Jérusalem, notre capitale

Le texte suivant est une transcription littérale d'un discours donné par
Elie Wiesel à une manifestation new-yorkaise de solidarité avec Israël.

 

Nous sommes réunis ici pour affirmer notre solidarité avec Israël. Nous sommes outrés par le vote hypocrite du Conseil de Sécurité de l'ONU, qui, au lieu de condamner les excessives réactions Palestiniennes, a préféré condamner la réponse Israélienne à de telles violences.
Nous soutenons Israël, et nous remarquons que la violence lui a été imposée malgré lui
par l'intransigeance du dirigeant de l'Autonomie Palestinienne.
Ceux d'entre nous qui rejettent la haine et le fanatisme et qui considèrent la Paix comme l'ultime noblesse, sont forcés de reconnaître Yasser Arafat pour ce qu'il est :
un être ignorant, retors et indigne de confiance.

Nous avons cru en une paix intelligente
entre Israël et ses voisins Arabes, notamment les Palestiniens.

Nous avions des rêves peuplés d'enfants Israéliens et Palestiniens jouant ensemble, étudiant ensemble, riant ensemble et découvrant leur monde respectif.
La douleur, l'agonie, la mort d'un enfant, quel qu'il soit, est pour nous un drame.

Mais pourquoi est-ce que Yasser Arafat ne protège pas ses propres enfants au lieu de s'en servir comme des boucliers pour abriter les adultes qui lancent des pierres et tirent aux Kalachnikovs ?
C'est avec le cœur lourd, que nous déclarons que nos rêves de paix se sont envolés dans les fumées des synagogues saccagées, dans les lynchages et les dépeçages de soldats Israéliens prisonniers et dans les foules assoiffées de sang
qui crient leur vision d'un Jérusalem sans Juifs et d'un Proche-Orient sans Israël.

Et je tiens pour responsable le dirigeant suprême des Palestiniens, Yasser Arafat.
En rejetant les concessions israéliennes si généreuses et sans précédent, il a enterré le processus de paix ; en agissant ainsi il a trahi la confiance de ses partenaires Israéliens mais aussi celle du Président Clinton et celles d'autres dirigeants internationaux,
de la même façon qu'il a trahi la plus haute distinction honorifique
que la société puisse décerner à une personnalité.

En lâchant une foule violente et sanguinaire dans les rues au lieu de guider la frustration de son peuple à travers des idées de coexistence et de paix, il a renoncé à leurs aspirations légitimes d'un futur sans souffrance et sans haine.

Je le tiens pour responsable du meurtre du Rabbin Hillel Lieberman et du lynchage des deux réservistes. Toutes ses promesses n'étaient que mensonges ;
tous ses engagements ne valaient rien.

Sous la souveraineté Israélienne,
Chrétiens, Juifs et Musulmans sont totalement libres de prier sans peur
à Jérusalem, notre capitale, qui est le centre de l'histoire Juive.

Un Juif peut être Juif loin de Jérusalem, mais pas sans Jérusalem.
Un Juif peut ne pas vivre à Jérusalem, mais Jérusalem vit en chaque Juif.
Aucune autre nation n'est plus identifiée à son histoire que la nôtre.
Aucun autre peuple n'a été plus fidèle à son nom,
ni n'a célébré son histoire avec autant de ferveur.
Aucune de nos prières n'est aussi passionnée
que celles qui parlent de Jérusalem.
Jérusalem est le rêve de nos rêves,
la lumière qui illumine nos moments les plus sombres.
Sa légitimité réside dans sa souveraineté.
S'opposer à l'une d'elles revient à dénier l'autre.
Israël ne l'abandonnera jamais.

J'accuse Yasser Arafat d'être moralement faible, politiquement myope
et d'être un obstacle à toute paix.
Je l'accuse d'avoir assassiné les espoirs d'une génération entière. La sienne et la nôtre.
Elie Wiesel, New York, 12 octobre 2000 - 13 Tichri 5761