n° 1 - janvier 2002                                   Liberté égalité solidarité

           Justice sociale

  à Bayard



Sommaire

 

 

 

L’édito - page 1

 

Le point (final ?) sur le plan social 2001 - p. 2

 

L’emploi à Bayard ? Peau de chagrin ! - p. 2

 

Pigistes et piges : à la baisse ! - p. 2

 

Investissements : les filiales, premières servies - p. 3

 

« Enquête interne » : pour quoi faire - p. 3

 

Des inégalités salariales en pleine croissance - p. 3

 

Hommes/Femmes. L’égalité attend toujours - p. 4

 

Harcèlement moral : Bayard sans reproche ? - p. 4

 

« Génération Senior »  sans foi ni loi ; Côté Femme, une renaissance - pp. 4 et 5

 

Votre commissaire à la carte de presse ; en direct de la CGT ; bonnes lectures ; contacts - pp. 5 et 6

2001, ce ne fut pas Noël,

mais, bonne année 2002 quand même !

 

   Le jeudi 20 décembre 2001, AUCUN des quatre membres du Directoire n’est venu partager le repas de Noël organisé par le Comité d’entreprise (CE) et ouvert à TOUS les salariés de Bayard. Les salariés du IIIe millénaire chrétien sentent-ils trop l’étable pour  nos rois mages ? Ou ne sont-ils pas capables de soutenir une conversation dans ce Wall Street English dont le président Alain Cordier fait une belle démonstration à la une du dernier numéro de Brèves ?

   Sans doute n’est-ce là qu’une anecdote, mais elle est lourde de sens. Jamais, effectivement, la distance n’a été aussi grande entre les « soutiers » de Bayard - y compris la plupart des cadres - et leurs dirigeants.

   Depuis la liquidation de l’atelier d’impression et de routage de La Croix, à Montrouge, fin 1998, la crise couve, et flambe même par périodes, dans l’entreprise. Crise matérielle d’abord, car les effectifs sont sans cesse revus drastiquement à la baisse, en contradiction flagrante avec l’accord ARTT signé en 1999, car la pression productiviste s’exerce sur tous les salariés, au prix de la qualité de leur travail, mais aussi de leur santé, car les salaires les plus modestes stagnent tandis que le jeu discrétionnaire des augmentations et des primes individuelles favorise souvent les mieux nantis, car, enfin, les budgets de développement des activités de Bayard SA en France sont comprimés pour favoriser les investissements sur des filiales étrangères (Allemagne, Etats-Unis) du groupe et sur le web...

   Crise morale, aussi, puisque cette stratégie patronale suppose l’éviction ou l’exploitation redoublée des plus précaires (pigistes notamment), l’intimidation -si ce n’est le harcèlement moral- des salariés les plus libres, et la discrimination syndicale plus ou moins manifeste.

   Face à ces évolutions profondément négatives, la section CGT de Bayard a décidé d’opposer sa critique raisonnée aux décisions unilatérales de la Direction, sa proposition permanente de dialogue social, la dénonciation publique - si nécessaire - des abus de pouvoir et du déni des droits acquis, et, surtout, sa solidarité avec toutes celles et tous ceux que l’injustice sociale marginalise, affaiblit, humilie.

   Regroupant fraternellement ouvriers, employés, agents de maîtrise, cadres et journalistes, la section CGT unitaire de Bayard vous souhaite paix et bonheur pour cette nouvelle année.


Le point sur le plan social 2001

   Signé le 9 avril 2001, après plus de six mois de conflit, le plan social* portant sur l’arrêt d’Eurêka, Bel Âge et Entourage est pratiquement arrivé à son terme. Il aura coûté quelque 25 MF à Bayard.

   Au 20 décembre 2001, 14 salariés ont quitté l’entreprise, 14 ont bénéficié de reclassements interne à l’entreprise, 2 sont toujours en attente d’une proposition convenable de la Direction. Des bilans de compétence et des formations ont été financés par l’entreprise, pour une valeur de 260.000 F.

   Dans le cadre des départs volontaires de salariés ne travaillant pas sur les trois titres arrêtés, mais qui pouvaient laisser leurs postes à des salariés de ces titres, 15 propositions ont été faites parmi lesquelles 9 ont reçu des réponses négatives.

BC et AP

* Le détail du plan est consultable sur notre site : www.cgtbayard.org

 

Emploi : peau de chagrin !

   A la suite immédiate du plan social 2001, une négociation sur l’emploi, entre la Direction et les organisations syndicales, a débuté en mars 2001. Elle n’a toujours pas abouti !

   Explications. Lors de la signature de l’accord 35 heures, le 19 février 1999, il a été convenu que l’effectif de Bayard devait passer de 1042 équivalents temps plein (ETP) à 1092 ETP (+56 ETP, soit +6%) au 30 juin 2000. L’un des objectifs de l’accord, selon le texte signé, était bien de... « contribuer au développement de l’emploi ».

   En 2000, du fait de la création de la filiale Gallimard-Bayard-Jeunesse, l’effectif de référence est passé de 1098 à 1066 ETP. Cette révision à la baisse de l’objectif emploi de l’accord n’a malheureusement pas suffit : le 30 juin 2000, l’effectif de Bayard atteignait à peine 1051 ETP.

   Aujourd’hui (chiffres du 30 septembre 2001), l’emploi à Bayard est encore plus bas : 1001,45 ETP. Le déficit est donc de 64,55 ETP !

   Et pour l’avenir ? La Directrice des ressources humaines, Catherine Becquelin, nous a donné, au cours du CE du 15 octobre 2001, quelques données quantitatives et qualitatives permettant de brosser la perspective jusqu’en 2004. Les voici.

   En 2002 : 14 créations de postes prévues pour 27 suppressions... Départs à la retraite prévisibles (60 ans) : 13 en 2002, 10 en 2003, 16 en 2004.

   Du point de vue qualitatif (citations) : « Nous pouvons avoir, dans l’entreprise, des équipes à géométrie variable, avec des salariés installés dans l’entreprise, des collaborateurs plus ou moins réguliers, des partenaires extérieurs, tout cela dans le cadre de l’évolution technologique qui pourrait permettre par exemple un peu de télétravail. (...) Aptitude à mieux travailler, à travailler autrement. (...) En ce qui concerne les journalistes, nécessité de créer des viviers, de recruter des jeunes journalistes. (...) Il faut recruter des journalistes profilés (sic !) pour parler à nos publics, quel que soit le secteur, des journalistes ayant les qualités requises pour parler aux enfants, aux seniors, des journalistes imprégnés (re-sic !) de culture catholique. »

   La CGT a stigmatisé cette prévision de l’emploi à Bayard, en relevant sa « platitude » quantitative et l’idéologie dont elle multiplie les symptômes, au point d’user du vocabulaire de la métallurgie et de la cybernétique pour parler des relations professionnelles. Le discours de la Direction sacrifie, à ce sujet, à l’idole de l’intelligence artificielle. Or, l’homme n’est pas un ordinateur, ni la société un simple « réseau ». Les faits humains ne peuvent être manipulés comme des données numériques. A la recherche du progrès humain et de la créativité, le discours du management substitue la promotion du progrès technologique et de la productivité. « Flexibilité, Rentabilité, Servilité », telle devient la devise !

BC et AP

 

Pigistes et piges : à la baisse !

   Fin 1999, avant la « crise » de l’hiver et du printemps 2001, Bayard employait quelque 1609 journalistes rémunérés à la pige. Au premier trimestre 2001, ils n’étaient plus que 906. Au second trimestre 2001, plus que 733... La conclusion s’impose : les journalistes les plus précaires de notre entreprise ont fait, les premiers, les frais des économies lourdes des budgets 2000 et 2001 de Bayard (-321.000 F sur la masse salariale « pigistes », en 2000).

   Lors du CE du 17 septembre dernier, la CGT a commenté ainsi ces chiffres catastrophiques : « Depuis quatre ans, l’ensemble des organisations syndicales s’est mobilisé pour essayer de régler ce premier problème, le plus grave dans notre entreprise, de la situation des plus précaires. Aujourd’hui, le constat peut être fait : la solution a été trouvée par élimination... »

   Lors du troisième trimestre 2001 (juillet à septembre), la masse salariale des journalistes rémunérés à la pige a encore baissé de 14,5%. Cette baisse globale s’explique par la diminution du nombre de « pigistes » (-8,2%), mais aussi par la baisse de leur salaire moyen (-6,75%) !

AP

 

Investissements

Les filiales, premières servies

   En 2001, la « politique de recherche et de développement » a été dotée d’une enveloppe globale de 80 MF (30 MF en « développement » ; 50 MF en « investissements »). Cependant, les investissements dédiés réellement aux activités de Bayard SA (en France) n’ont représenté que 14,6 MF sur 50 MF (4,1 pour Terre sauvage, 2,5 pour la nouvelle Bible, 5 pour Enfance Jeunesse Famille, 3 pour Génération Senior). Le reste, c’est-à-dire l’essentiel, a été consacré aux investissements réalisés dans les filiales du groupe Bayard, notamment en Allemagne (19,2 pour Lenz) et à BayardWeb (20 MF sur 2001 et 2002).

AP

 

« Enquête interne » : pour quoi faire ?

   Lors du Comité d’entreprise du 17 décembre dernier, la Direction des ressources humaines (DRH) nous a annoncé le lancement d’une enquête (Ipsos), en début d’année 2002, auprès de tous les salariés de Bayard, par voie de questionnaire individuel, afin « d’écouter les salariés sur (...) la formation, l’organisation et l’efficacité du travail, les méthodes d’information utilisées dans l’entreprise, l’évaluation de la rétribution et de la rémunération, le développement professionnel, l’accomplissement personnel, les orientations stratégiques, la culture de l’entreprise, les conditions de travail, le management des responsables hiérarchiques, la gestion de carrière... » Seront ainsi mesurés, selon la DRH, « l’ambiance de travail, la possibilité de formation, les avantages sociaux, les horaires, les perspectives d’évolution, la façon de manager, les conditions matérielles de travail et la rémunération »... Ouf !

   Le coût d’une telle étude est d’environ 100.000 F budgétés sur 2001. Une charge que la CGT juge inutile étant donné que la plupart des questions abordées par cet audit social Ipsos sont normalement et en permanence portées par les représentants des salariés, que ce soit les délégués du personnel (DP) ou les élus du Comité d’entreprise (CE), les délégués ou les représentants syndicaux. Cette « enquête interne » tente d’initier un soi-disant processus de démocratie directe : notre bon roi propose à ses sujets de remplir les cahiers de doléance, alors que ceux-ci, citoyens depuis longtemps, ont déjà élu une Assemblée (CE) qui représente légalement et efficacement leurs intérêts...

   La soudaine volonté de la Direction « d’écouter les salariés » nous laisse perplexes. En effet, nous faisons si souvent le constat, aux divers degrés de représentation du personnel, que nous ne sommes seulement pas... entendus. Tous les sujets abordés par l’étude Ipsos sont l’objet d’expressions régulières, permanentes et même souvent systématiques, de la part des représentants des salariés, mais elles n’aboutissent jamais, ou pratiquement jamais, à la prise en compte réelle de ce qui est exprimé !

   Enfin, notre organisation prévient les salariés que leurs réponses au questionnaire Ipsos de la Direction ne seront certainement pas utilisées à leur avantage. C’est pourquoi, les adhérents CGT de Bayard, s’abstiendront de participer à « l’enquête interne » de la Direction.

   Le 17 décembre 2001, suivant l’opposition du représentant de la CGT, le Comité d’entreprise a voté la motion suivante à l’unanimité : « Surpris par la nature de l’enquête que la Direction envisage de mener auprès des salariés, et son calendrier très rapproché, le CE exprime son profond désaccord sur ce type de questionnaire et les dérives qu’il peut susciter. Il s’étonne qu’une enquête réalisée (en 1999) de façon paritaire entre la Direction et les élus du Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) soit restée lettre morte, alors que beaucoup des réponses que cette enquête apportait sont mises en question aujourd’hui par le projet de la Direction. »

AP

 

Inégalités salariales

en pleine croissance

   Le bilan social 2000 de Bayard, présenté au CE du 9 juillet 2001, a réservé une mauvaise surprise aux élus et représentants syndicaux. Le fait est historique : les salaires moyens des ouvriers et des employés ont diminué en 2000. Régression sociale encore plus grave, l’écart entre les salaires les plus hauts et les plus bas de l’entreprise s’est accru de 8,9% dans la même année !

AP

 

Hommes/Femmes

L’égalité attend toujours

   Sur les près de mille salariés de Bayard, en 2000, 65% étaient des femmes. Parmi les cadres, elles n’étaient que 54%, et 61% chez les journalistes. En revanche, elles représentaient 75% des agents de maîtrise et 83% des employés.

   Parmi les journalistes, 1/3 des rédacteurs en chef étaient des femmes, alors qu’elles représentaient 2/3 des rédacteurs (échelon de base).

   Autres inégalités flagrantes : 68% des salariés sous CDD étaient des femmes, et 87,3% des temps partiels se conjuguent au féminin.

   Quant aux rémunérations, les écarts restaient considérables : -27% (soit -5375 F mensuels), en moyenne, pour les salaires des femmes par rapport à ceux des hommes, chez les cadres ; -21,8% (-3636 F), chez les journalistes ; -20,9% (-2820 F), chez les agents de maîtrise ; -2,9% (-283 F), chez les employés.

   Les données pour 2001 ne seront présentées au Comité d’entreprise qu’en avril 2002. Mais il est déjà certain que les inégalités relevées en 2000 n’ont été en rien résorbées.

AP

 

Harcèlement moral

Bayard sans peur et sans reproche ?

   Depuis des mois, la CGT dénonce le harcèlement moral dont sont victimes un certain nombre de salariés dans l’entreprise (en 1999, 20% des personnes sondées à Bayard disaient avoir souffert de harcèlement*). Jour après jour, des femmes et des hommes, nos collègues, sont en butte à des vexations, brimades, mises au placard, qui font de leur vie professionnelle un enfer (90 % des personnes harcelées le sont par leur hiérarchie*).

   Délibérément, « on » pousse à bout le salarié concerné afin de l’amener à démissionner : grâce à ce système indigne, « on » contourne ainsi les procédures de licenciement, dans l’objectif, quasi avoué, d’économie pour l’entreprise, tout en se débarrassant de personnes que l’on estime « non rentables » ou tout simplement gênantes.

   Il existe aussi des petits chefs, des cadres, des rédacteurs en chef à la personnalité « perverse », « caractérielle », occupant des postes de responsabilité, qui martyrisent leurs subordonnés en toute impunité. Dénoncées par les représentants du personnel, en premier lieu par ceux de la CGT, ces personnes sont néanmoins protégées coûte que coûte par leur propre hiérarchie... Esprit de corps oblige ! On ne désavoue jamais un cadre supérieur ou un dirigeant !

   Le silence assourdissant du Directoire, des responsables des différents départements, de la DRH, relève de la complicité, d’une complaisance suspecte, voire d’une approbation ouverte, ou même d’un incitation à ce « management » à la trique et à l’humiliation.

Dans ce contexte, les discours et autres belles paroles du président du Directoire (notamment au cours des vœux pour la nouvelle année 2002) sur la « fraternité » et les « valeurs humanistes » censées être véhiculées par Bayard ne sont absolument plus crédibles. Plus personne n’est dupe ! Gérer son personnel avec ce mépris et cette absence de considération minimum, ne peuvent, à terme, que nuire à l’image de marque de  l’entreprise. Il serait temps que les dirigeants en prennent conscience et agissent en conséquence. Il faudrait, de leur part, un geste fort pour inverser cette tendance.

 Les salariés harcelés connaissent le goût amer de l’humiliation. La section syndicale CGT est à leurs côtés pour combattre le fléau du harcèlement et défendre leur dignité.

GG

 

* Enquête du CHSCT, réalisée par le bureau d’études de Bayard Presse.

 

« Génération Senior » sans foi ni loi

   Malgré les bons chiffres de Côté Femme et de Notre Temps, que nous donne chaque semaine la direction du département, malgré l’invitation de tous les salariés à dîner dans un grand restaurant parisien pour débuter cette nouvelle année avec « bonne humeur », nous sommes régulièrement interpellés par les salariés victimes de « dysfonctionnements » graves de nos supérieurs hiérarchiques sans foi ni loi.

   Voici, ces temps-ci, l’état des lieux (social) à la DEP Génération Senior, tel que nous l’exposons lors des réunions mensuelles des délégués du personnel (DP) avec la Direction :

-          Baisse des tarifs de piges ;

-          cessations brutales de « piges » ;

-          CDD embauchés à l’extérieur alors qu’il y a encore des journalistes qui n’ont ni poste ni travail ;

-          primes aux « petits mérites » pour certains et augmentations substantielles pour d’autres alors que les plus bas salaires attendent depuis des années une véritable augmentation ;

-          pression de plus en plus importante de la publicité sur l’éditorial ;

-          harcèlements, humiliations quasi hebdomadaires à l’encontre de ceux ou celles dont « on » veut se débarrasser, et discrimination syndicale sont monnaie courante dans le département.

ABD

 

Côté Femme

Une renaissance difficile

   En 2001, les efforts considérables de l’équipe de l’hebdomadaire féminin de Bayard ont porté leurs fruits, malgré une ambiance sociale et morale très dégradée au sein du département « Génération Senior ». Avec une stabilisation claire et nette de la diffusion à 170.000 exemplaires, l’érosion vertigineuse des années 1998-2000 (250.000 ex. en 98) a été stoppée. Le taux de réabonnement est passé de 40% en 1999 à 63% en 2001. Tous les indicateurs économiques (rendement des mailings, coût de recrutement abonné, durée des abonnements, résultat d’exploitation...) sont à l’amélioration accélérée.

   Et pourtant, la volonté de la Direction de soutenir la renaissance de Côté Femme n’apparaît pas à la hauteur de l’importance éditoriale d’un tel titre. Au CE du 12 novembre, la CGT a déclaré : « Il sera difficile que le masque ne tombe pas complètement si, au cours de l’année 2002, un choix bien visible de soutien de Côté Femme, à destination d’un lectorat méprisé par le restant de la presse, n’est pas fait par la Direction. (...) Il faut se placer sur ce plan-là, sur le plan du public auquel on s’adresse, du public auquel les salariés de Bayard souhaitent s’adresser. A force de virtualiser les activités et leur but (allusion au web), tout perd son sens... »

AP

 

Carte de presse

Votre « commissaire » est à Bayard

   Cette année ce sont plus de 34.000 demandes de renouvellement et d’attribution de « cartes de presse » qui sont traitées par les commissaires (élus pour les journalistes, désignés pour les patrons). Ces demandes de cartes sont facilitées quand elles font parties d’un bordereau d’entreprise, mais elles deviennent parfois un vrai casse-tête pour les pigistes et les plus précaires d’entre nous (CDD, CDI à temps partiels).

   C’est pour ceux et celles-là que le Snj-CGT (qui a 2 élus à la Commission) se bat. Ainsi, nous demandons aux employeurs :

-          La mise en conformité des feuilles de paie avec le statut de journaliste professionnel ;

-          le respect des barèmes de salaires conventionnels ;

-          le respect de tous les acquis stipulés par la Convention collective des journalistes.

   Si vous avez des questions sur le fonctionnement de cette Commission ou

simplement sur un problème quant à votre demande de carte, vous pouvez vous adresser à Agnès Beaudemont-Dubus (commissaire Snj-CGT à la carte de presse : poste 58 14).

ABD

 

En direct de la CGT

La santé publique en danger

   Depuis des années, les gouvernements successifs ont pratiqué une politique de « maîtrise comptable des dépenses de santé ». Cette politique n'a pas permis de répondre aux besoins de santé des assurés sociaux et de la population. A l'hôpital public, les restrictions budgétaires ont, d'année en année, aggravé les conditions de travail des personnels et la prise en charge des patients, empêchant le service public de jouer pleinement son rôle.
   Dans l'hospitalisation privée, les grands groupes de santé ont utilisé cette politique pour augmenter leurs profits sur le dos des personnels et des malades. Les professionnels de santé libéraux se sont trouvés confrontés à des restrictions les obligeant à limiter les dépenses de santé avec toutes les conséquences constatées pour les assurés sociaux. Leurs honoraires sont bloqués comme le sont les relations conventionnelles.

   Depuis quelques mois, les professionnels de santé, les uns après les autres, manifestent leur opposition à cette situation, et leur volonté de voir s'ouvrir des négociations pour l'amélioration de la politique de santé. Il en fut ainsi des internes, des personnels des hôpitaux et des cliniques, des infirmiers libéraux, des médecins, etc.

   Si l'on veut sortir de cette crise qui, si elle se prolongeait déstabiliserait notre système de Sécurité sociale et remettrait en cause sa capacité à garantir l'égalité d'accès à tous à des soins de qualité, il faut prendre en compte les demandes de ces professionnels :

- Des moyens pour l'hôpital public afin que la RTT permette un allègement de la charge de travail pour mieux répondre aux besoins des malades ;
- un signe fort sur les honoraires, et l'ouverture du chantier de la convention médicale. Les propositions pour une convention alternative présentées par la CGT, la CGC, FO, la CFTC, et deux organisations majoritaires de médecins, pouvant être une base de travail. Il faut, par la négociation avec les organisations syndicales, aboutir à un accord majoritaire.
   La situation qui se développe démontre que c'est d'une autre politique de santé dont notre pays a besoin.

Montreuil, le 17 janvier 2002

 

Bonnes lectures

   Viennent de paraître :

Denis Collin, Morale et justice sociale, Seuil, 390 pages, 22 euros. L’égalité est un genre d’idée politique en danger. Le mouvement historique multiséculaire dans lequel s’est forgé la modernité combinait liberté et égalité. L’émancipation des individus demandait l’égalité des droits et une certaine forme d’égalité des conditions. Les dernières décennies du XXe siècle apparaissent comme une rupture dans ce mouvement. De la « révolution libérale » de Thatcher à la « refondation sociale » du baron Seillière, désormais, la revendication de la liberté individuelle est déclarée incompatible avec les principes égalitaires hérités tant des révolutions démocratiques (1789, 1848, 1871) que des mouvements sociaux du passé (1936).

Thomas Piketty, L’Economie des inégalités, La Découverte, coll. Repères (poche), 124 pages : Comment corriger les inégalités ? Une somme énorme, en si peu de pages, d’informations économiques et de réflexions politiques.

Christopher Lasch, Culture de masse ou culture populaire ?, Climats, 80 pages, 7,62 euros. L’édification méthodique d’une culture de masse, c’est-à-dire d’un ensemble d’œuvres, d’objets, d’attitudes, conçus et fabriqués industriellement, et imposés aux hommes comme n’importe quelle autre marchandise, constitue l’un des aspects les plus spectaculaires du capitalisme moderne... Une réflexion sur la démocratie, par un grand héritier -autant qu’Habermas- de l’Ecole de Francfort (Adorno, Horkheimer, Marcuse).

Victor Hugo, Ecrits politiques, Livre de poche, inédit, 382 pages, 7,50 euros. Une anthologie réalisée par Franck Laurent. Quand écrire c’était combattre pour la République et contre la misère.

Michel Winock, Les Voix de la liberté, Les écrivains engagés au XIXe siècle, Seuil, 682 pages, 22,72 euros. Littérature et engagement public, confondus dans un même combat pour la liberté. Un livre monumental !

Jean-Michel Gaillard, Les 40 jours de Blum, Les vrais débuts du Front populaire, 27 avril - 5 juin 1936, Perrin, 316 pages, 19,66 euros. L’histoire détaillée des 40 jours cruciaux qui ont suivi les élections et précédé l’investiture. Les coulisses d’une révolution de velours à laquelle, il faut s’en souvenir, nous devons tant !

AP

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Contacts

Agnès Beaudemont-Dubus (déléguée du personnel CGT), poste 58 14 ; Myriam Beaudet (élue CGT au Comité d’entreprise), poste 69 36 ; Bruno Casseau (délégué syndical CGT), poste 58 96 ; Gisèle Ginsberg (représentante CGT au CHSCT), poste 58 94 ; Antoine Peillon (représentant syndical CGT au Comité d’entreprise), poste 69 84 ; Violette Piazza (représentante CGT au Comité de groupe), poste 65 16 ; Christiane Stievenart, (déléguée du personnel CGT), poste 64 79.

 

Internet à votre service

La section CGT de Bayard édite aussi un site internet. Vous pouvez le consulter à l’adresse « wwww.cgtbayard.org » (actualités, conventions collectives, archives syndicales...) et nous envoyer du courriel (confidentialité assurée !) sur notre boîte électronique : « contact@cgtbayard.org ».