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Pour Shimon Pérès, rien moins qu'"une farce et une incroyable tentative de salir Israël"
LE MONDE | 04.09.01 | 11h58
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JÉRUSALEM, correspondance

Après de longues hésitations, le gouvernement israélien avait finalement décidé de se rendre à la Conférence mondiale contre le racisme, à Durban, espérant ainsi mieux défendre sa position et obtenir la suppression des mentions condamnant Israël. Mais en vain. Lundi soir 3 septembre, Israël a donné l'ordre à sa délégation de quitter Durban. Cinq minutes après, celle-ci avait quitté la salle des débats. L'après-midi même, Mordehaï Yedid, chef de la délégation, y avait lu en assemblée plénière, la déclaration très modérée du rabbin Michael Melchior, ministre adjoint des affaires étrangères chargé du dossier qui, faute d'avoir obtenu la modification du texte avant la conférence, avait renoncé à se rendre à Durban.

La décision de partir, prise en coordination avec les Etats-Unis, fait l'unanimité ou presque dans la classe politique israélienne, y compris parmi les éternels partisans du dialogue. Yossi Sarid, chef du parti Meretz, a félicité le gouvernement de quitter une conférence qui depuis le début a pour objet de procéder "à un lynchage politique d'Israël". Mais surtout, Shimon Pérès, l'artisan des accords d'Oslo et actuel ministre des affaires étrangères, a eu des propos extrêmement durs. "La conférence de Durban est une farce, (…) une incroyable tentative de salir Israël. Une importante rencontre qui est supposée défendre les droits de l'homme est devenue une source de haine." M. Pérès a clairement accusé la Ligue arabe, qui "dans son ensemble, a pris position contre la paix".

RETOUR EN ARRIÈRE

Loin d'aider à résoudre le conflit israélo-palestinien, la conférence de Durban et la haine antisémite qu'elle a permis de véhiculer, risquent de réduire encore les chances d'une reprise du dialogue entre les deux parties. "La conférence de Durban a ramené le conflit israélo-arabe à sa vraie nature: un vaste monde arabe opposé à un petit Israël", souligne l'éditorialiste du Jerusalem Post avec une certaine satisfaction.
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Si les dérives de Durban ont sans doute fait perdre un certain crédit à Yasser Arafat dans les capitales européennes, il reste que ce retour en arrière de quelque trente années n'est pourtant pas de bon augure. A cet égard, le rôle peu conciliateur, que l'Egypte semble avoir joué à Durban, laisse penser qu'une guerre régionale n'est plus totalement exclue. Avant même le début de la conférence, M. Melchior, député du Parti travailliste élargi constitué en 1999 par Ehoud Barak, avait alerté sur les conséquences que le texte de Durban pourrait avoir sur le conflit israélo-palestinien. Il avait souligné l'anormale "singularisation" dont Israël fait l'objet dans le texte soumis à Durban. Israël est le seul pays à être nommément mis en cause, ce qui en soi constitue une "discrimination", remarquait-il. Ensuite, M. Melchior dénonçait les termes utilisés pour condamner Israël.

"Le texte proposé à Durban fait d'Israël un état démoniaque et par conséquent illégitime, a dit le parlementaire. La politique israélienne peut et doit être critiquée. Mais, en employant des termes aussi radicaux que “purification ethnique”, “apartheid”, “génocide”, “crimes racistes” et “holocauste” pour qualifier l'attitude israélienne dans le conflit palestinien, les pays arabes transforment ce qui est un conflit politique et territorial en conflit racial, religieux et existentiel. Loin de résoudre le conflit, cette condamnation de nature existentielle bloque toute possibilité future de négociations. On ne négocie pas avec le diable. Nous sommes devenus le nouvel antéchrist de la communauté internationale", a conclu M. Melchior.

A cet égard, la presse israélienne consacrée à Durban depuis trois jours dénonce la déclaration d'Hubert Védrine, faite au quotidien français Le Figaro le 30 août. Le chef de la diplomatie française, y estimait que "l'attentisme des Etats-Unis risque de les faire ressembler à des Ponce Pilate". "D'après l'interprétation de la mort du Christ par le Nouveau Testament, cela voudrait dire que les Juifs sont toujours les assassins et que les Palestiniens sont condamnés à mort comme Jésus", souligne Sefi Hendler du Maariv, qui voit dans cette analogie le prolongement des accusations de peuple déicide énoncées par Bachar Al-Assad contre les Juifs, lors de la récente vi site du pape en Syrie.

UNE "NUIT DE CRISTAL"

Enfin, la presse s'interroge sur le rapprochement, souvent fait à Durban, entre la Shoah et les souffrances du peuple palestinien, un parallèle sans fondement à la lumière de ce qui se passe sur le terrain, même si le conflit engendre de nombreux drames humains. Ainsi, explique l'éditorialiste du Haaretz, Kofi Annan, secrétaire général de l'ONU, a certes précisé que le sionisme ne pouvait plus être assimilé au racisme, mais il a aussitôt "obscurci" son propos en déclarant que "la souffrance endurée par les Juifs pendant la Shoah ne justifie pas l'oppression des Palestiniens". Le journaliste accuse M. Annan d'être en "grande partie responsable de l'échec fracassant" de la conférence, dans la mesure où il a laissé, selon lui, un groupe déterminé de pays musulmans imposer un ordre du jour très orienté.

La conférence risque donc aussi d'envenimer encore un peu plus les relations déjà difficiles d'Israël avec les Nations unies. Quant à la population israélienne, déjà convaincue depuis le début de la seconde Intifada, d'être "seule contre tous" et de la mise en cause de l'existence même d'Israël par le nouveau conflit israélo-palestinien, elle en est aujourd'hui plus certaine que jamais. "Nuit de Cristal à Durban", titrait, lundi, le Yediot Aharonot, le plus grand quotidien du pays. Pour le journaliste Sever Plotzker, les résolutions discutées à Durban "montrent le Juif comme il était présenté dans le “Protocole des sages de Sion”: l'ennemi public numéro un de l'humanité".

Catherine Dupeyron

 

 

 

 

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