Déclaration de la CGT


Sommet de Laeken : une mobilisation syndicale inégalée !


La CES annonce 100.000 participants à l'euro-manifestation de Bruxelles du 13 décembre à la veille du sommet des chefs d'États européens de Laeken. 44 organisations nationales de 25 pays, 10 branches professionnelles étaient représentées. Près de 15.000 militants CGT, dynamiques, sur un peu plus de 20.000 participants venus de notre pays, voilà qui montre, s'il en était besoin, le niveau de l'engagement de notre organisation pour " une Europe du plein emploi, indépendante, solidaire ".

Après Porto et Nice, c'est une mobilisation syndicale d'une ampleur inégalée au niveau européen. Elle témoigne, dans l'ensemble des pays de l'Union européenne et des pays candidats, de la dimension des attentes sociales des salariés pour que l'avenir de la construction européenne s'inscrive dans une réorientation de la mondialisation, vers le développement durable au service du progrès et de la justice sociale.

Le sommet des 14 et 15 décembre a débouché sur une déclaration qui marque l'accord des 15 pays membres pour engager une nouvelle réforme des institutions européennes et du traité à l'échéance fin 2003, début 2004, lors d'une CIG (Conférence intergouvernementale), seule habilitée à réformer les institutions.

Pour préparer cette réforme, les Quinze ont décidé de mettre en place une convention présidée par Valéry GISCARD d'ESTAING et composée des représentants des gouvernements et des parlements nationaux, du Parlement et de la Commission européenne et des pays candidats. Cette convention doit remettre ses propositions en 2003 à la CIG.

Un " forum de la société civile " est mis en place parallèlement pour permettre aux syndicats, ainsi qu'aux ONG, de faire connaître leurs propositions.
Cette convention doit notamment aborder la modification du rôle, des compétences et du fonctionnement des différentes institutions européennes, de leurs rapports avec celles des États nationaux.
" Démocratie, transparence et efficacité " sont les trois objectifs affichés pour réformer ces institutions !

L'intégration de la charte des droits fondamentaux dans le traité est explicitement appréhendée comme une question ouverte dans cette réforme, en lien direct avec la question : faut-il ou non une constitution à l'Union européenne ?

La dimension sociale n'est abordée que sous la forme d'un constat des préoccupations sociales exprimées par les citoyens européens mais pas sous la forme d'une orientation concrète à inscrire dans les réformes, le traité et l'orientation politique de l'Union.
En outre, les déclarations adoptées sur la situation en Afghanistan et au Moyen-Orient restent de l'ordre des principes généraux sans grande portée pratique sur l'évolution à venir de la situation dans ces pays.
Une nouvelle fois, le débat se concentre sur les questions institutionnelles et constitutionnelles. Or, il devient urgent de relégitimer le débat citoyen. La crise européenne est potentiellement là. Il sera très difficile d'en sortir si l'Europe ne renforce pas sa capacité politique et sociale.

Il y a besoin de mettre en place d'autres rapports entre pays, d'autres pouvoirs au sein d'une réelle démocratie en développant une société de solidarité. Le problème majeur de l'Europe est d'inciter à la coopération entre états membres et de disposer d'instruments efficaces de régulation, de redistribution pour un développement partagé au sein de l'Europe élargie et avec les autres zones ou pays tiers, en particulier les pays en voie de développement.

C'est à nous de faire entendre ce discours en nous saisissant du forum de la société civile et en poursuivant la mobilisation syndicale européenne avec, pour prochaine étape, le sommet de Barcelone du 14 mars 2002.

Lors du Comité Exécutif de la CES du 14 décembre, la question de la nécessité de maintenir à un haut niveau l'initiative syndicale a été débattue. D'ores et déjà, les syndicats espagnols annoncent une euro-manifestation à Barcelone en mars. Nous en prenons note, mais il est clair dès maintenant qu'il nous faudra amplifier sous d'autres formes encore l'expression des salariés d'Europe.

Montreuil le 18 décembre