Une mobilisation historique, dans toute la France

Des allures de 12 février 1934... Toutes les forces sociales et politiques de la gauche démocratique et républicaine se sont unies, ce 1er mai 2002, pour faire barrage à la menace de l'extrême droite. Au total, dans tout le pays, ce sont plus de 2 millions de personnes qui ont manifesté!

A Paris, la manifestation République-Bastille-Nation a réuni près d'un million de personnes. A Marseille, on a compté 60.000 manifestants; 50.000 à Bordeaux comme à Grenoble; 60.000 à Lille; 35.000 à Toulouse; 30.000 à Nantes; 25.000 à Nancy comme à Tours; 18.000 à Dijon; 14.000 à Saint-Nazaire; 11.000 à Brest; 15.000 à Rouen; plus de 20.000 à Caen; 15.000 à Strasbourg; 10.000 à Chambéry; 6000 à Cherbourg; 8000 au Havre, à Reims et à Montpellier; 5000 à Thionville, à Valence et à Mulhouse; 3800 à Besançon; 3500 à Annecy; 3000 à Perpignan; 2000 à Évreux et à Vichy; 1500 à Carcassonne...

Synthèse Libération du 2 mai et PQR : A. P., 2 mai 2002

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DECLARATION DU BUREAU CONFEDERAL DE LA CGT


Les résultats de ce second tour des élections présidentielles, la mobilisation citoyenne, marquent l'échec de l'extrême droite, malgré un score encore trop élevé du Front national. Les manifestations de ces derniers jours, notamment à l'initiative des syndicats, de la jeunesse et de dizaines d'organisations ont largement contribué à barrer la route à Jean-Marie Le Pen.

L'exceptionnelle mobilisation du 1er mai a signifié le rejet des principes xénophobes, racistes et néo-facistes de l'extrême-droite. Cette bataille va se prolonger. Elle a aussi été l'occasion pour des centaines de milliers de travailleurs de signifier tant aux gouvernements passés que futurs et qu'au Patronat leur mécontentement et leurs attentes sociales. Ces mobilisations doivent se poursuivre.

Jacques Chirac est élu Président. Il est bien évident que le gouvernement qui va devoir gérer la période transitoire, aurait tort de considérer que les 82 % recueillis par le nouveau Président, dans ces circonstances exceptionnelles, représentent autant de citoyens supporters de son programme. Les causes de la crise politique et sociale qui ont marqué l'échéance présidentielle, sont toujours là. Ce n'est certainement pas en empruntant aux prétendues solutions libérales soutenues par le MEDEF que l'on y répondra. La CGT n'est pas seule à considérer que c'est d'abord le sort fait aux hommes, aux femmes qui travaillent ou qui sont privés d'emplois qui devrait guider les premières mesures gouvernementales.

Dans une telle situation, comme l'a dit la CGT dans son mémorandum aux candidats, les priorités sont d'écouter les salariés et les organisations syndicales, de répondre au besoin de sécurité face au chômage et à la précarité, de garantir l'avenir du système de retraite et de santé solidaire et la sécurité sociale, d'assurer un fonctionnement satisfaisant des services publics et collectifs, d'améliorer les salaires, retraites et allocations sociales, de promouvoir une nouvelle démocratie sociale, de construire les solidarités en Europe.

Après cette élection, dans ce contexte inédit, le syndicalisme se trouve placé face à des responsabilités particulières afin de permettre aux salariés, jeunes, retraités, chômeurs, d'agir, d'intervenir sur les choix qui vont conditionner leur vie et déterminer leur avenir. Les travailleurs de toutes catégories ont besoin dans ces circonstances pour la défense de leurs intérêts, de leur dignité et pour la conquête de nouveaux droits sociaux, de prendre toute leur place dans un syndicalisme plus uni. Les organisations de la CGT leur sont largement ouvertes.

Montreuil, le 5 mai 2002 - 21h 50