Appel israélo-palestinien pour l'arrêt des massacres et la reprise des négociations.

Non au bain de sang, non à l'occupation, oui à la paix
Signataires palestiniens:
Yasser Abed Rabbo, ministre de la Culture et de l'Information; Hisham Abdul-Razek, ministre des Affaires relatives aux détenus; Nabil Amr, ministre des Affaires parlementaires; Dr Hanan Ashrawi, secrétaire général de Palestinian Initiative for Global Dialogue and Democracy; Dr Sari Nuseibeh, président de l'université Al-Qods; Dr Gabi Baramki, université Bir Zeit; Hafez al-Barghouti, rédacteur en chef du quotidien al-Hayat al-Jadida; Dr Salim Tamari, Institute for Jerusalem Studies; Suleiman Mansour, directeur d'Al-Wasiti Art Center; George Ibrahim, directeur du théâtre Al-Qasaba; Sufian Abu-Zaideh, ministre des Affaires civiles; Sama'an Khoury, directeur du Palestine Media Center; As'ad al-As'ad, écrivain; Abdul-Rahman Awad, écrivain.
Signataires Israéliens:
Chaim Oron, ancien ministre; Arie Arnon, militant de La paix maintenant; Yossi Beilin, ancien ministre; Menachem Brienker, université hébraïque de Jérusalem; David Grossman, écrivain; AB Yehoshua, écrivain; Yirmyahu Yovel, université hébraïque de Jérusalem; Dan Yaacobson, université de Tel-Aviv; Ronit Matalon, écrivain; Avishai Margalit, université hébraïque de Jérusalem; Samuel Yizhar, écrivain; Sami Samuha, université de Haïfa; Amos Oz, écrivain; Yair Tsaban, ancien ministre; Nissim Calderon; Menachem Klein, université Bar Ilan; Tzali Reshef, La paix maintenant; Yuli Tamir, ancien ministre.

Le samedi 11 et dimanche 12 août 2001


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Israël-Palestine, l'embrasement

Nous croyons en l'humanité du camp adverse. Nous le considérons comme un partenaire pour la paix.
Une solution négociée au conflit entre les deux peuples reste possible.

Au Proche-Orient, chaque jour amène son lot de destructions et de terreur. Attentats et actions de représailles se suivent des deux côtés, dans un enchaînement qui semble sans fin. Yasser Arafat et l’Autorité palestinienne, dont personne ne comprend plus la stratégie, continuent d’envoyer signaux et messages contradictoires dans toutes les directions. Ariel Sharon et son gouvernement, bénéficiant dans la conjoncture convulsive d’une popularité exceptionnelle, tergiverse, jouant de la fermeté pour mieux verrouiller l’immobilisme. Au milieu de ce chaos, rares sont les initiatives qui peuvent susciter espoir et réconfort. C’est pourquoi il nous semble utile de faire connaître le texte de la déclaration commune israélo-palestinienne, la première depuis plusieurs mois, publiée le 25 juillet dans le quotidien israélien Haaretz. Cet appel a été signé des deux côtés par des personnalités assez représentatives pour mériter l’attention. Ce refus de l’absurde a du mal à se faire entendre dans le tumulte et les vociférations, mais les femmes et les hommes qui le clament sont la voix de la raison et de l’espoir.

Marc Lefèvre, physicien,
Philippe Gumplowicz et Pierre-André Taguieff, universitaires

Nous, cosignataires israéliens et palestiniens de cette déclaration, nous sommes réunis dans les circonstances les plus difficiles qui soient pour nos deux peuples. Ensemble, nous appelons à mettre un terme à l'occupation des territoires, à faire cesser le bain de sang, à la reprise immédiate des négociations, à la mise en œuvre de la paix entre nos deux peuples. Nous refusons d'accepter la détérioration de la situation actuelle, avec des victimes dont le nombre ne cesse de s'accroître, et l'éventualité d'être submergés par un océan de haine mutuelle.

Par la présente déclaration, nous élevons nos voix et implorons tous les hommes de bonne volonté pour qu'ils retrouvent, en même temps que leur lucidité et leur jugement critique, des sentiments de compassion et d'humanité afin de refuser la régression dans la peur, la haine et la vengeance.

Nous croyons en l'humanité du camp adverse. Nous continuons à le considérer comme un partenaire pour la paix, et pensons qu'une solution négociée au conflit entre les deux peuples reste possible. Des erreurs ont été commises de chaque côté, mais les accusations et les mises à l'index ne suffisent pas à fonder une politique et ne peuvent se substituer à un engagement profond.

L'idée qui prévaut, au sein des deux communautés, que «le temps est de notre côté» est illusoire. Le temps qui passe ne bénéficie qu'à ceux qui ne croient pas en la paix. Plus nous attendons, plus le sang innocent sera versé, plus grande sera la douleur et plus l'espoir diminuera. Nous devons agir instamment pour renouer le dialogue, en finir avec la déshumanisation de l'autre, et faire revivre l'option d'une paix juste qui garantira l'avenir de tous dans la région.

Le chemin pour y parvenir réside dans l'application des résolutions 242 et 338 de l'ONU menant à une solution comportant deux Etats, Israël et la Palestine, vivant l'un à côté de l'autre, séparés par les frontières du 4 juin 1967 et dont la capitale serait Jérusalem. Des solutions justes et équitables peuvent être trouvées à tous les problèmes en suspens sans porter atteinte à la souveraineté de ces Etats palestinien et israélien, et en respectant les aspirations nationales des deux peuples juif et palestinien. Ces solutions s'appuieront sur les progrès accomplis dans les négociations entre novembre 1999 et janvier 2001.

Il est urgent de mettre en œuvre les recommandations de la commission Mitchell, ce qui comprend l'arrêt complet des violences, le gel total de la construction dans les colonies, l'application des accords en suspens et la reprise des négociations. Ce processus doit être supervisé par un tiers objectif.

Nous pensons qu'il est de notre devoir de travailler ensemble et que chacun de nous agisse en ce sens dans sa propre communauté, afin de mettre fin à la détérioration de nos relations, pour reconstruire la confiance, la foi et l'espoir en la paix

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