Pourquoi adhérer à la CGT ?

Hier

   Après l’adoption de la loi de 1881 sur la liberté de la presse, de nombreuses associations professionnelles sont créées. Elles se regroupent, en 1887, dans le Comité général des associations de la presse française. Le Syndicat national des journalistes (SNJ) est créé, à son tour, le 10 mars 1918.

   Lors du Front populaire, la CGT étant réunifiée, une grande partie des journalistes du SNJ autonome créent le SNJ-CGT, autour de Jean-Maurice Herrmann (qui restera secrétaire général du SNJ jusqu’à la déclaration de guerre) et Daniel Mayer (futur ministre du Travail et président de la Ligue des droits de l’homme), tous deux reporters au Populaire, Maurice Harmel (Le Peuple), Charles Boullay-Duparc (Le Petit Parisien), Jean Guignebert (Radio-Cité) et Eugène Morel.

   Lors des « années noires », de nombreux adhérents du SNJ-CGT se sont engagés dans la Résistance. En 1943, Jean-Maurice Herrmann, Daniel Mayer et Jean Guignebert participent à la Commission de la presse du Conseil national de la Résistance et sont à l’origine des Ordonnances de 1944.

   En octobre 1944, Eugène Morel reconstruit le SNJ-CGT qui rassemble rapidement quelque 2500 membres. Fin 1945 et début 1946, les journalistes du SNJ autonome rejoignent presque tous le SNJ-CGT qui compte jusqu’à 4100 adhérents en décembre 1946. Mais cette nouvelle unité syndicale ne résiste pas à la guerre froide : suite à la scission de Force Ouvrière, les tenants de « l’indépendance », voire du corporatisme, recréent le SNJ autonome en février 1948.

   Cependant, nombreux sont ceux qui affirment leur fidélité à un syndicalisme confédéré en restant à la CGT. Jean-Maurice Hermann, secrétaire général de notre syndicat, et Eugène Morel, son ancien compagnon de Résistance, mènent dirigent le SNJ-CGT dans un esprit de solidarité radicale avec tous les autres salariés de la presse.

 

Les acquis

   En moins d’un siècle, le combat syndical a permis de construire un statut du journaliste le mettant à l’abri des abus de pouvoir des éditeurs et de toutes les forces politiques ou économiques qui ont toujours intérêt à asservir l’information, mais aussi de conquérir des conditions de travail et de vie de qualité. Voici les dates de ces acquis essentiels que nous devons toujours défendre, parce qu’ils sont sans cesse remis en question par le patronat.

1934 : déduction fiscale forfaitaire de 30%

1936 : carte d’identité professionnelle

1937 : première convention collective

1945 : barème de salaires (Paris)

1947 : primes d’ancienneté professionnelle

1956 : nouvelle convention collective (très avantageuse par rapport au Code du Travail)

1963 : affiliation des journalistes rémunérés à la pige à la Sécurité sociale

1974 : « loi Cressard » : les journalistes rémunérés à la pige sont de salariés

1983 : avenant à la convention collective pour l’audiovisuel public

1987 : régime de prévoyance pour les journalistes rémunérés à la pige

1998 : maintien de l’abattement fiscal forfaitaire (50.000 F)

 

Aujourd’hui

 

   Ayant pris conscience des effets dévastateurs de la précarité sociale, tant pour les individus (surmortalité, désespérance…) que pour la société (effondrement de la citoyenneté, consumérisme régnant), les militants de la    CGT se sont à peu mobilisés, depuis le mouvement social de 1995, pour faire pièce à la précarisation du travail et à la déstabilisation qui en résulte. Ils ont ainsi donné corps à la proposition de notre Confédération, pour 2002 : un nouveau statut du travailleur salarié instituant une véritable « sécurité sociale professionnelle ».

   Dans le cadre d’une nouvelle citoyenneté syndicale, c’est-à-dire de notre exigence toujours plus forte de démocratie au sein de nos entreprises comme dans notre organisation, les journalistes de la CGT ne cessent de lutter pour la sauvegarde, voire le développement, de la presse indépendante de tous les pouvoirs, notamment financiers, pour la défense d’un journalisme responsable et libre de toute entrave économique ou morale, pour le progrès de la justice sociale et de l’égalité au sein de leur profession, et pour l’exercice d’une solidarité fraternelle avec les autres salariés de l’information.

   Les journalistes CGT, rejetant depuis toujours le corporatisme, affirment qu’il n’est de vrai syndicalisme hors du combat unitaire de tous les travailleurs contre les dénis de droit et les abus de pouvoir du patronat.

A. P.