Élie
Barnavi : « La culture juive, aujourd'hui, s'invente en Israël »
Nommé
ambassadeur d'Israël à Paris en décembre dernier, Élie Barnavi, spécialiste
des guerres de religion au XVI e siècle, parle de son engagement personnel, du
judaïsme et de l'Europe, au moment même où son pays connaît de nouveaux
soubresauts.
par François Dufay
Le Point : Vous
parlez parfaitement le français. Êtes-vous d'origine française ou issu de la
partie francophone de la diaspora ?
Élie
Barnavi : Pas
du tout. Le français, pour moi, est une langue acquise, une langue de travail.
Je suis né à Bucarest en 1946, dans un milieu typique du judaïsme de l'Est.
Vous savez, les Français, y compris les juifs français, ont du mal à
comprendre ce judaïsme qui se concevait historiquement comme une nationalité,
avec sa religion, ses langues (le yiddish et l'hébreu), sa culture particulière.
Le véritable terreau du sionisme, c'est là-bas qu'il faut le chercher.
Le
Point : Quelles
sont vos origines familiales ?
Élie
Barnavi : Par
mon père, je suis le descendant d'une longue lignée de rabbins russes. A l'âge
de 20 ans, mon grand-père s'est mis à fumer durant le shabbat, et il est
devenu communiste et instituteur... Là encore, c'est une histoire typique, à
la Bashevis Singer. Mon père est devenu sioniste pendant la guerre.
Un
jour, mon père, qui a fait une belle guerre, comme on dit - il a combattu à
Stalingrad, avec l'Armée rouge -, a voulu me montrer ses médailles
: il ne les a pas trouvées. Ma mère, qui avait perdu deux enfants
de maladie et de privations pendant la guerre en URSS, avait jeté la boîte où
elles se trouvaient, tellement grande était sa haine du communisme.
Le
Point : Quand
êtes-vous arrivé en Israël ?
Élie
Barnavi : C'était
en 1961, j'avais 14 ans. Parlant déjà l'hébreu, je m'y suis tout de suite
senti chez moi, contrairement à mes parents. En Israël, j'ai vécu la fin de
l'âge héroïque du sionisme, un des rares «-ismes » dans l'histoire qui ait
réussi. C'était alors un pays extraordinairement uni, voire uniforme, très «
bolchevique ». J'appartenais à la « jeune garde », un mouvement de jeunesse
sioniste. A 14 ans, j'ai passé un an dans un kibboutz, où se formaient aussi
bien les futurs dirigeants politiques que les pilotes de chasse, bref, l'«
aristocratie » du pays. Sensible au romantisme de l'expérience, j'ai failli y
rester. Puis j'ai fait des études de sciences politiques et d'histoire à
l'université de Tel-Aviv. Celle-ci m'a envoyé parfaire ma formation en France,
à la Sorbonne, en 1971.
Le
Point : Comment
s'est passé ce séjour ?
Élie
Barnavi : Aussi
bien que possible. Je parlais la langue, j'avais de la famille en France. Je me
suis tout de suite fait des amis. Je me suis épris de ce pays, de sa culture,
de son art de vivre. J'admirais cette aventure nationale à mes yeux exemplaire,
à base de droit du sol, de laïcité. Je n'ai jamais changé de sentiment.
Le
Point : Vous
vous êtes lié avec de nombreux intellectuels français, dont François
Furet...
Élie
Barnavi : Oui.
J'ai beaucoup aimé François Furet, un homme d'une grande élégance de pensée,
d'une grande générosité, mais qui pouvait être extrêmement méprisant pour
ce qui lui semblait besogneux. Avec lui, j'ai souvent discuté de la filiation
entre la Révolution française et la révolution sioniste. J'ai eu la joie de
pouvoir le faire devenir docteur honoris causa de l'université de Jérusalem.
Le
Point : Vous
vous êtes spécialisé dans l'étude des guerres de religion. Pourquoi ?
Élie
Barnavi : L'université
de Tel-Aviv avait besoin d'un « seiziémiste ». Mais il y a d'autres raisons.
Je sentais confusément que les guerres de religion d'alors avaient des choses
à nous apprendre sur les nôtres. Lorsque, en 1980, j'ai publié mon premier
livre, consacré à la Sainte Ligue (un parti ultra catholique de la fin du XVIe
siècle), je l'ai intitulé « Le parti de Dieu ». Je ne savais pas que deux
ans plus tard apparaîtrait au Liban un parti portant exactement ce nom, le
Hezbollah...
Le
Point : Étant
soumis comme tous les Israéliens à de lourdes obligations militaires, vous
avez pris part aux guerres qu'a dû mener Israël. Quel souvenir gardez-vous de
la guerre ?
Élie
Barnavi : Je
retiens d'abord des images. Un jour, au Liban, sur une petite route, l'un des
chars de ma colonne a emporté sur son passage un morceau d'une maison. Et
personne n'a tourné la tête : c'était
la guerre, qu'est-ce que ça pouvait faire, une maison de plus ou de moins ?
J'ai pensé au paysan qui allait retrouver son foyer détruit...
La
guerre, c'était aussi trois semaines sans se laver, au cœur de l'été, parce
que l'intendance ne suivait pas. Et puis un camion-citerne a fini par arriver,
et nous nous sommes lavés, nus sur la route. Il faisait beau, il y avait des
cerises sur les arbres. La guerre, c'est aussi ces moments de joie enfantine,
parce que, après tant d'épreuves, on est toujours en vie...
Le
Point : Et
les combats proprement dits ?
Élie
Barnavi : Je
ne souhaite pas en parler.
Le
Point :
Alors évoquons votre dernier livre, « Les juifs et le XXe siècle », un très
riche dictionnaire historique qui cherche les articulations entre le destin des
juifs et la modernité. Certains vous ont reproché d'y avoir fait la part belle
aux Ashkénazes, au détriment des Séfarades du monde méditerranéen...
Élie
Barnavi : C'est
vrai, dans la mesure où la démographie et l'histoire sont ce qu'elles sont. Au
tournant du XXe siècle, il y a eu un Séfarade pour neuf ou dix Ashkénazes
: la masse critique juive se trouvait en Europe de l'Est, pas
ailleurs. C'est dans ces pays que nous avons affronté les défis de la modernité,
avec la Haskala (les Lumières juives), puis les grands mouvements émancipateurs,
et aussi les forces hostiles au judaïsme. Le sort du peuple juif s'est joué là-bas.
Si, au contraire, j'avais fait une histoire des juifs au XIIe siècle, le poids
des séfarades aurait été dominant.
Le
Point : On
a souvent remarqué qu'Israël est loin d'atteindre le rayonnement intellectuel
qui fut celui de la diaspora. Un penseur comme George Steiner résume cela en
disant que les meilleurs joueurs d'échecs du monde sont juifs, mais que l'équipe
d'Israël d'échecs n'est pas d'un niveau terrible... Qu'en pensez-vous ?
Élie
Barnavi : Cette
déperdition existe. Mais ce n'est pas la création de l'État d'Israël qui l'a
provoquée : c'est la Shoah,
c'est-à-dire la liquidation en masse du peuple juif. Et aussi la démocratisation
en profondeur des sociétés d'accueil. En effet, les juifs ne constituent plus
en Occident ce ferment que seules des minorités à la fois intégrées et
marginalisées peuvent constituer. Car c'est là le plus grand secret de la créativité
juive : dans des sociétés
sophistiquées, où ils étaient en même temps admis et marginalisés, les
juifs ont pu apporter ce supplément d'âme révolutionnaire dû à la fois à
leur pratique ancestrale de la lettre écrite et à leur position de « parias
sociaux » (l'expression est de Hannah Arendt). D'où la formidable trinité
Marx, Freud, Einstein. Tous les trois, ce n'est pas un hasard, étaient des
juifs allemands. Leur caractère révolutionnaire tient à ce qu'ils étaient
parfaitement intégrés culturellement et en même temps des marginaux sociaux.
En France, les juifs étaient moins nombreux, mais aussi mieux intégrés
: ils étaient plus français que les juifs allemands n'étaient
allemands.
Cela
dit, l'équipe d'échecs d'Israël a beau ne pas valoir celle de la Russie, elle
n'est pas si mauvaise que cela ! Israël est un pays de très haut niveau
culturel, avec une littérature vivante, dans une langue ressuscitée, qui s'est
avérée un outil d'une étonnante efficacité. La culture juive aujourd'hui
s'invente là-bas, pas chez M. Steiner ! Se donner un cadre national, une force
armée, une économie moderne a un prix, celui d'un certain recroquevillement
sur nous-mêmes. Mais Israël n'a qu'un demi-siècle d'existence, et il faut des
siècles avant de produire des Dostoïevski et des Flaubert.
Le
Point :
Qu'est-ce qui vous a amené, vous qui êtes universitaire, à accepter, à 54
ans, de devenir ambassadeur ?
Élie
Barnavi : J'ai
toujours eu un engagement civique, de militant et de publiciste. Dans les années
70, je faisais partie de la jeune garde du parti travailliste, j'ai même failli
devenir chef de cabinet de Shimon Peres. Alors, lorsque mon ami Schlomo Ben Ami,
historien de l'Espagne et précédent ministre des affaires étrangères, m'a
proposé ce poste, je n'ai pas hésité. C'était un vieux fantasme, être
ambassadeur en France...
Le
Point : Malgré
la fameuse « politique arabe » du quai d'Orsay...
Élie
Barnavi : Ou
justement à cause d'elle. Je voudrais contribuer à normaliser, à dépassionner
les relations entre les deux pays. Depuis la volte-face de de Gaulle en 1967,
une certaine tradition diplomatique assez « fraîche », pour ne pas dire plus,
a prévalu vis-à-vis d'Israël, et s'est ensuite figée. Cela dit, je note,
depuis l'arrivée d'Hubert Védrine, une volonté de rééquilibrer les
relations. Il faut distinguer l'« écume des vagues », comme dit Fernand
Braudel, et la réalité profonde des relations culturelles, stratégiques,
industrielles. Quant à la réaction des médias français lors de la deuxième
intifada, lisez la presse italienne, espagnole, ce n'est pas beaucoup mieux. Je
le dis souvent aux responsables du judaïsme français quand ils s'en inquiètent
: « Vous savez, tout ça n'est pas aussi terrible que ça en a
l'air, la France dans l'ensemble est un pays ami. »
Le
Point :
La France vous paraît-elle, en 2001, un pays encore marqué par l'antisémitisme
?
Élie
Barnavi : Je
suis trop historien pour croire à une pérennité, à une immanence de l'antisémitisme.
C'est un phénomène qui a eu un commencement, qui a engendré des horreurs, et
qui aura une fin, sans doute. Les sociétés occidentales, je l'ai dit, se sont
démocratisées en profondeur. Récemment, on a brûlé des synagogues, crié «
Mort aux juifs » en France, et c'est horrible. Mais cela ne traduit pas une résurgence
de l'antisémitisme classique, c'est le fait d'une communauté musulmane mal intégrée
à laquelle les événements du Proche-Orient ont fourni un exutoire. Vous le
voyez, je suis plutôt optimiste. Cela n'est pas, d'ailleurs, sans poser un
problème sur le plan national aux juifs : du
fait de cette plus grande tolérance, il y a une tendance profonde du judaïsme,
en France comme ailleurs, à une certaine dissolution. C'est un vrai danger.
Le
Point :
Comment concevez-vous les rapports d'un
ambassadeur d'Israël avec la communauté juive de France ? Voyez-vous les Français
juifs comme des « compatriotes » ?
Élie
Barnavi : Non,
les juifs français sont français et leurs compatriotes sont les Français non
juifs. Cela dit, nous sommes, eux et moi, fils d'un même peuple, sinon d'une même
nation, membres d'une communauté de destin et dépositaires d'une mémoire
historique. Naturellement, j'entretiens, comme mes prédécesseurs, des
relations étroites avec les juifs de France, qui voient volontiers en moi «
leur » ambassadeur.
Le
Point : Qu'est-ce
que votre nomination comme ambassadeur a changé dans votre vie ?
Élie
Barnavi : Tout.
D'abord, le fait de ne pouvoir me déplacer sans trois ou quatre gardes du
corps, de ne plus avoir le temps de lire. Mais surtout, comme l'a très bien dit
Max Weber, de passer d'une éthique de la conviction à une éthique de la
responsabilité. Ce n'est pas toujours facile.
Le
Point :
Vous avez été nommé par le gouvernement Barak, et vous voici ambassadeur du
gouvernement Sharon...
Élie
Barnavi : Qui
est un gouvernement d'union nationale. En fait, j'ai une marge de manœuvre très
large, due à la façon dont je conçois ma mission, mais aussi à une certaine
tradition très libérale du service public en Israël. Arafat et les
Palestiniens me facilitent aussi - hélas ! - la tâche. En Israël, nous sommes
actuellement dans une phase défensive, nous sommes tous unis autour de trois
exigences fondamentales : la
cessation de la violence, la présence des juifs sur le mont du Temple et le
refus du « droit au retour » des Palestiniens.
Le
Point : Une
revendication qui paraît pourtant légitime...
Élie
Barnavi :
C'est un argument fallacieux, qui se cache derrière une apparence de bon sens.
Le prétendu droit au retour porte en lui la négation de l'existence d'Israël,
c'est aussi brutalement simple que cela ! Il entraînerait un flot de réfugiés
estimé à 3,7 millions de personnes. Dans l'immédiat, cela signifie la création
d'un État binational ; à terme, la création d'un troisième État arabe entre
la mer et le désert ! Les Palestiniens bien intentionnés nous disent : il faut
poser un principe, après nous l'aménagerons. Mais cela aussi est un argument
fallacieux : poser un principe pour ne point l'appliquer revient à pérenniser
l'irrédentisme. Et puis, une fois ce principe posé, comment et au nom de qui
empêcher les gens de le faire valoir ? Je remarque que ce rêve du retour, symétrique
du rêve du Grand Israël, n'est devenu que dernièrement une exigence
politique. Je suis bien placé pour le savoir : j'ai négocié avec les
Palestiniens ; il était question des réfugiés, de la réunification des
familles, voire de la reconnaissance d'une part de responsabilité d'Israël,
mais jamais du droit au retour. Pour Arafat, mettre en avant cette question est
en fait une façon de dire : « Nous ne voulons pas signer la paix. »
Le
Point : Mais
que dites-vous quand vous voyez de vieux Palestiniens montrer la photo de la
maison qu'ils ont dû abandonner en 1948, en brandir la clé...
Élie
Barnavi :
C'est toute la difficulté de ma tâche : expliquer à des Français de bonne
volonté une réalité dure, dans une époque où la seule idéologie qui tienne
encore debout est celle des droits de l'homme. Le droit au retour, qu'on présente
comme la réparation d'une injustice, entraînerait davantage d'injustice et
serait une cause de guerre pour des siècles. Comment faire comprendre aux gens
que les nations se bâtissent toujours sur des drames humains ? Le XXe siècle
restera celui des déplacements massifs de population. Les Turcs n'exigent pas
de revenir en Grèce, les Grecs en Asie mineure, où pourtant ils étaient présents
depuis des millénaires, les Allemands dans les Sudètes. Les juifs eux-mêmes
songent-ils à retourner en Europe orientale et centrale, au Maghreb, au Machrek
? L'opposition au droit au retour est d'ailleurs le seul point sur lequel tous
les Israéliens se retrouvent, faucons ou colombes.
Le
Point :
Parvenez-vous encore, dans la période actuelle, à dialoguer avec les
intellectuels arabes ?
Élie
Barnavi :
Oui, bien sûr. L'insurrection n'a pas interrompu le dialogue, ni ici ni là-bas.
Elle l'a rendu plus difficile, évidemment... Et il y a parfois de bonnes
nouvelles. Voyez l'appel lancé récemment par quatorze intellectuels arabes
contre la tenue d'une conférence négationniste à Beyrouth. Le tout est de
savoir le poids réel de ces intellectuels dans le monde arabe.
Le
drame du monde arabo-musulman, c'est la modernité. Les sociétés arabes n'ont
pas trouvé de réponse à cette question. Elles ont tout essayé, le libéralisme,
le socialisme, le panarabisme, tout a fait faillite. D'où la tentation
islamiste. Cela dit, l'État existe dans le monde arabo-musulman, il est
puissant, et il est généralement porteur de valeurs modernes, malgré le problème
non résolu de la démocratie. Les germes sont là, c'est pourquoi je ne désespère
pas.
Le
Point : Mais
il y a aussi des fanatiques en Israël, parmi les colons des implantations,
notamment...
Élie
Barnavi :
Nous avons nos jusqu'au-boutistes, mais ils sont ultra minoritaires, et ils opèrent
dans le cadre d'une société démocratique qui fonctionne convenablement.
Le
Point :
Avant d'être nommé ambassadeur, vous dirigiez la mission de préfiguration du
musée de l'Europe à Bruxelles, qui ouvrira en 2004. Pourquoi cette passion
pour l'Europe de la part d'un Israélien ?
Élie
Barnavi :
Je pense que l'Europe est notre « hinterland », et non l'Amérique. Pas
seulement parce que l'Europe est plus proche, qu'elle est riche et puissante.
Mais aussi parce qu'il se déroule sur ce continent une expérience historique
sans précédent. La façon dont les États européens renoncent à des pans de
leur souveraineté pour bâtir une communauté supranationale est une grande
première, mal expliquée aux Européens eux-mêmes, qui ratent le côté héroïque
de cette aventure. J'espère bien que nous, Israéliens, en ferons partie. Non
pas que je pense que nous ayons vocation à intégrer la communauté européenne
: nous sommes des Proches-orientaux. Mais il faut créer des liens profonds avec
l'Europe, la considérer comme un modèle. Avec l'idée, un jour lointain, de bâtir
quelque chose de semblable au Proche-Orient...
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Élie Barnavi |
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Né en 1946 à Bucarest, Élie Barnavi a immigré en Israël en 1961. Il y a vécu dans un kibboutz, puis combattu dans une unité de parachutistes pendant la guerre des Six-Jours, en 1967. Il a commencé des études d'Histoire à Tel-Aviv, qu'il poursuit en 1971 à Paris, où il se lie avec François Furet et de nombreux intellectuels français. Nommé maître de conférences à l'université de Tel-Aviv, il a consacré plusieurs livres aux guerres de religion du XVIe siècle. Il est l'auteur d'ouvrages sur Ie judaïsme, dont « Une histoire moderne d'Israël » (Flammarion), et, avec Saul Friedländer, d'un dictionnaire historique sur « Les juifs et le XXe siècle » (Calmann-Lévy). Il a participé à l'invasion du Liban, en 1982, avec le grade de capitaine. Lié aux travaillistes, il est un militant de la paix. Il était directeur scientifique du musée de l'Europe, qui sera créé à Bruxelles, quand il a été nommé ambassadeur d'Israël à Paris en décembre 2000. |
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Le Point - 27/04/2001 - N°1493 - Idées - Page 098