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Théo Klein et le loup rose, par Roger Cukierman
LE MONDE | 10.09.01 | 11h56 | analyse
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M. Théo Klein est une personnalité éminente et respectée de la communauté juive. C'est un esprit libre et indépendant. Il exprime (Le Monde du 6 septembre) des idées qui lui sont personnelles. Il a quitté les fonctions de président du Conseil représentatif des institutions juives de France il y a douze ans. Il ne parle ni au nom du CRIF, ni au nom des institutions qui en sont membres, ni au nom des anciens présidents du CRIF.

J'apprécie dans son texte l'appel à des sentiments nobles et à l'intelligence. Il a raison de conseiller d'abattre le mur de la haine. Mais ses idées se situent à un niveau de réflexion différent, malheureusement, des réalités actuelles. Elles sont éventuellement anticipatrices.

En fait, Théo Klein reprend les idées et les offres généreuses d'Ehoud Barak, refusées en juillet 2000 par Yasser Arafat. Pour l'avenir, bien sûr, je le répète, ces idées pourront peut-être devenir réalité.

Mais le gouvernement israélien, comme toutes les organisations responsables, et comme le CRIF, doit affronter la réalité présente.

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Il faut être deux pour faire la paix.

Qualifier la politique du gouvernement israélien, qui se trouve être un gouvernement d'union nationale, d'absurde, d'insensée, de brutale, était excessif. Excessif et, de surcroît, inopportun en pleine folie de Durban.

Que dirait-on si les dirigeants israéliens n'avaient pas mesuré leurs ripostes ?

La naissance d'un Etat palestinien était sous-jacente aux accords d'Oslo. Ce n'est pas le problème du jour. Le problème, c'est le refus actuel des Palestiniens d'une coexistence avec les Israéliens, voire de l'existence même de l'Etat d'Israël, refus qui s'exprime avec violence sur le terrain et qui s'est exprimé à Durban. Le problème, c'est qu'Arafat n'a jamais quitté son uniforme, même pour recevoir le prix Nobel de la paix. Pourquoi ?

Arafat pouvait depuis 1993 changer l'enseignement des manuels scolaires palestiniens. Il ne l'a pas fait. Pourquoi ?

Il sait que son exigence du droit au retour des réfugiés, et de leurs descendants, est perçue par les Israéliens comme inacceptable car elle traduit la volonté de transformer Eretz Israël en Eretz Ismaël.

C'est lui qui a fait élire Sharon en refusant les immenses concessions proposées par Barak à Camp David et à Taba. Arafat a refusé la paix à Barak comme il la refuse à Sharon.

C'est Arafat qui a transformé sciemment la conférence de Durban en un gigantesque tribunal planétaire antijuif. Il ne cesse d'essayer de faire glisser le conflit territorial du Proche-Orient vers une guerre de religion, au risque d'enflammer la terre entière.

Il conduit son peuple vers le malheur, alors qu'une coexistence harmonieuse est possible, souhaitable, nécessaire, et voulue par les Israéliens.

On peut vouloir peindre un loup en rose. Il reste un loup.

Je rêve, comme Théo Klein, qu'un coup de baguette magique puisse changer la guerre en paix. Malheureusement, il faut affronter les réalités, et elles ne sont pas roses.

Roger Cukierman est président du CRIF.

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 11.09.01