit le texte, "un taxi parisien transportant une jeune femme et ne sachant pas qu'elle était juive a dit, en passant devant un commerce : Ëncore un cachère ici, on est envahis." Lorsqu'elle s'est fait connaître, il a rétorqué qu'il ne transportait pas des "salopes de juives". La jeune femme est descendue et a porté plainte."

A la date du 9 septembre 2001, le document rapporte : "Des jeunes Arabes passaient en voiture dans la rue Manin, à Paris (19e), et des jeunes juifs se trouvaient devant un restaurant cachère de la même rue. Ils se sont interpellés et les jeunes juifs se sont réfugiés dans le restaurant, où les Arabes les ont poursuivis. Une bagarre s'est déclarée, les vitres du restaurant ont été cassées avec des tables, puis les Arabes sont sortis et ont commencé à casser les pare-brise des véhicules en stationnement. Les policiers ont été prévenus." Fait nouveau, les organisations juives n'hésitent plus à désigner les responsables : il s'agit le plus souvent de "jeunes Arabes", "d'origine maghrébine". Ceux qui ont établi la liste précisent que tous les faits relatés ont été vérifiés.

"CALCUL INCONSCIENT"

"Les membres de la communauté juive qui vivent en banlieue ou dans le 19e arrondissement de Paris ont peur", explique-t-on au CRIF. "Ils sont soumis tous les jours à des incidents, des agressions verbales qui provoquent un sentiment d'insécurité. Les premiers visés sont les juifs religieux, repérables parce que les hommes portent la kippa et les femmes des jupes longues." D'après les statistiques réunies par les organisations communautaires, les agressions à caractère antisémite ont connu un nouveau pic en octobre 2001, un an après le début de la nouvelle Intifada, à l'automne 2000, qui s'était traduite en France par une brusque montée des actes antijuifs.

Le président du CRIF, Roger Cukierman, devait faire part de cette inquiétude au gouvernement, samedi soir. Aux craintes déjà exprimées par des représentants de la communauté auprès du ministère de l'intérieur, il a été répondu que le plan Vigipirate ne permettait pas, pour l'instant, de renforcer la surveillance des lieux communautaires.

Dans un entretien au Figaro du 30 novembre, le grand rabbin de France, Joseph Sitruk, explique que "ce qui inquiète encore le plus la communauté, c'est le sentiment qu'autour de nous on banalise et on dédramatise ces incidents. Parmi les auteurs de ces agressions, très peu ont été arrêtés". Le rabbin Sitruk évoque aussi "une nouvelle donne", "un calcul inconscient mais réel des pouvoirs publics" : "Dès lors qu'en France il y a 5 ou 6 millions de musulmans -...- et seulement 600 000 juifs, il est clair que la communauté musulmane est mieux prise en compte", affirme-t-il.

Xavier Ternisien

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 02.12.01

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