hasbara

correspondances et articles recueillis par Yigal Palmor et Antoine Peillon

MAI 2002 - De nombreux sites publient désormais une grande quantité d'informations, d'analyses et de tribunes sur la nouvelle guerre faite aux Juifs et à Israël. Nous vous invitons à les consulter régulièrement.

www.proche-orient.info

www.reinfo-israel.com

www.isranews.com

haaretz.free.fr (en hébreu : www.haaretz.co.il)

www.desinfos.com

www.desinfos.com/mena (Metula News Agency)

agence de rectification (AFP, Quai d'Orsay...)

www.wrn.org/audio/kol_fre.ram (bulletins de Kol Israël en français, avec RealAudio)

www.antisem.com

www.antisemitisme.info

www.sefarad.org

www.chretiens-et-juifs.org

www.lapetition.org (les citoyens contre l'antisémitisme)

www.memri.org (la presse arabe traduite et analysée par le Middle East Media and Research Institute)

www.pmw.org.il (Palestinian Media Watch)

www.debka.com

www.walk4israel.com (dédié aux victimes des attentats terroristes palestiniens)

www.iris.org.il (Information Regarding Israel's Security)

www.israel-palestine.com (tente de départager les "responsabilités" et de promouvoir la paix)

et bien d'autres sources encore...

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Le 3 avril 2002 : Une preuve accablante de l'implication de Yasser Arafat dans le terrorisme

Le 2 avril 2002 : Communiqués et explications officielles à propos de l'opération "homat magen" menée par Tsahal dans les territoires palestiniens

Le 24 mars 2002 : "A Secret Iran-Arafat Connection Is Seen Fueling the Mideast Fire", by Douglas Frantz and James Risen, The New York Times

Le 21 mars 2002 : "Pourquoi je ne manifesterai pas le 23 mars", par Gérard Huber (Le Monde)

Le 21 mars 2002 : "Chirac, l'ami des arabes", par Samy KLEIB (Libération, le jeudi 21 mars 2002)

Le 20 mars 2002 : discours du rabbin  MICHAËL MELCHIOR, VICE-MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES DE L’ETAT D’ISRAËL, A LA 58ème SESSION DE LA COMMISSION DES DROITS DE L’HOMME

Le 6 mars 2002 : Une réponse à Reporters sans frontières. "Israël : pourquoi un tel acharnement ?", PAR ANNE LIFSHITZ-KRAMS, Le Figaro

Le 4 mars 2002 : Plusieurs livres sur l'expérience sioniste, "Israël est-il coupable ?", par Alexis Lacroix, Le Figaro

Le 8 février 2002 : Bernard-Henri Lévy : "Konop remet les pendules à l'heure" (Le Point)

Le 31 janvier 2002 : "Arafat - quelle utilité pour la France ?", par Alain Pierret, ancien ambassadeur de France, Tribune juive

 

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Le 20 décembre 2001

LE MONDE | 20.12.01 | 20h03 | chronique

 
L'ambassadeur de France à Londres, dernière victime de l'indiscrète Lady Black

Londres de notre correspondant

L'apparence de Lady Black est trompeuse. Petite, un visage aux traits fins, des yeux de biche, le port altier : à soixante ans sonnés, l'épouse du président du groupe de presse canadien Hollinger aurait plutôt l'air d'une de ces hôtesses en vue tenant un salon littéraire à Kensington ou à Hampstead. Mais c'est aussi une femme de certitudes qui écrit des éditoriaux au vitriol, sous son nom de jeune fille, Barbara Amiel, dans le quotidien de prestige de son mari, le Daily Telegraph. Cette journaliste de choc est d'un conservatisme bon teint, eurosceptique, championne du libéralisme et de la cause d'Israël.

L'ambassadeur de France en Grande-Bretagne, Daniel Bernard, est la dernière victime de celle que la jet-set connaît sous le surnom peu affectueux de "l'Impératrice". Lors d'un dîner à la résidence des Black, le diplomate s'entretient en anglais avec le magnat - qui possède notamment le Jerusalem Post - de la situation au Proche-Orient. Lord Black évoque ensuite cette conversation avec un autre convive, qui lui-même en rend compte à la maîtresse de maison. Quelques jours plus tard, cette dernière affirme dans le Telegraph que "l'ambassadeur d'un pays important de l'Union européenne" avait fait référence à "Israël comme à un petit pays de merde". Le Guardian révèle le lendemain qu'il s'agit du représentant du Quai d'Orsay.

L'ambassadeur français nie avoir prononcé des propos injurieux à l'encontre de l'État juif. Par ailleurs, il juge " scandaleux" que, dans un dîner privé entre amis, l'hôtesse révèle les propos et les publie. Paris soutient la position de Daniel Bernard. Tout comme une autre grande dame de la haute société londonienne, Lady Powell, présente lors de la soirée.

Même au pays des tabloïds-rois et des journalistes-voyeurs, pareil procédé est jugé choquant. "J'ai eu de nombreuses conversations privées avec Conrad Black que je n'oserai jamais répéter en public",affirme Roy Greenslade, expert des médias. D'autres soulignent l'hypocrisie du directeur du Daily Telegraph, Charles Moore, qui ne cesse de donner des leçons en matière de protection de la vie privée. Ce dernier, il va de soi, n'exerce aucun contrôle sur le contenu de la chronique de Mme Amiel, qui n'est pas toujours à cheval sur l'exactitude de ses informations. Ainsi, en pleine campagne d'Afghanistan, la femme du "tycoon" a confondu Cheikh Zayed, président des Émirats arabes unis et allié de la Couronne, avec un homonyme, membre du réseau Al-Qaida !

Les féaux de Citizen Black racontent avec une ferveur touchante comment cette native de Watford, partie de rien, est parvenue aux cimes journalistiques avant d'épouser en quatrième noce le milliardaire Conrad Black. Sans dire l'essentiel : que beaucoup d'autres la méprisent pour ses écrits réactionnaires teintés de paranoïa. Depuis le début de l'Intifada, Lady Black s'en prend constamment aux journaux concurrents soupçonnés de défendre les Palestiniens, mais également aux siens pour faire bonne mesure. Ainsi, la passionnaria d'Ariel Sharon n'a pas hésité à qualifier de "mensonge à la Goebbels" un article critique d'Israël publié dans l'un des hebdomadaires du groupe.

Marc Roche

ARTICLE PARU DANS L'ÉDITION DU 21.12.01

 

Le 19 décembre 2001

Force internationale - la fausse bonne idée

Pourquoi Israël trouve-t-il mauvaise, dans les circonstances qui prévalent actuellement, l'idée d'envoyer une force internationale dans les Territoires autonomes ? Voici quelques raisons :

 
1. Dans l'accord Gaza Jéricho signé le 4.5.1994 Israël et l'OLP s'accordent sur la création d'un contingent international d'observateurs et experts, provenant de 5 ou 6 des pays donateurs à  l'Autorité  Palestinienne. Ces observateurs devaient, d'après l'article XXI dudit accord, se déployer dans les villes suivantes:Gaza, Khan Yunis, Rafah, Deir El Ballah, Jabaliya, Absan, Beit Hanun et Jéricho.
Yasser Arafat à refusé l'application de cet article depuis (et malgré) la signature de cet accord.
 
2. Une petite unité d'observateurs a également été prévue pour la ville de Hébron dans le cadre de l'Accord Intérimaire (septembre 1995). Cette délégation d'observateurs, opérationnelle  à partir de 1996, est constituée par des représentants du Danemark, de l'Italie, la Norvège, la Suède, la Suisse et la Turquie, et s'appelle TIF (Temporary International Presence in Hebron)
 
(Consulter l'accord sur le TIF: http://www.israel-mfa.gov.il/mfa/go.asp?MFAH00qp0
Consulter les activités du TIF: www.tiph.org )
 
Ceux qui réclament aujourd'hui l'envoi d'observateurs internationaux pourraient simplement demander l'élargissement du mandat du TIF Or, cela n'est pas demandé, et l'existence même de cette unité est occultée. Pourquoi?
De deux choses l'une: soit le TIF est  considéré comme inutile, et dans ce cas on peut s'interroger sur l'utilité d'une nouvelle force d'observateurs; soit on considère le travail du TIF utile, mais on ne souhaite pas l'étendre, car le vrai but recherché par ceux qui revendiquent l'envoi d'une nouvelle force internationale ne serait pas de favoriser l'observation et l'apaisement mais plutôt d'engendrer une intervention armée contre Israël.
 
3. Le déploiement d'une force internationale requiert une définition précise du territoire de sa juridiction. Or, définir la juridiction de cette force équivaudrait à  prédéterminer le tracé des frontières entre Israël et le futur état palestinien. Ce tracé ne peut être décidé unilatéralement par un tiers, à savoir les mandataires de la force internationale. Il doit au contraire émerger d'une négociation entre les parties intéressées, c'est à dire Israël et les Palestiniens.  Voilà la raison pour laquelle un accord entre les deux parties est impératif avant que l'on envisage l'envoi de quelque force internationale que ce soit.
 
4. La force internationale en question ne manquerait pas d'être instrumentalisée, à son détriment, par les organisations terroristes tels le Hamas et le Jihad, comme le fut la FINUL au Sud Liban par le Hezbollah. Les terroristes tenteront de provoquer des incidents pour attirer une riposte israélienne en direction des observateurs étrangers. Ceux ci , de toutes les manières, ne pourront pas observer les conséquences des actions terroristes, puisqu'ils ne viendront pas inspecter les villes israéliennes: on les voit mal patrouiller devant une discothèque à Tel Aviv, entrer dans une pizzeria à Jérusalem, ou prendre le bus à Haïfa.
Ils n'iront pas davantage inspecter les locaux ou les laboratoires d'explosifs des intégristes à Gaza ou à Naplouse (voir article 1 ci dessus). Que leur restera-t-il à faire? Observer les troupes israéliennes sur les routes ou aux frontières? On sera loin d'un compte rendu réaliste des événements.

Pour saisir les véritables dérapages  auxquels peut donner lieu la présence d'observateurs internationaux, on lira ci-dessous avec profit l'étonnant article de Zend Schiff (Haaretz), toujours d'actualité.

 Le silence de Mary Robinson
Par Zeev Schiff, Haaretz   30.7.2001
 
 
Le 12 novembre 2001, lorsque l’Intifada battait son plein, Mme. Mary Robinson , le Commissaire de l’ONU pour les Droits de l’Homme, s’est rendue en visite officielle en Israël et dans les Territoires palestiniens. Madame Robinson était déjà  célèbre puisqu’elle avait été la Présidente de la République d’Irlande. Que ce soit à cause de sa responsabilité onusienne ou pour d’autres raisons, toujours est-il qu’elle s’est faitune réputation d’anti-israélienne. Mais cela n’a pas entravé la visite car ses hôtes israéliens ont décidé de la recevoir avec tous les honneurs dus à son rang. Cependant, ce jour là, un événement exceptionnel s’est produit. Pendant que Robinson visitait la zone d’Hébron et de Kyriat Arbases accompagnateurs lui ont proposé de se rendre au quartier Tel Romeida (à Hébron). L’escorte de sécurité était assurée par la force d’observateurs de l’ONU affecté à la zone (connue sous le nom de TIF).  Chemin faisant des tirs ont visé les voitures du convoi. Une balle a touché la voiture de l’escorte de Madame Robinson. Immédiatement, des accusations ont été lancées selon lesquelles les tireurs seraient des Israéliens, sûrement des colons, essayant d’atteindre le visiteur de haut rang. Arafat qui l’a accueilli un peu plus tard s’est empressé de lui proposer sa propre voiture blindée qu’il utilise « pour se protéger des Israéliens. ». La dignitaire, par son silence, avait tacitement soutenu l’accusation.
 
La balle qui a atteint la voiture de l’ONU a été extraite et envoyée pour expertise. Celle-ci a été réalisée par des spécialistes du département balistique de la Police du Danemark. Les résultats de cette expertise ont été publiés récemment dans un rapport périodique de l’ONU. On y apprend que la balle qui a atteint la voiture a été tirée par une Kalachnikov  de modèle AK 47. C’est une arme que possèdent  et utilisent  les Palestiniens y compris leurs services de sécuritémais qui ne se trouvent ni aux mains des soldats de Tsahal ni  des résidents des implantations. Les responsables du TIF ne se sont pas contentés de l’expertise balistique. Ils ont reconstitué l’incident sur les lieux avec les experts danois. Les conclusions de la reconstitution affirment (je cite le rapport de l’ONU) « que l’origine du tir est clairement déterminé et provient d’une maison qui se trouve en zone -1, au nord de Bab-el Zawieh ». Rappelons que -1 est une zone de Hébron sous contrôle palestinien. Il faudrait conclure de tout cela que ceux qui ont tire sur le convoi de Madame Robinson étaient des Palestiniens.
 
Le dossier fut ainsi presque clos. Il ne manquait plus qu’un communiqué ou plus précisément des excuses de la part de Madame Robinson concernant les accusations portées contre Israël. Mais, celles-ci se font attendre. Il faut espérer qu’elle gère les affaires des Droits de l’Homme avec plus de sincérité et d’objectivité. En tout cas, ce n’est pas dans ce cas-ci qu’elle aura fait preuve de courage et d’honnêteté.

 

Le 18 décembre 2001

Réponses à une tribune de Eyal Sivan (Le Monde du 8 décembre 2001)

 
LE MONDE , 17.12.01  point de vue
Diabolisation politique, par Maurice Szafran

LE cinéaste israélien Eyal Sivan compte parmi ces activistes d'ultragauche, hostiles au principe même de la création d'un État juif et qui, cinquante-quatre ans après, prônent toujours la disparition d'Israël, son engloutissement dans une Palestine binationale. Il refuse au sionisme toute légitimité, en particulier celle d'incarner le mouvement de libération nationale du peuple juif. Dans son esprit, le sionisme se réduit à une entreprise "coloniale et meurtrière" au service de l'impérialisme.

L'indépendance d'Israël ou le péché originel : voilà le cauchemar qui hante Sivan. Cette mauvaise construction, en vogue dans les années 1970, au moment du gauchisme délirant, on l'espérait éculée. On se trompait. Depuis la rupture du processus de paix israélo-palestinien en particulier, elle retrouve un écho puissant. On crut longtemps que cet anti-sionisme aussi radical que désuet méritait l'indifférence, et non une vaine diabolisation le créditant, en creux, d'une certaine influence. On voulait se rassurer en constatant que même les tiers-mondistes les plus obtus avaient fini par prendre acte de la présence irréversible d'un État juif en Palestine. On s'égarait.

Sivan ne supporte pas "l'amalgame systématique entre anti-sionisme et antisémitisme". Précisons : il va de soi que tous les antisionistes ne sont pas, par essence, antisémites. Ce serait aussi faux qu'injurieux si l'on se réfère, par exemple, au philosophe Daniel Bensaïd ("Peut-on recommander aux millions de réfugiés palestiniens de construire leurs syndicats et d'élire sagement leurs députés comme s'ils vivaient dans une société décente et policée ?", Le Monde du 22 novembre), à l'historien Pierre Vidal-Naquet ("Je suis pour un État où vivent une communauté juive et une communauté palestinienne", Marianne du 3 décembre) ou au sociologue Edgar Morin ("La question israélo-palestinienne est devenue le cancer non seulement du Proche-Orient, mais des relations islam-Occident, et ses métastases se répandent très rapidement sur la planète", Le Monde du 22 novembre).

On a toutefois le droit d'être convaincu que Bensaïd, Vidal-Naquet et Morin pensent radicalement faux, et de s'interroger sur l'étrange cheminement qui conduit ces compagnons de route des principaux mouvements de libération nationale du XXe siècle à dénier au peuple juif, et à lui seul, le droit, légitime pour tout autre, à disposer d'un État Mais ce débat académique n'est plus de mise depuis la conférence de Durban contre le racisme.

Si Eyal Sivan diabolise Israël et si l'on finit par décrypter le sens proprement politique de cette démarche - inciter les Palestiniens à refuser tout compromis avec le diable israélo-sioniste -, il n'en reste pas moins un tacticien prudent. Ainsi évite-t-il, avec un soin extrême, toute évocation de l'épisode Durban, ce déferlement de haine antisémite sous couvert d'anti-sionisme et d'antiracisme, ce détournement de sens qui, évidemment, le dérange quand il est résumé par la formule scandée en Afrique du Sud : "One Jew, one bullet" ("un juif, une balle").

Personne n'a cherché à minimiser la gravité de cet antisémitisme bâti sur les oripeaux d'un progressisme dénaturé. Chacun même, non sans perplexité, s'est interrogé sur le déclenchement aussi soudain d'un phénomène à ce point destructeur de nos valeurs éthiques et morales. Déléguée générale de la Palestine en France, Leïla Shahid n'a cessé de mettre en garde contre ses effets ravageurs sur la cause palestinienne. Antisioniste convaincu, Edgar Morin a lancé un cri d'angoisse : "L'onde anti-israélienne devenue à la fois antisémite et anti-américaine ressuscite les visions médiévales européennes des juifs buveurs de sang d'enfant, pollueurs des esprits et des corps, œuvrant perfidement à dominer le monde." Rien n'incite pourtant Sivan à la prise en compte de la réalité. S'alignant, en fait, sur la thématique islamiste, il a découvert, lui, les véritables instigateurs de cette flambée : le trio d'enfer israéliens-sionistes-juifs de la diaspora.

Après avoir détourné le sens et la mémoire de la Shoah pour mieux justifier le martyre infligé au peuple palestinien, la toute-puissante figure de l'israélo-sionisto-juif poursuivrait son travail de sape, provoquant l'apparition d'un néo-antisémitisme pour mieux le manipuler. Avec quel objectif ? Créer et organiser, notamment en France, les conditions d'angoisse, de peur, de haine, qui inciteraient les juifs de la diaspora occidentale à se réfugier en Israël, unique moyen de contenir la poussée démographique arabe. Une plaisanterie ? Même pas, le résumé scrupuleux de la pensée d'Eyal Sivan.

Faut-il s'arrêter aux inexactitudes, aux contresens proférés dès lors que le cinéaste israélien exilé à Paris entend donner une leçon citoyenne aux Français juifs ? Les rappelant à leurs devoirs républicains, exigeant de leur part un ressourcement dans le creuset national - je partage ce souci -, il stigmatise une communauté juive "s'enfermant dans un soutien inconditionnel à la situation coloniale meurtrière qui prévaut depuis plus de cinquante ans en Israël-Palestine".

S'il entend par "soutien inconditionnel" l'attachement des Français juifs à l'existence d'Israël, il a raison. Mais ce n'est évidemment pas cela qui l'agite. C'est cette liaison en elle-même que Sivan leur dénie, un ancrage qui ne passe pas, cela va de soi, par la défense aveugle de la politique conduite par quelque gouvernement israélien que ce soit, de droite ou de gauche, et, notamment, par celui d'Ariel Sharon. Dangereuse, la stratégie de Sharon ? Pire encore, mais sa réprobation ne vaut pas condamnation de la nature même de État juif, au contraire. Ne rien laisser passer à Sharon, c'est sans doute la seule manière de montrer un attachement sans faille à Israël. Une logique étrangère à Eyal Sivan. Depuis le déclenchement de la deuxième Intifada, le judaïsme français subit de nombreuses agressions antisémites. Or, selon Sivan, le judaïsme français est responsable des maux qui l'accablent puisque, "identifiés comme des institutions de soutien à Israël, les synagogues et centres communautaires deviennent, dans cette confusion, des cibles d'attaques criminelles qui, par ailleurs, doivent être punies en tant que telles". Les vieux procédés staliniens ont encore du bon : l'existence même d'un lieu de culte ou de culture juive devient une provocation car il serait voué à la propagande israélo-sioniste. La synagogue comme lieu de complot... Sivan n'a décidément rien inventé. Transformez la victime - le juif - en coupable, il en restera toujours quelque chose.

Maurice Szafran est journaliste, directeur général chargé de la rédaction de l'hebdomadaire "Marianne".

ARTICLE PARU DANS L'ÉDITION DU 18.12.01
LE MONDE , 17.12.01  point de vue
Relisons Leibowitz, par Sefy Hendler

Après avoir achevé la lecture du point de vue d'Eyal Sivan, je me suis souvenu que j'avais regardé avec intérêt et plaisir sa série de conversations filmées avec Yeshayahu Leibowitz. Je ne connais pas personnellement Sivan, néanmoins deux choses que nous avons en commun me viennent à l'esprit : nous sommes tous deux des Israéliens résidant en France et nous considérons que Leibowitz est l'un des intellectuels les plus brillants que État d'Israël ait connus.

Leibowitz, qui est décédé en 1994, aurait probablement été aujourd'hui très critique à l'égard de la politique menée par le gouvernement Sharon-Pérès envers les Palestiniens. S'il était parmi nous aujourd'hui, il continuerait à porter sa kippa noire, qui était presque devenue son signe distinctif.

Eyal Sivan pense-t-il sincèrement qu'au cours des quatorze derniers mois, Leibowitz aurait pu se promener sans crainte dans les rues de France en arborant cette grande kippa ? Si, par exemple, il avait choisi le 1er octobre 2000 de se joindre à la communauté d'Aubervilliers pour prier dans leur synagogue, le vieux philosophe aurait pu être blessé par la petite voiture blanche qui fonça sur les fidèles. Si, par hasard, il avait choisi de passer le Shabbat du 28 juillet à Asnières, les pierres qui furent lancées contre la synagogue auraient pu l'atteindre. S'il avait été présent à la synagogue de la rue Julien-Lacroix (Paris 20e ), le 2 octobre dernier, le cocktail Molotov qui a été jeté contre le lieu de culte par une dizaine de jeunes aurait pu toucher cet homme de lettres. Dans tous les cas, Leibowitz aurait été blessé non pas à cause de ses critiques à l'égard d'Israël mais de sa religion.

Ce sont bien sûr des questions imaginaires que je pose là, puisque Leibowitz n'est plus parmi nous. Cependant la série d'incidents violents que j'évoque est malheureusement bien réelle. Ils font partie de la réalité violente dans laquelle vivent les juifs de France depuis le début de la seconde Intifada. Ces incidents figurent sur la liste effrayante que les institutions juives de France viennent de transmettre au premier ministre Lionel Jospin. Une longue liste d'actes hostiles commis uniquement à Paris et en région parisienne entre septembre 2000 et novembre 2001. Une longue liste qui doit choquer tous les Français et tous les Israéliens résidant en France qui croient aux principes de liberté, d'égalité, de fraternité sur lesquels cette République a été fondée.

Sivan constate résolument que "la question du sionisme est dépassée". Cela n'a pas été le cas lors de la conférence de Durban contre le racisme où une sévère critique à l'encontre d'Israël a même été accompagnée d'un "mort aux juifs !". Avec la même résolution, il se pose en antisioniste en déclarant que État d'Israël est une force coloniale depuis sa création, qui pour lui se réduit à une "erreur historique". C'est à mes yeux (pourtant sionistes) un argument qui ne peut qu'indigner mais toutefois légitime puisqu'il fait partie de la discussion que le mouvement sioniste mène, depuis sa renaissance, avec des anti-sionistes tels que lui.

Moins légitime et beaucoup plus exaspérant est son constat selon lequel la vague de violence des quatorze derniers mois contre les juifs de France serait une illusion judéo-sioniste, le fruit d'une manipulation : "Les apprentis sorciers continuent à jouer la carte de la panique en brandissant le spectre de l'antisémitisme." La liste qu'ont rédigée le CRIF, le Fonds social juif unifié et le consistoire de Paris est pour lui un simple tour de passe-passe d'un groupe de magiciens (d'origine juive). Il est pourtant dommage que cette vague antisémite ne puisse pas disparaître d'un simple coup de baguette magique antisioniste.

Sivan n'est évidemment pas antisémite. Je l'imagine souriant en parcourant ces lignes. Comment pourrait-on taxer un juif israélien d'antisémite ? Hélas, nul besoin d'être antisémite pour utiliser un vieil argument trop connu : (presque) tout arrive par la faute des juifs. C'est leur faute s'ils sont retournés sur leur terre après 2000 ans d'exil. Leur faute si les Arabes ont rejeté en 1947 la décision de l'ONU sur le partage de la terre entre juifs et musulmans. Leur faute si les Etats arabes ont déclaré la guerre pour détruire État hébreu qui n'a même pas vu le jour.

Mais pourquoi se fâcher avec lui alors que des gens qui ont de hautes responsabilités politiques ont déjà constaté que "la solution (pour le problème Ben Laden) passe par le Proche-Orient". Les sionistes et les juifs qui les soutiennent doivent donc porter indirectement la culpabilité de la nouvelle guerre mondiale déclarée le 11 septembre... Les juifs de France et les sionistes qui les soutiennent sont aussi responsables de la montée de l'antisémitisme en France.

Puis-je recommander à Eyal Sivan le dernier ouvrage de Yeshayahu Leibowitz, Je voudrais vous demander, professeur Leibowitz, un livre qui vient de paraître en Israël et qui, je l'espère, sera bientôt traduit en français. Il recueille des centaines de lettres adressées à Leibowitz par toutes sortes d'Israéliens et les merveilleuses réponses qu'il leur a adressées. L'une des plus courtes et néanmoins des plus pertinentes est celle que Leibowitz adresse à un Israélien soi-disant plein d'esprit. Ce correspondant plutôt insolent envoie à Leibowitz une liste de mots et lui demande : "Je voudrais avoir votre opinion concernant quelques mots par exemple : colérique, irascible, fâché, ombragé, rage, emportement, courroux". Le professeur lui rend la monnaie de sa pièce : "Les mots que vous avez cités sont des synonymes et leur usage dans un contexte différent est une question de style. On peut les rapprocher des nuances entre : stupide, idiot, simple d'esprit, abruti, borné, sot."

Sefy Hendler est journaliste, correspondant à Paris du quotidien israélien  "Ma'ariv".

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 18.12.01

 

LE MONDE , 17.12.01 point de vue
 
Juifs de France : la dangereuse confusion d'Eyal Sivan, par un collectif

Publié en première page du Monde (8 décembre), le point de vue d'Eyal Sivan, "La dangeureuse confusion des juifs de France", fait franchir un seuil au discours qui est tenu sur les juifs français. Ce texte nourrit le débat public à l'instar de tout ce que les médias produisent sur cet ensemble passionnel triangulaire, construit autour de ses trois termes : la France, les juifs, les arabes.

Le Monde - dont la rigueur est la profession de foi - ne cesse, à bon escient, depuis les attentats du 11 septembre, parce que l'islam est malheureusement sur la sellette, de tenter de pacifier nos concitoyens, d'éviter qu'un amalgame puisse être fait entre islam et islamistes. Présenté comme un "point de vue", mais placé en "une", ce texte a une autre valeur que la libre opinion des pages intérieures.

Les présents signataires sont perplexes, si ce n'est consternés. Il semble que les précautions d'usage ne soient plus à l'œuvre dès qu'il est question du sujet juif. La signature israélienne du texte légitime-t-elle l'écart à cette règle ? Faut-il rappeler que la communauté juive est présente dans l'histoire de France depuis deux mille ans, inscrite dans la citoyenneté républicaine depuis deux siècles et que la religion juive est partie prenante du pacte laïque depuis le début du XIXe siècle ? Faut-il aussi rappeler que les signataires ne considèrent pas le sujet juif, pas plus qu'Israël, comme intouchables et au-dessus de la critique, pour peu que celle-ci procède d'un souci minimum de factualité et d'honnêteté intellectuelle ? Sur ces sujets, la polémique, l'exaltation, le ressentiment, les glissements sémantiques, les discours sournois ne font qu'alimenter un surcroît de passions et de haine. Le moment présent s'en dispenserait volontiers.

Certes, personne ne peut contester à Eyal Sivan, Israélien en rupture de ban avec son pays, le droit d'avoir un avis, de s'interroger sur les uns et les autres, d'émettre des réserves, de critiquer ou d'être hostile. Seulement, l'avis ainsi formulé, les détours et qualifications utilisées étonnent.

Qui sont ces juifs de France qu'Eyal Sivan prétend connaître ? Les connaît-il ? Se rend-il compte de la diversité de situations, de sensibilités, de mentalités, d'approches, de convictions qui prévalent au sein de cette communauté ? Qui sont d'ailleurs les juifs de France dont il parle ? Une masse X glauque, incroyablement robotisée et parfaitement lobotomisée par quelques fonctionnaires israéliens ? A le lire, un lecteur non informé pourrait s'imaginer que toutes ses institutions et ses membres sont des soldats de l'armée israélienne. Le propos d'Eyal Sivan possède une drôle de saveur quand il va jusqu'à trouver une justification morale et politique à des incidents antisémites chroniques et à l'atmosphère d'insécurité qui entoure singulièrement la vie juive depuis plusieurs mois.

Mais quoi qu'en dise Eyal Sivan, la réalité est tout autre. Une grande majorité des juifs de France regardent autrement Israël. Libre à lui de souhaiter sa destruction, comme le souhaite une grande partie du monde arabo-musulman, mais, comme citoyens, il est de notre droit le plus total d'exprimer librement nos opinions à ce sujet.

La réalité est autre aussi sur le plan français. Durant un an, plus de 350 incidents antisémites, recensés par les institutions juives et dont la liste est consultable et vérifiable, se sont produits dans un terrible désintérêt, confinant à la cécité idéologique de l'opinion publique et de la classe politique. Ces agressions sont génératrices d'un sentiment d'abandon et de déréliction.

Le dernier rapport de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) fourmille d'indications. Le rapport dresse la courbe des menaces antisémites dans la dernière décade. Cette courbe montre un accroissement du volume de menaces consécutives à la profanation du cimetière israélite de Carpentras : 372 menaces sont en effet recensées en 1990. La courbe de ces manifestations s'infléchit jusqu'en 1993. En 1995, le reflux reprend pour atteindre son niveau le plus bas en 1999. L'an 2000 voit un niveau de menaces sans précédent, concentrées à plus de 85 % sur le dernier trimestre (603 menaces).

Le même rapport dresse la liste des violences antisémites signalées depuis dix ans. Depuis 1991 (24 violences), les courbes du nombre et de la gravité des actes de violence visant les membres de la communauté juive s'infléchissent régulièrement jusqu'à devenir "résiduelles" (3 violences en 1997). Une remontée constatée en 1999 était confirmée au cours des neuf premiers mois de l'année 2000. Mais le dernier trimestre a enregistré - note le rapport - une véritable explosion du nombre d'actions (111) en raison de la situation au Moyen-Orient : 116 violences antisémites en 2000 dont 44 tentatives d'incendie, 33 dégradations par coups de feu, jets de pierre, bris de vitres et 33 agressions qui blesseront 11 personnes.

Synagogues et autres lieux de culte ont été visés à 43 reprises, 3 cimetières juifs ont fait l'objet de profanations. Des fidèles sortant de lieu de culte ont été la cible de 39 actions violentes et des professeurs, des élèves ou des cars transportant des élèves ont fait l'objet de violences à 9 reprises.

Pour l'année 2001, le ministère de l'intérieur, qui subitement s'est dépêché de livrer chiffres et commentaires, déclare avoir enregistré jusqu'au 15 novembre 26 actions violentes - mais dont seuls les actes causant un arrêt de travail de huit jours sont retenus - et 111 intimidations et menaces. Le ministère en conclut que la violence a été moindre et minimise ainsi les chiffres communiqués par les institutions juives. Seulement, comme le note le journaliste Eric Conan dans L'Express du 6 décembre, les spécialistes du ministère de l'intérieur font remarquer que leurs statistiques fiables sont loin d'être exhaustives et que les faits non recensés (notamment pour les petites agressions) leur échappent alors que les institutions juives enregistrent systématiquement ces actes.

Nonna Mayer et Guy Michelat, dans le rapport de la CNCDH, dressent un bilan pour le moins inquiétant de la situation. Certes, il n'y a pas forcément plus d'antisémites dans la société française en l'an 2000 et 2001 qu'en 1990, mais il y a moins d'antisémites honteux, constatent les chercheurs du Centre d'étude de la vie politique française : "La hausse de l'antisémitisme déclaré s'observe dans toutes les catégories de la population, chez les hommes et chez les femmes, chez les jeunes et chez les plus âgés, chez les ouvriers et chez les cadres, à gauche et à droite" (p. 100).

En raison de la recrudescence du conflit israélo-arabe, le contexte est propice à l'expression de sentiments anti-israéliens et antijuifs. La presse répercute cette intifada dans son intensité dramatique ou passionnelle. Et cette guerre est avant tout une guerre des images et des symboles. La force des images laissera des séquelles, en laisse déjà. Nonna Mayer constate dans un récent entretien (Information juive, décembre 2001) qu'il existe au sein d'une population défavorisée et issue de l'immigration maghrébine un ressentiment à l'égard de la société et à l'égard des juifs - considérés, à tort ou à raison, comme mieux lotis que les arabes en France. Il y a de la part de ces jeunes un réflexe de solidarité stimulé par les images vues à la télévision, une identification à ce qui se passe au Moyen-Orient.

Nous rappelons que les juifs de France sont dans leur grande majorité ancrés dans leur citoyenneté. Ils vivent ou non leur identité, célèbrent ou non un culte, ont un avis partagé ou indifférent, peut-être passionnel ou passionné sur le monde qui les entoure, sur le judaïsme, sur leur rapport à l'altérité, et y compris sur Israël et le conflit israélo-arabe. Nous demandons alors que cette diversité soit reconnue et respectée. Que l'on cesse d'attiser les braises, d'enfermer un groupe humain, une communauté, dans une vision culpabilisante largement colportée à l'heure actuelle dans la presse, selon laquelle les juifs de France seraient sectaires et sous l'emprise d'un "repli communautaire". Est-ce ainsi qu'il faut nommer l'absence de solidarité citoyenne dans l'adversité ? Nous pointons ces étonnants silences devant ces agressions. Lorsque des juifs sont victimes d'agressions, faut-il rappeler que ce sont des citoyens français qui sont touchés ?

Philippe Bensoussan, cinéaste ; Alain Didier-Weill, psychanalyste ; Raphaël Draï, universitaire ; Serge Klarsfeld, avocat ; Marc Knobel, chercheur au Centre Simon Wiesenthal ; Stéphane Lilti, avocat ; Gérard Rabinovitch, chercheur ; Daniel Rachline, producteur ; Jacques Tarnero, chercheur ; Shmuel Trigano, universitaire.

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 18.12.01

Le 14 décembre

Irak - Iran : déclarations belliqueuses

 

La radio Al Sharq rapporte, le14 décembre, que le ministre des Affaires

étrangères irakien, Nagi Sabri, a appelé les Palestiniens a intensifier

l'Intifada, en annonçant la préparation d'une armée de 7 millions de

volontaires prêts a combattre Israël.

 

La télévision iranienne a diffusé le 14 décembre le sermon du vendredi de

l'Ayatollah Rafsandjani. Celui ci a déclaré qu'Israël est une entité

artificielle créée par le colonialisme anglo-américain et « destinée a être

vomie par la région en tant que corps étranger"

 

Rafsandjani accuse notamment les Etats-Unis d'avoir fourni des armes

chimiques et atomiques à Israël, pour menacer ensuite : « lorsque le monde

musulman aura lui aussi ces armes, la stratégie occidentale se retrouvera

dans une impasse, car il suffira de jeter une seule bombe atomique sur

Israël pour qu'il n'en reste plus rien, alors qu'une bombe atomique sur le

monde musulman ne causera des dégâts que sur une petite partie de celui ci.

 

Le 12 décembre 2001

Attaque terroriste d’un bus à Emmanuel, le 12 décembre 2001

Le 12 décembre  à 18 heures, un bus de la compagnie Dan sur la ligne 189, de Bné Brak à Emmanuel, a été attaqué par au moins trois terroristes . Deux charges explosives ont  détonné au passage du bus, qui a ensuite éte mitraillé . Des grenades ont également été lancées sur les passagers qui tentaient de s’enfuir , puis sur les ambulances et les secouristes.

Le bilan est de 10 morts et 24 blessés.

Les noms des victimes:

-  Yair Amar, 13 ans, d’Emmanuel
-  Esther Avraham, 42 ans, d’Emmanuel
-  Yoel Binenfeld, 35 ans, de Moshav Tel Shahar
-  Menahem Moshe Gutman, 40 ans, d’Emmanuel
-  Avraham Nahman Nitsani, 18 ans, dBeïtar Illit
-  Yirmiyahu Salem, 48 ans, d’Emmanuel
-  Israel Sternberg, 46 ans, d’Emmanuel
-  David Sarfati, 38 ans, de Ginot Shomron
-  Hanan Sarfati, 32 ans, de Ginot Shomron
-  Ya'akov Sarfati, 64 ans, de Kfar Saba

 

Le 7 décembre 2001

Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy

Arafat au pied du mur

par Bernard-Henri Lévy

Les auteurs de la vague d'attentats-suicides de samedi et dimanche en Israël

ne sont pas des combattants, mais des tueurs. Ce ne sont pas les militants

d'une cause s'en prenant aux emblèmes d'un Etat honni, mais des hommes dont

le seul but est de tuer des civils, encore et toujours des civils. Ils ne

sont pas hostiles, ces hommes, à tel ou tel aspect de la politique

israélienne et ne sont pas en train, par la force, de tenter d'en imposer

une autre : ils haïssent Israël comme tel, ils le refusent et le réprouvent

en bloc. Ils ne sont même pas, comme on dit souvent, des « désespérés » que

l'intransigeance politique de Sharon, la multiplication des colonies,

l'humiliation historique de la nation arabe ou palestinienne auraient fini

par pousser à bout - ce sont, comme Ben Laden, comme les fanatiques

d'Al-Qaeda, des amants de la mort pour la mort convaincus que, par le

meurtre, ils iront au paradis. Vouloir un Etat palestinien est une chose :

j'y suis, pour ma part, favorable depuis toujours. Vouloir l'apocalypse,

penser, comme le leader du Hamas, Cheikh Ahmed Yassine, qu'Israël est « un

corps intrus qui a été imposé de force et sera enlevé de force » (Le Figaro

du 15 octobre 2000) est une autre chose : et confondre ceci et cela, établir

le moindre lien entre les deux ordres est une injure, non seulement à

Israël, mais à ceux des Palestiniens qui aspirent à un Etat laïque sur

l'autre moitié de la Terre sainte. Al-Qaeda et Hamas, même combat. On ne

peut pas accepter l'idée d'une guerre au terrorisme en Afghanistan et la

refuser en Palestine.

On peut penser tout le mal que l'on veut de la politique d'Ariel Sharon. On

peut débattre de la façon dont Tsahal riposte, depuis quinze mois, à la

deuxième Intifada. On peut surtout - c'est mon cas - juger absurde et

périlleux le pari sur un traitement purement militaire du problème

palestinien. L'idée même de faire un parallèle entre les militaires

israéliens et les bombes humaines palestiniennes, entre Sharon et le Hamas,

l'idée de renvoyer dos à dos, selon la formule consacrée, « toutes les

violences, d'où qu'elles viennent », est une idée obscène et qui tourne le

dos, pour le coup, à tout ce que le 11 septembre et la suite sont censés

nous avoir appris. Pas de symétrie, non, entre combat politique et extase de

la mort. Pas d'équivalence entre l'action (fût-elle erronée) d'un

gouvernement démocratique, démocratiquement élu pour assurer, notamment, la

sécurité de ses citoyens, et la haine d'une secte d'assassins (fût-elle

plébiscitée par une fraction hélas croissante de l'opinion palestinienne)

qui ne se soucie que de tuer. Pas de commune mesure, en d'autres termes,

entre les liquidations ciblées, les balles perdues ou les bombardements des

uns et l'assassinat aveugle d'adolescents dont le seul crime est d'être nés

juifs et de s'être trouvés, ce soir-là, dans la rue Ben Yehuda, à Jérusalem.

La presse est dans son rôle quand elle pointe, sans se lasser, les fautes et

les bavures de Tsahal. Les gouvernements occidentaux sont dans le leur quand

ils admonestent toutes les parties et tentent d'imposer leur médiation. Mais

encore faut-il, d'un côté comme de l'autre, veiller à la probité des mots.

Encore faut-il, pour que les mots aient un poids, commencer par leur donner

un sens et, donc, appeler un chat un chat. Encore faut-il, une bonne fois,

rompre avec le discours convenu - pur asile d'ignorance, abécédaire du

préjugé - sur la violence « venue des deux bords », l'« engrenage » de la

colère, la « spirale de la haine et du crime », etc.

Arafat. Je n'ai pas d'information particulière sur le double jeu d'Arafat.

J'ignore si les milices armées du Fatah sont toujours, comme je l'ai vu à

Ramallah l'année dernière, au coude-à-coude avec les gens du Hamas. Et la

question, au point où nous en sommes, n'est même plus de savoir si le

président de l'Autorité palestinienne a sciemment ou non, au début de

l'Intifada, fait sortir de leurs prisons les 112 islamistes chez qui se

recrutent les kamikazes d'aujourd'hui. La question, la seule question, est

de savoir s'il aura maintenant le courage de réparer l'erreur. La question,

la seule question, est de savoir s'il lui est encore possible de faire ce

que n'importe quel chef politique digne de ce nom ferait dans sa situation :

dissoudre le Hamas et le Djihad islamique, arrêter d'urgence Cheikh Ahmed

Yassine, empêcher de nuire des aspirants kamikazes qui nous annoncent

eux-mêmes que le carnage ne fait que commencer. Ce n'est pas l'intérêt du

seul Israël, c'est le sien. Ce n'est pas, comme le disent les commentateurs

pressés, une demande de l'Etat juif, le prenant dans l'étau de ses

exigences, c'est la condition de sa propre survie politique. De deux choses

l'une. Ou bien le vieux leader fait le partage entre ce qui relève du combat

politique et ce qui relève du meurtre, et il rétablira une « Autorité » que

la montée en puissance de ses adversaires vide, pour l'heure, de tout

contenu. Ou bien il ne le fait pas, et il prendra la terrible responsabilité

de plonger, non seulement Israël, mais son peuple et, au-delà de son peuple,

la région, dans le chaos et l'horreur.

© Le Point - 07/12/2001 - N°1525 - Tribune - Page 162 - 882 mots

par Bernard-Henri Lévy

 

Le 6 décembre 2001

L'Express du 06/12/2001

Silence coupable

par Denis Jeambar

Imaginons un seul instant ce scénario: des juifs attaquant, en

France, des mosquées ou des écoles coraniques. L'indignation, à juste titre,

se transformerait en une tempête publique. Alors pourquoi les actes

antisémites qui, jour après jour, se multiplient dans notre pays

laissent-ils les gouvernants et les médias sans voix? Les faits sont

pourtant accablants (lire l'article). Depuis le déclenchement de la deuxième

Intifada, en septembre 2000, en Israël, une onde de choc traverse notre

société et un climat de violence, sans précédent depuis des décennies, y

menace les juifs. L'empressement, politique, à relativiser ces agressions et

leur minoration médiatique traduisent, bien sûr, la peur d'importer chez

nous «les passions du Proche-Orient», selon la formule de Lionel Jospin.

Car, c'est un fait, ces actes sont commis, pour l'essentiel, par des

musulmans. Ce grand silence a, cependant, de lourdes conséquences. Il

traduit une défaillance dans la solidarité nationale et crée, chez les juifs

français, un double sentiment d'insécurité et d'abandon. Ce climat est, en

outre, aggravé par la compassion presque exclusive que nos dirigeants et la

presse manifestent pour les Palestiniens. La République, pourtant, ne peut

pas faire deux poids deux mesures dans la protection de ses citoyens. Ceux

qu'elle délaisse ont le sentiment qu'ils ne sont plus membres à part entière

de la communauté nationale. Le risque, aujourd'hui, est d'autant plus

sérieux que l'intégration des juifs a été sacralisée - pour effacer leur

exclusion tragique dans le passé - et exploitée face à la montée du Front

national dans les années 80. Il est donc temps d'en finir avec cette omerta

française qui couvre des exactions antisémites. Il n'est de pires maladies

que celles qui ne se diagnostiquent pas. Ou ne s'avouent pas.

 

Le 6 décembre 2001

Sujet : Le Grand Rabbin de Bruxelles agressé
Date : 06/12/01 01:17:34 Paris, Madrid

Ce mercredi 5 décembre, Albert Guigui [57 ans], Grand Rabbin de Bruxelles et Grand Rabbin du Consistoire Central Israélite de Belgique, sort d'un restaurant situé à Anderlecht. Il est accompagné par un ami de Montréal [64 ans], de passage à Bruxelles.

Vers 13h30, arrivés à la station de métro voisine, 5 jeunes maghrébins, âgés de 16 à 18 ans, s'en prennent à eux, les insultant de "sales Juifs", en arabe, avant de leur cracher à la figure.

Ensuite, le Rabbin et son ami se dirigent vers la rame de métro, puis s'installent dans un compartiment.

Assis, ils voient approcher les jeunes maghrébins et, soudainement, un de ceux-ci décoche un violent coup de pied dans la figure du Rabbin Guigui. Fort heureusement, l'impact est amorti par le bras protecteur de l'ami canadien. Les lunettes du rabbin sont cassées, ce qui laisse augurer de l'intensité de l'assaut.

Plainte sera déposée ce jeudi.

Cet acte isolé, qui l'est de moins en moins, n'est qu'un triste exemple du quotidien de ces juifs religieux, vivant de plus en plus difficilement ces exactions.

La semaine passée, un juif américain, de passage à Anvers, est agressé par 3 jeunes maghrébins. Attaquant par surprise, les maghrébins lui assènent un puissant coup de pied au visage. Ces trois individus s'en étaient pris, juste avant, à un jeune juif âgé de 12 ans à peine.

Le mois passé, un médecin juif se promène avec son fils, âgé de 10 ans, le long du Parc Duden lorsqu'une bande de jeunes maghrébins se met à leur jeter des pierres, tout en les insultant copieusement et menaçant de les tuer.

Chaque vendredi soir et samedi midi, les fidèles de la synagogue de l'avenue du Roi subissent les invectives de jeunes maghrébins: "fils de pute", "sales Juifs", "on va tous vous tuer", "vive ben Laden"...

Non moins inquiétante, la mésaventure de ce juif religieux, ce lundi 3 décembre à Wieze, près d'Alost. Alors qu'il faisait le plein d'essence à une station service, les deux occupants d'une voiture passant à ses côtés se mettent à l'injurier de "mort aux Juifs" et "vive ben Laden", avant de redémarrer sur les chapeaux de roues. Contrairement aux événements évoqués plus haut, les auteurs de cet acte antisémite étaient des belges de souche!

Face au laxisme ambiant, l'antisémitisme violemment extériorisé que l'on retrouve dans certains quartiers de Bruxelles et Anvers risque bien vite de se propager, aussi bien géographiquement que par le type d'instigateurs de tels actes.

Pas plus tard qu'hier, le Vice-Ministre des Affaires Etrangères israélien, Michaël Melchior, rapportait devant le Comité des Affaires Etrangères et de la Défense de la Knesset que, sur base des 14 derniers mois, le monde n'avait connu une telle vague d'antisémitisme depuis la Seconde Guerre Mondiale. Il a ajouté que les néo-nazis européens ont développé d'étroites relations avec leurs compatriotes islamistes.

Joël Rubinfeld

 

Le 3 décembre 2001

Allocution du Premier ministre Ariel Sharon

Jérusalem, le 3 décembre 2000

Chers concitoyens,

J'aimerais tout d'abord exprimer en mon nom et au nom du gouvernement

israélien mes condoléances aux familles en deuil et mes voeux de prompt

rétablissement aux nombreux blessés qui sont encore hospitalisés dans

différents hôpitaux israéliens.

Je reviens des Etats-Unis où j'ai rencontré le président George W. Bush qui

m'a chargé de transmettre au peuple israélien sa profonde douleur et ses

sincères condoléances. Il m'a réitéré le soutien et l'amitié des Etats-Unis.

Comme en période de paix, aujourd'hui, dans cette guerre contre le

terrorisme, les Etats-Unis sont solidaires d'Israël.

Chers concitoyens,

Nous avons connu de nombreuses guerres et nous les avons toutes remportées.

Nous avons vaincu nos ennemis et avons fait la paix. Nous nous sommes battus

et avons fait fleurir le désert. Nous avons construit des villes et

développé l'industrie et l'agriculture. Nous avons fait de l'Etat d'Israël

un exemple et une référence pour de nombreux Etats dans le monde.

Nous poursuivons notre ouvrage, jour après jour, et ne nous arrêterons

jamais.

Une guerre nous a été imposée. La guerre du terrorisme. Une guerre faisant

chaque jour d'innocentes victimes. Une guerre terroriste menée de façon

méthodique, organisée et clairement orientée.

Si vous vous demandez quel est le but de cette guerre, je vais vous le dire.

Le but de la guerre terroriste, le but des terroristes, de leurs assistants

et de leurs commanditaires, le but de ceux qui leur permettent d'agir

tranquillement en silence est de nous chasser d'ici.

Leur but est de nous faire perdre l'espoir et la vision nationale qui nous

guide :

« être un peuple libre dans notre pays, la terre de Sion. »

Citoyens d'Israël, cela ne se produira pas.

Aucun peuple au monde n'aurait fait preuve de tant de résistance et de

maturité. Je suis fier de faire partie de ce peuple. Je suis conscient du

fait que dans d'autres domaines également nous devons faire face à des

difficultés et là aussi nous faisons preuve de force et de ténacité.

Ils ont déjà compris qu'ils ne réussiraient pas. Ils ont déjà compris que

notre peuple est plus fort et notre capacité de résistance plus tenace que

ce qu'ils avaient estimé. C'est pourquoi, ils continuent à massacrer des

enfants, des adolescents, des hommes et des femmes, citoyens israéliens et

ressortissants d'autres nationalités : des êtres humains, juste au nom du

meurtre, dans le but de tuer.

Je vous parle de Jérusalem, la capitale éternelle et réunifiée de l'Etat

d'Israël. Je m'adresse à tous ceux qui m'écoutent aujourd'hui en Israël et

dans le monde entier : celui qui tentera de nous tuer, sera responsable de

sa propre mort.

De même que les Etats-Unis se battent de toutes leurs forces dans leur

guerre contre le terrorisme, nous nous battons avec force, détermination,

par tous les moyens possibles et à partir de maintenant nous userons de

nouvelles ressources qui sont à notre disposition.

Ne vous laissez pas séduire pas de fausses prophéties et ne croyez pas ceux

qui vous promettent des résultats immédiats. Cette lutte ne sera pas facile,

cette lutte sera longue, cette lutte fera sans doute encore des victimes,

mais nous vaincrons.

Israël ne prend jamais l'initiative de la guerre. Cette guerre terroriste,

comme les guerres du passé, nous a été imposée. Nous savons qui nous l'a

imposée et qui en est le responsable : c'est Yasser Arafat. Il a fait un

choix stratégique en optant pour le terrorisme, en essayant d'obtenir des

résultats politiques par le biais du meurtre, en permettant le carnage

impitoyable d'innocents civils. Arafat a choisi la voie du terrorisme.

Pendant longtemps, le monde n'arrivait pas à saisir la vraie nature

d'Arafat. Mais dernièrement, un changement drastique s'est opéré et le monde

nous comprend mieux maintenant qu'Arafat apparaît sous son vrai jour.

Arafat est le plus grand obstacle à la paix et à la stabilité au

Proche-Orient. C'était ainsi dans le passé et il en est de même aujourd'hui

; malheureusement, l'avenir ne s'annonce pas bien différent. Mais Arafat ne

parviendra pas à duper notre gouvernement. Cette fois-ci, Arafat ne pourra

pas nous tromper.

Il faut que les Palestiniens comprennent que la situation actuelle créée par

Arafat leur est nuisible à eux avant tout.

Je m'engage à poursuivre les instigateurs du terrorisme, ainsi que les

exécutants et leurs collaborateurs. Nous les poursuivrons jusqu'à leur

capture et ils paieront le prix de leurs exactions.

Aujourd'hui, dès mon retour, j'ai réuni de façon urgente les responsables de

tous les services de sécurité. Dans quelques minutes, le gouvernement se

réunira en réunion extraordinaire dans le but de prendre des décisions sur

les manières de réagir au terrorisme.

L'endroit n'est pas approprié pour parler des voies dont nous allons

débattre. J'estime simplement que les décisions que nous prendrons

aujourd'hui exigent une réunion spéciale du gouvernement.

Je siège à la tête d'un gouvernement d'union nationale. Nous nous trouvons

dans une situation d'urgence et l'importance d'un tel gouvernement est

primordiale, un gouvernement qui est le représentant de tout le peuple

israélien.

Nous relèverons ensemble tous les défis qui nous attendent.

 

Réunion spéciale du cabinet

Jérusalem, le 4 décembre 2001

Communiqué du Secrétaire du gouvernement:

 

1. Le gouvernement décrète que les attentats cruels et meurtriers du

dernier week-end illustrent le manque d'inhibitions de nos ennemis et nous

obligent à agir avec plus d'ampleur que par le passé contre le terrorisme

palestinien.

2. Suite à la décision de la commission ministérielle pour la sécurité

nationale du 17 octobre 2001, le gouvernement décrète que l'Autorité

palestinienne est une entité qui soutient le terrorisme et qu'il faut agir

en conséquence.

La commission ministérielle pour la sécurité nationale est compétente pour

décider des mesures opérationnelles à prendre (militaires, politiques,

économiques et informatives). Cette décision pourra être modifiée par le

gouvernement si l'Autorité palestinienne respecte ses engagements,

conformément aux accords qu'elle a signés, concernant la prévention du

terrorisme, la condamnation de leurs exacteurs et le démantèlement de

l'infrastructure terroriste.

3. En vertu de l'autorité qui lui est conférée par l'article 8 des

règles de prévention du terrorisme, le gouvernement déclare le Tanzim et la

garde présidentielle organisations terroristes et ajoute qu'il faudra agir

en conséquence.

4. Le cabinet ministériel- ou une équipe ministérielle plus large, selon la

décision du Premier ministre, qui inclura le ministre de la Défense et le

ministre des Affaires étrangères- continuera à prendre des mesures

opérationnelles dans le cadre de la guerre contre le terrorisme.

5. L'information israélienne se concentrera sur le fait que Yasser Arafat

est responsable du terrorisme émanant des territoires qui sont sous son

contrôle.

Le gouvernement prend note des décisions prises aujourd'hui par le cabinet.

 

Le 3 décembre 2001

Arafat mène son peuple à la catastrophe

Par le Président Moshé Katsav

Article paru le 3 décembre 2001 dans le Jérusalem Post

Le peuple israélien vit une période difficile et frustrante à la fois. L’Autorité palestinienne agit avec un terrorisme croissant. Nous sommes forts et nous ne considérons pas le peuple palestinien comme notre ennemi ; nous n’avons aucun intérêt à un affrontement militaire ou à une escalade de la violence.

Le peuple palestinien a obtenu des acquis historiques grâce aux négociations et en reprenant les pourparlers, il obtiendra des acquis supplémentaires. Malgré cela, l’Autorité palestinienne poursuit son incitation à la violence et ne fait rien pour empêcher les attentats terroristes.

Lors des accords d’Oslo en 1993, le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat s’est engagé à abandonner le terrorisme, mais n’a pas changé son approche stratégique et continue à considérer le terrorisme comme un moyen d’atteindre ses objectifs diplomatiques.

Israël a montré qu’il était prêt à faire de douloureuses concessions. Pourtant, Arafat est insensible à la souffrance des Palestiniens. Il n’attribue aucune valeur à la vie humaine et au lieu de mener le peuple palestinien vers des résultats positifs, il les mène à la catastrophe.

Des questions et des doutes ont émergé parmi les Israéliens quant à la possibilité d’obtenir un accord avec Arafat. Il est responsable du sang versé et c’est pour cette raison qu’il ne peut être partenaire dans le processus de paix.

L’Etat d’Israël a pleinement le droit de se défendre et d’empêcher que soit versé le sang de ses citoyens et habitants.

La lutte contre le terrorisme, comme l’a montré les Etats-Unis, dirigeant du monde libre, est une lutte légitime. Le terrorisme n’a aucune légitimité, mais le combattre est vital.

Le succès d’actes terroristes à un endroit précis mène à l’éruption de la terreur dans d’autres endroits. Si, par malheur, le terrorisme palestinien était vainqueur dans notre région, aucun endroit au monde ne serait plus sûr. Aucune nation au monde n’est à l’abri du terrorisme.

Arafat préfère suivre les extrémistes de son camp sur le chemin de la violence plutôt que de mener les Palestiniens vers une meilleure voie. Il est irresponsable et met en danger toute la région.

La communauté internationale est capable d’user de son influence pour qu’Arafat mette un terme à la violence. Les nations du monde libre, surtout l’Europe qui entretient des relations cordiales avec l’Autorité palestinienne, et les Etats arabes, doivent faire comprendre à Arafat que les actes terroristes, le meurtre d’enfants, de femmes et de personnes âgées n’ont aucune légitimité, et que l’Europe n’acceptera en aucun cas que de tels actes aient un aboutissement diplomatique ; un tel comportement pourrait mener à la rupture de leurs relations.

C’est à eux également d’affirmer que tant que le terrorisme persistera, la communauté internationale n’entretiendra pas de relations diplomatiques avec Arafat. Je pense qu’une telle position sera utile et efficace et que le leader palestinien prendra alors des mesures concrètes pour mettre fin au terrorisme.

Arafat tient simultanément deux discours. En dépit de ses promesses, le personnel de sécurité palestinien, dont il est directement responsable, était impliqué dans des attentats. Il n’y a pas de cycle de violence au Proche-Orient. C’est le camp palestinien qui est l’instigateur des actes de violence.

Israël est prêt à tout moment pour un cessez-le-feu. Israël n’a aucunement l’intention de punir le peuple palestinien ou de se venger sur lui, mais veut simplement protéger ses citoyens et habitants en empêchant le terrorisme. Dès que le terrorisme aura cessé, les barrages et les liquidations de terroristes ne seront plus nécessaires.

J’appelle les leaders du monde libre, et l’Europe particulièrement, et leur demande de se joindre à nous pour lutter contre le terrorisme. J’appelle le peuple israélien à rester unis, à continuer à faire preuve d’un esprit de persévérance, d’unité, de résistance et de confiance. Notre manière d’agir est juste et c’est pour cette raison que nous vaincrons.

 

Dimanche 2 décembre 2001 Un triple attentat qui a eu lieu Samedi 1 décembre vers minuit au centre de Jérusalem a fait 10 morts et 180 blessés, dont 13 dans un état critique.
 
A 23:45 un premier kamikaze palestinien se fait sauter au coin de la rue Ben Yehouda et la rue Lunz. Quelques secondes plus tard, un deuxième kamikaze explose à 40 mètres de là, sur la rue Ben Yehouda, vers la Place Zion (Kikar Tsion). Peu après minuit, lorsque les ambulances, les secouristes et la police étaient arrivés sur les lieux, une voiture piégée explose rue du Rav Kook, de l'autre côté de la Place Zion.
 
Le numéro d'urgence ( pour des informations concernant les blessés uniquement):
 
Mairie de Jérusalem : (00-972-2-) 5314600
 
Les noms des victimes ont été publiés dimanche 2 décembre:
 
Yuri Korganov, 20 ans, de Ma'aleh Adoumim
Joseph El Ezra, 18 ans, de Jérusalem
Gaï Ouaknin, 19 ans, de Jérusalem
Golan Tourdjman, 15 ans, de Jérusalem
Assaf Avitan, 15 ans, de Jérusalem
Adam Weinstein, 14 ans, de Guivon
Moshe Yedid Levy, 19 ans, de Jérusalem
Nir Haftzadi, 19 ans, de Jérusalem
Mickaël Moshe Dahan, 20 ans, de Jérusalem
Israël Yaakov Danino, 17 ans, de Jérusalem
                           
 
(photos Associated Press et Reuters)
 
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Dimanche 2 décembre vers midi, une explosion a éventré un bus de la ligne 16 qui circulait sur le pont de la rue Hagiborim à Haïfa
Le bilan de ce nouvel attentat suicide est de 16 morts et 40 blessés, dont 10 dans un état extrêmement grave.
 
Numéro d'urgence de la Mairie de Haïfa: 1212-466-106
 
 האוטובוס בחיפה (צילום: ערוץ 1)            
(photo 1ère Chaîne - Télévision israélienne)                                  (photo Ha'aretz)
 
 
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Un civil israélien est mort et 5 autres ont été blessés lorsque leur voiture a été mitraillée par des palestiniens , dimanche matin (2 décembre), près de Eley Sinaï dans le nord de la Bande de Gaza. La victime est  Dr. Baruch Singer, 51 ans, de Guédéra. Singer a pu appeler son épouse par son téléphone portable après avoir été touché, mais les terroristes se sont approché de sa voiture et l'ont achevé à bout portant.
 
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dimanche 2 décembre 2001, 13h04

 

Jacques Chirac condamne les attentats ''odieux'' commis en Israël

RABAT (AP) -- Jacques Chirac a exprimé dimanche son ''immense émotion'' après les attentats meurtriers perpétrés ce week-end en Israël qu'il a condamné ''sans réserve'', et a estimé que seule la ''reprise d'un dialogue'' entre Israéliens et Palestiniens pourrait permettre d'interrompre ''cet engrenage de violence dramatique''.

''Je voudrais dire mon immense émotion une fois de plus devant des attentats odieux que rien, rien ne peut justifier ou expliquer, et que je condamne comme tout le monde sans réserve'', a déclaré le président français sur France 3, depuis Rabat, dernière étape de sa tournée éclair au Maghreb.

''Mais cet engrenage de violence dramatique doit être interrompu et ne pourra l'être que par la reprise d'un dialogue entre Israéliens et Palestiniens, un dialogue qui s'impose'', a ajouté le chef de l'Etat, avant de conclure: ''il n'y aura pas de sécurité sans un dialogue, sans un progrès vers la paix''.

Lionel Jospin: "condamnation totale"

PARIS  (AFP) - Le Premier ministre français Lionel Jospin a affirmé dimanche que le triple attentat de Jérusalem "appelait une condamnation totale" au moment "où de nouveaux efforts diplomatiques se déploient pour mettre fin à une tension de plus en plus meurtrière et recréer les conditions du dialogue".

"Ces efforts doivent se poursuivre sans relâche et la France reste prête à tout mettre en oeuvre pour contribuer à leur succès", ajoute dans un communiqué M. Jospin, qui adresse aux autorités israéliennes et aux familles des victimes "l'expression de (sa) profonde sympathie".

 

dimanche 2 décembre 2001

Les réactions dans le monde

ROME (AFP) - L'Italie a condamné fermement les très graves attentats suicide qui ont à nouveau endeuillé le Proche Orient samedi et dimanche, et lancé un appel à l'Autorité palestinienne pour qu'elle punisse les responsables et fasse cesser la violence.

"C'est un acte d'une violence insensée qui a encore une fois détruit la vie de victimes innocentes et qui mine les efforts de paix dans lesquels l'Italie est fortement impliquée", a déclaré le ministre des Affaires étrangères Renato Ruggiero dans un communiqué diffusé à Rome.

"L'Italie en appelle à l'Autorité palestinienne pour qu'elle punisse les responsables du massacre et mette fin à la violence", a ajouté M. Ruggiero. Il a par ailleurs transmis ses "profondes condoléances" à son homologue israélien Shimon Peres et formulé l'espoir que "ces actes sanglants exécrables n'alimentent pas une nouvelle spirale d'affrontements".

BERLIN - Le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer a appelé Yasser Arafat à "faire tout son possible pour mettre un terme à la terreur". "Les instigateurs de la terreur doivent être emprisonnés et traduits en justice", a déclaré M. Fischer dans un communiqué dans lequel le "gouvernement allemand condamne les terribles attentats suicide".

"Il faut mettre un terme à la terreur de manière durable. Seulement ainsi peut être ouverte la voie à des solutions politiques au Proche-Orient. Le gouvernement allemand appelle les deux parties, malgré cette nouvelle terrible escalade de la violence, à soutenir de toutes leurs forces la mission d'intermédiation américaine et ne pas lui faire échec"

BRUXELLES - Le président de la Commission européenne Romano Prodi a exprimé dimanche sa "ferme condamnation des attentats terroristes odieux" commis samedi à Jérusalem et dimanche à Haïfa, dans un message de condoléances adressé au Premier ministre israélien Ariel Sharon.

"Une fois de plus, la Commission européenne entend manifester clairement son rejet total de tout acte de terrorisme et souligne l'urgence d'une reprise du dialogue afin de restaurer la paix", déclare M. Prodi, qui adresse ses condoléances aux victimes, à leurs familles et au peuple d'Israël.

La présidente du Parlement européen Nicole Fontaine s'est déclarée "particulièrement indignée par (la) série d'attentats" en Israël "dont une nouvelle fois ont été victimes des civils innocents". "Il est indispensable que l'Autorité palestinienne fasse tout ce qui est en son pouvoir pour neutraliser les groupes qui se livrent à ces attentats monstrueux", a déclaré Mme Fontaine dans un communiqué. Pour la présidente du PE, "Israël doit également éviter tout recours au cycle attentats-représailles". "Le dialogue peut paraître impensable en ces moments dramatiques, il est pourtant la seule issue", ajoute Nicole Fontaine.

BRUXELLES (AP) -- L'Union européenne a exprimé dimanche ''sa plus grande révulsion'' et condamné ''avec fermeté'' les attentats perpétrés au cours du week-end à Jérusalem et Haïfa dans le nord d'Israël.

Dans un communiqué, la présidence belge de l'UE appelle l'Autorité palestinienne ''à tout mettre en oeuvre pour arrêter et traduire en justice les auteurs de ces actes ignobles et pour en prévenir la répétition''. Elle ''engage les parties à s'atteler sans délai et résolument à la reprise d'une coopération sécuritaire effective en vue de désamorcer le cycle de la violence''.

''La présidence affirme la ferme intention de la communauté internationale de ne pas permettre à l'extrémisme et au terrorisme de saborder les efforts diplomatiques en cours qui visent à relancer le processus politique au Proche-Orient'', ajoute le communiqué.

La présidence rappelle ''la déclaration du 13 août par laquelle l'Union européenne a exprimé son rejet absolu des actes de terreur, et en particulier ceux qui ont pour cible des civils innocents''.

MOSCOU - La Russie a exprimé son "indignation" et appelé le leader palestinien Yasser Arafat à faire arrêter les responsables de ces attaques.

Le porte-parole en chef du ministère des Affaires étrangères russe, Alexandre Iakovenko, a déclaré que ces attentats ont "provoqué de la douleur et de l'indignation" en Russie et appelé les leaders palestiniens à "prendre des mesures efficaces pour contenir les extrémistes."

Il a insisté sur le fait que les responsables de ces attaques devaient être "arrêtés et présentés devant la justice. Les réseaux terroristes et ceux qui les poussent à l'action doivent être stoppés".

CITE DU VATICAN - Le pape Jean Paul II a exprimé sa "douleur et son inquiétude" après les attentats commis au Proche Orient, dans sa prière de l'Angelus récitée au balcon de Saint-Pierre.

Devant plusieurs milliers de fidèles, le pape a rappelé que le 2 décembre coïncide avec le premier de dimanche de l'Avent, période qui dans la liturgie religieuse chrétienne précède la fête de Noël. "L'Avent est synonyme d'espérance (...)", a dit le pape, avant de reprendre un récit biblique prophétisant la paix.

"Ces paroles contiennent une promesse de paix qui est plus que jamais actuelle pour l'humanité, et en particulier pour la Terre Sainte d'où arrivent encore aujourd'hui malheureusement des nouvelles douloureuses et inquiétantes", a-t-il souligné.

LE CAIRE - Le président égyptien Hosni Moubarak a déploré les attentats meurtriers de Jérusalem et exhorté Israël et les Palestiniens à "cesser les actes militaires et de représailles, pour prévenir une effusion de sang".

"L'Egypte condamne tous les actes de violence réciproque qui prennent les innocents pour cible, et demande de cesser les actes militaires et de représailles, pour prévenir une effusion de sang", a déclaré dimanche Moubarak à l'agence de presse égyptienne MENA.

"Nous déplorons les attentats, et compatissons avec les familles des victimes. Nous déplorons que ces événements interviennent au moment où nous appelons à des efforts internationaux pour reprendre les négociations entre les deux parties", a-t-il ajouté.

Le dirigeant égyptien, qui joue depuis plusieurs années le rôle d'intermédiaire entre les Palestiniens et Israël, pays avec lequel l'Egypte a signé la paix en 1979, a souligné "la nécessité de s'opposer aux tentatives visant à saper les efforts de paix".

"Il n'y a pas d'autre solution que celle d'un retour aux négociations et au dialogue", a redit M. Moubarak. Il a estimé nécessaire que "tous prennent leurs responsabilités, pour se conformer aux aspirations de la communauté internationale, qui visent à parvenir à la sécurité et à la stabilité pour les deux peuples palestinien et israélien".

AMMAN - Le ministre jordanien des Affaires étrangères Abdel Ilah Khatib a dénoncé dimanche, les actes de violence contre des civils, estimant que de tels actes ne menaient à rien, si ce n'est à plus de violence.

"La Jordanie, qui dénonce les attentats contre des civils, est désolée face à ce nombre de pertes humaines ainsi que face à toutes les pertes qui ont eu lieu depuis quatorze mois", soit depuis le début de l'Intifada, le 28 septembre 2000, a déclaré M. Khatib.

De tels actes "n'aboutiront en aucun cas à des résultats positifs pour aucune des parties, car la violence ne mène qu'à plus de violence", a déclaré M. Khatib. Le ministre jordanien a insisté sur le fait que "seule des négociations sérieuses entre Palestiniens et Israéliens garantiront les droits et la sécurité des deux parties".

 

GAZA  - La direction palestinienne a condamné "fermement", dimanche, l'attentat perpétré à la mi-journée dans un bus à Haïfa dans le nord d'Israël et a entamé une réunion d'urgence à la suite de cette attaque.

"Nous condamnons fermement l'attentat contre le bus israélien à Haïfa et tous les actes qui visent des civils", a déclaré le secrétaire du gouvernement, Ahmad Abdelrahmane. Il a ajouté que la direction tenait une réunion "sous la direction du président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat à Ramallah en Cisjordanie, pour prendre des décisions importantes à la suite des explosions à Jérusalem et Haïfa".

La réunion regroupe la direction palestinienne, formée des membres du gouvernement palestinien et du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (CEOLP), et les hauts responsables de la sécurité.

 

Le vendredi 30 novembre 2001

>

> L'Autorité palestinienne pratique la torture, selon une organisation de

> défense des droits de l'homme

>

> JERUSALEM (AP) -- L'organisation de défense des droits de l'homme Human

> Rights Watch (HRW) a accusé l'Autorité palestinienne de pratiquer la

> torture sur ses prisonniers et de ne pas leur accorder un procès

> équitable, selon un rapport publié vendredi.

>

> Des responsables de l'Autorité palestinienne n'avaient dans l'immédiat

> aucun commentaire à faire sur ce rapport.

>

> Selon HRW, quelque 450 Palestiniens, dont la plupart sont soupçonnés de

> collaboration avec Israël, sont détenus sans procès et certains d'entre

> eux sont soumis ''à une utilisation routinière de la torture''. Plusieurs

> d'entre eux en sont morts.

>

> Ce rapport de 50 pages accuse l'administration de Yasser Arafat d'avoir

> ''sérieusement ébranlée l'indépendance de la justice et l'autorité de la

> loi''. Selon cette enquête, au moins dix membres des forces de sécurité

> agissent ''au-dessus de la loi'', sans tenir compte des décisions des

> tribunaux de relâcher les prisonniers.

 

Le 30 novembre 2001

Sharon : "Les Palestiniens sont en train de rater une occasion exceptionnelle"

Haaretz, 30 novembre 2001

Par Aluf Ben

Ariel Sharon a rencontré les directeurs des rédactions de la presse

israélienne jeudi 29 novembre à la Maison des Journalistes de Tel Aviv, et a

déclaré que si un accord diplomatique serait conclu avec les Palestiniens,

il reconnaitrait le futur gouvernement palestinien. Il a souligné que la

voie vers un accord de paix définitif passe nécessairement par une série

d'accords intérimaires. "Il est difficile d'être Juif, a-t-il dit, mais il

est également difficile d'être Palestinien. Je pense que les Palestiniens

sont en train de rater une occasion exceptionnelle.Je suis parmi les seuls

qui peuvent mener à un accord de paix. Faire la paix est douloureux presque

comme faire la guerre. Ca ne sera pas simple, de regarder le public droit

dans les yeux, mais je crois que je peux le faire."

Parlant de la situation diplomatique, Sharon a lancé aux journalistes: "la

situation est bien meilleure que ce que certains d'entre vous laissent

entendre dans leurs journaux".

Et d'ajouter qu'il a trouvé la manière de "s'occuper du terrorisme".

(...)

Lorsqu'on lui a demandé ce qu'Israël avait l'intention de faire au cas ou

l'Irak l'attaquerait, Sharon n'a pas répondu et s'est contenter de dire

qu'il n'allait donner des leçons aux Américains sur ce qu'il fallait faire.

 

Le vendredi 30 novembre 2001

 

Un attentat-suicide en Israël éloigne encore les espoirs de paix

Par Michele Gershberg

 

JERUSALEM (Reuters) - La mission de paix américaine au Proche-Orient a vu

ses espoirs de parvenir à une trêve largement refroidis par un nouvel

attentat-suicide, qui a fait quatre morts jeudi dans le nord d'Israël.

L'attentat, perpétré par un Palestinien qui s'est fait exploser à bord un

autocar près d'Hadera, a été revendiqué par les Brigades des martyrs

d'al-Aksa, une faction proche du Fatah de Yasser Arafat.

Ce nouvel acte meurtrier s'est produit au moment où l'émissaire américain

Anthony Zinni rencontrait des responsables de la sécurité palestiniens pour

discuter des moyens de mettre un terme à 14 mois de violences ayant provoqué

la mort d'au moins 729 Palestiniens et de 196 Israéliens.

Dans un message publié dans la soirée, l'émissaire a "condamné

vigoureusement" l'attentat d'Hadera.

"J'ai présenté mes condoléances personnelles au Premier ministre Sharon",

écrit Zinni. "Ces odieuses attaques terroristes doivent cesser maintenant si

on veut créer un environnement conduisant à la paix."

Avant de partir pour les Etats-Unis, où il doit rencontrer George Bush lundi

prochain, Ariel Sharon a accusé le président palestinien Yasser Arafat

d'être "directement responsable" des derniers attentats commis contre des

Israéliens.

"Au cours des dernières 48 heures, depuis que la visite (de Zinni) a

commencé, nous avons eu sept morts et plus de 50 blessés. Nous considérons

Arafat comme directement responsable des actes de meurtre et de terreur et

nous agirons de manière à ce que prennent fin ces actes de terreur", a-t-il

affirmé.

L'Autorité palestinienne, qui a condamné l'attentat de Hadera, s'est

prononcée "en faveur de l'arrêt de tous types d'attentats contre les civils

israéliens."

"Nous demandons aux Israéliens de cesser leurs attaques et leurs

assassinats, qui ne font qu'aggraver la tension", a déclaré un porte-parole

de l'Autorité.

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"La résistance continuera"

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La police était jeudi soir à la recherche de suspects dans un camp de

réfugiés proche de Djénine, en Cisjordanie, a-t-on indiqué de source

palestinienne.

"Les attaques terroristes de ce jour sont le moyen par lequel l'Autorité

palestinienne sape la mission de paix du général Zinni. Il s'agit d'une

escalade claire et nette parce que ces derniers jours, nous avons assisté à

des efforts concertés de la part d'organisations terroristes pour frapper à

l'intérieur d'Israël et faire autant de victimes que possible", a estimé

pour sa part le porte-parole du gouvernement israélien Avi Pazner.

L'attentat-suicide d'Hadera a été commis à proximité d'une base militaire de

la banlieue de la ville. L'explosion a soulevé le toit du car et réduit sa

carrosserie à l'état de squelette de métal.

Un haut responsable du Hamas, Abdel Aziz al-Rantissi, a accusé Israël d'être

à l'origine de la colère des Palestiniens et du regain de violence de ces

derniers mois.

"L'unique source de la résistance est l'occupation (israélienne) et sa

politique d'assassinat et aussi longtemps que l'occupation durera, la

résistance continuera", a-t-il déclaré à Reuters depuis Gaza.

Sharon a envisagé d'annuler son voyage aux Etats-Unis avant de se raviser,

affirmant qu'Israël ne négocierait pas avec Arafat tant que la violence

durerait. Le Premier ministre insiste pour que la mise en oeuvre du

processus de relance du dialogue proposée par la commission Mitchell soit

précédée d'une période de calme de sept jours.

Le secrétaire d'Etat Colin Powell a affirmé pour sa part qu'il saurait faire

preuve de patience et que la médiation américaine déboucherait "en temps

voulu" sur un calendrier de relance du processus de négociations.

"Je ne suis pas pressé. Zinni est tenace et patient. Nous allons tenter

d'avancer à petits pas, bien réels et réciproques, et nous rapprocher de ce

cessez-le-feu", a assuré le secrétaire d'Etat.

 

 

Le vendredi 30 novembre 2001

 

Un attentat-suicide fait quatre morts dans le nord d'Israël

 

PARDES HANNA (Israël) (AFP) - Un attentat suicide dans un autobus,

revendiqué par le mouvement intégriste palestinien du Jihad islamique, a

fait quatre morts jeudi soir près de Pardès Hanna, dans le nord d'Israël,

portant à sept morts le bilan d'une journée sanglante et éloignant encore la

perspective d'un cessez-le-feu entre Israël et les Palestiniens.

"Un membre du Jihad islamique, Samir Abou Souleiman, âgé de 34 ans, du

village de Silat al-Harithiya, au nord de Jénine (Cisjordanie) a commis cet

attentat", a affirmé vendredi un interlocuteur anonyme au correspondant de

l'AFP à Naplouse.

Après avoir un instant envisagé d'annuler sa visite prévue aux Etats-Unis,

en raison de cet attentat, le Premier ministre israélien Ariel Sharon est

parti pour New York peu après minuit.

Dans une déclaration à la presse juste avant le décollage, M. Sharon a

accusé le président palestinien Yasser Arafat d'être "le responsable direct

des actes de terrorisme" perpétrés contre Israël et d'avoir "cyniquement

ordonné d'augmenter le niveau du terrorisme" depuis l'arrivée dans la

région, lundi, d'un émissaire américain chargé d'établir un cessez-le-feu,

le général Anthony Zinni.

Un porte-parole de M. Sharon, Avi Pazner, a même accusé M. Arafat de vouloir

"saboter la mission du général Zinni".

A minuit heure locale (22h00 GMT) l'Autorité palestinienne n'avait pas

encore officiellement réagi à cet attentat, la deuxième attaque perpétrée

contre des civils sur le sol israélien depuis mardi.

Mais le Comité central du Fatah, le mouvement de M. Arafat, a appelé les

Palestiniens dans la soirée, à l'issue d'une réunion à Ramallah

(Cisjordanie) en présence du président palestinien, à "respecter pleinement

le cessez-le-feu et à oeuvrer pour le calme et le succès" de la mission du

général Zinni, sans faire mention de l'attentat.

A Gaza, un haut responsable palestinien, qui a requis l'anonymat, a affirmé

que l'Autorité palestinienne "condamne le meurtre de civils, qu'ils soient

israéliens ou palestiniens".

Mme Tzippi Livni, ministre israélien sans portefeuille, avait rejeté par

avance avec mépris toute condamnation palestinienne. "Ils mentent", a-t-elle

dit à l'AFP, "leur attitude, c'est 'tuons-les à cinq heures et condamnons

l'attentat à six heures'".

Pour sa part, le général Zinni a immédiatement "condamné avec force

l'attentat terroriste" de Pardès Hanna.

Il était 20h30 heure locale (18h30 GMT) lorsqu'une formidable explosion a

ébranlé l'autobus numéro 823, qui reliait Nazareth, en Galilée, la plus

grande ville arabe d'Israël, à la ville côtière de Hadéra.

Le véhicule, qui roulait alors en rase campagne, se trouvait à quelques

kilomètres de la ville de Pardès Hanna, au nord-est de Hadéra, à hauteur

d'une base militaire.

Un correspondant de l'AFP a vu le corps d'une des trois victimes qui pendait

d'une fenêtre du bus, dont le toit avait été éventré par le souffle de

l'explosion.

Selon des témoins, le kamikaze aurait été décapité par l'engin explosif

qu'il portait. Un responsable de la police a indiqué que l'un des corps

retrouvés sur les lieux, visiblement celui de l'auteur de l'attentat, "était

entouré des restes d'une ceinture d'explosifs". L'attentat a également fait

au moins six blessés, dont la vie n'était toutefois pas en danger.

Quelques heures plus tôt, deux Palestiniens avaient été tués par des soldats

à un barrage de l'armée israélienne à l'est de Naplouse.

Peu après, un soldat israélien décédait des suites de ses blessures après

avoir été blessé par balles en compagnie d'un autre Israélien aux abords de

la localité palestinienne de Baka al-Charkieh.

Les sept nouveaux morts de jeudi portent à 1.006 le nombre des personnes

tuées depuis le début de l'Intifada, il y a 14 mois, dont près de 800

Palestiniens et 197 Israéliens.

Une rescapée de l'attentat de Pardès Hanna, une jeune Arabe israélienne

résidant à Nazareth, a raconté depuis son lit d'hôpital que le kamikaze, "un

jeune homme qui avait l'air aimable", était monté à bord de l'autobus à Oum

el-Fahem, "où sont restés les deux hommes qui l'accompagnaient".

Oum el-Fahem, en Galilée, juste au nord de la Cisjordanie, est l'une des

principales villes arabes israéliennes et un bastion islamique.

On ignorait toujours jeudi soir si le kamikaze était un Palestinien des

territoires ou un Arabe israélien. Dans cette dernier hypothèse, il

s'agirait du deuxième Arabe israélien auteur d'un attentat suicide.

 

Le 23 novembre 2001

 

                                       ''Rien n'a changé''

Entretien avec Benny Morris

 

 

 Le quotidien Yedioth Aharonot  du 23 novembre a  publié dans son  supplément « 7 jours » un article sur l’historien Benny Morris, un des pères fondateurs des nouveaux historiens ainsi qu’un entretien intitulé « Rien n’a changé.»

 

Voici quelques extraits de l’article et de l’entretien :

 

Le public de l’institut théologique de Berkeley pensait savoir à quoi s’attendre. On  lui avait promis une conférence sur le processus de paix par le professeur Benny Morris, historien israélien, homme de gauche connu, qui même dans les universités raffinées d’Israël avait du mal à obtenir un poste, à cause de ses opinions inhabituelles, qui réfutent l’histoire officielle du sionisme. Berkeley est toujours le siège de la gauche et du radicalisme américain et tous les participants qui se trouvaient dans la salle étaient persuadés que l’orateur dirait exactement ce qu’ils avaient envie d’entendre : qu’Israël est responsable de tout, qu’elle est la puissance offensive et méchante, et que les Palestiniens sont les gentils. « Ils s’attendaient à entendre une conférence d’un universitaire anti-israélien », nous raconte Benny Morris dans un café de Jérusalem, ayant du mal à cacher son plaisir.

 

Mais M. Morris avait d’autres intentions. Il savait parfaitement ce qu’il réservait à ses auditeurs : une grande, très grande surprise. Depuis les années 30, a-t-il dit, les Palestiniens refusent obstinément tout compromis. Ils ont refusé le plan de partage de la Commission Peel en 1937 ( Etat juif sur 20 % du territoire de la Palestine dans les régions du Sharon et de la Galilée), ils ont rejeté le plan de partage de l’ONU en 1947 (Etat arabe sur 40 % du territoire), ils ne voulaient rien entendre du plan d’autonomie de Sadate et Begin (qui faisait partie de l’accord de Camp David et n’a jamais été appliqué) et ils se sont débrouillés pour ne pas accepter la généreuse proposition faite par Bill Clinton (95 % du territoire de Judée-Samarie). En bref, les Juifs ont toujours accepté, les Arabes toujours refusé, et la culpabilité incombe presque uniquement aux Palestiniens. Cela fait soixante-dix ans qu’ils font des erreurs historiques qui doivent être réparées.

 

Le mensonge des Palestiniens

 

Celui qui a eu du mal à trouver un emploi universitaire à cause de ses idées de gauche, dément le fait qu’il ait changé d’opinions. Il affirme avoir toujours pensé de la sorte, mais que personne ne le savait. Même quand il exprimait ses opinions, les journalistes préféraient ne pas le citer. Selon lui cela n’aurait pas été politiquement correct. Cependant, il avoue avoir engrangé beaucoup de colère contre les Palestiniens durant les deux dernières années. Car ils ont rejeté la proposition de Clinton. Barak aussi a commis des erreurs, mais elles étaient marginales. En gros, Barak avait accepté la généreuse proposition de Clinton, qui exigeait la cession de 95 % des territoires de Judée-Samarie et 100 % de la bande de Gaza ainsi que le partage de Jérusalem. D’ailleurs, en ce qui concerne Jérusalem, Morris n’est pas d’accord avec Barak ; il n’aurait pas accepté d’abandonner le Mont du Temple : « s’il y a un peuple qui doit avoir le contrôle du Mont du Temple, c’est nous. Mais une injustice s’est produite et deux mosquées ont été érigées il y a 1 400 ans sur les décombres du temple et les Arabes possèdent également une partie du Mont du Temple. J’accepterais un compromis selon lequel Juifs et Arabes auraient le contrôle du Mont du Temple, mais que seuls les Palestiniens aient le contrôle- pourquoi ? En quoi est-ce juste ? » De toutes façons, tout paraît insignifiant face à l’erreur de Yasser Arafat qui a rejeté la proposition de Clinton. Morris affirme que :  « à cause de leurs erreurs, nous payons en vies humaines, les nôtres et les leurs. »

 

Le droit au retour

 

Morris, l’homme qui a évoqué le sujet sur la place publique, a une idée toute arrêtée sur la question. Toute évocation du droit au retour est une catastrophe, une façon de détruire l’Etat d’Israël. Même si Arafat accepte qu’Israël reconnaisse uniquement sa responsabilité concernant le problème des réfugiés et même s’il renonce à l’exercice de ce droit, Israël doit refuser la proposition. « Si Israël se reconnaît responsable, des millions de personnes viendront exiger immédiatement leur portion de terrain. A partir du moment où il y aura un droit au retour, il y aura tentative d’exploitation et alors il n’y aura plus d’Etat d’Israël. Il n’y aura plus ici d’Etat juif. »

 

Question : Il a été question à Taba qu’Israël reconnaisse sa responsabilité quant au problème des réfugiés, sans que les réfugiés intègrent Israël, à part une petite minorité à propos de laquelle une décision devra être prise. Même ceci ne vous paraît pas concevable ?

Réponse : Les Palestiniens ont dit à Yossi Beilin être prêts à toutes sortes de formules concernant les réfugiés, mais ils lui mentent. Ils ne renonceront jamais au droit au retour. Ils ne peuvent se tourner vers leur peuple dans les camps de réfugiés et leur dire :  « nous avons renoncé à votre droit au retour. » Ils ne sont pas capables de cela.

 

Q : C’est pourtant ce qu’a affirmé Sari Nousseïba, responsable du dossier de Jérusalem auprès de l’Autorité palestinienne.

R : C’est une exception et je pense que de telles affirmations mettent sa vie en danger. Il ne fait pas partie des hauts responsables. Je n’ai pas entendu Mohamed Dahlan, Gibril Rajoub, Abou Ala et leurs semblables s’exprimer de la sorte. Et même s’ils acceptent ce genre de formule à un moment donné, une nouvelle génération dans dix ou vingt ans viendra leur dire qu’ils n’avaient pas le droit d’abandonner.

 

Q : Pourtant vous êtes la personne qui a révélé aux Israéliens leur responsabilité quant aux problème des réfugiés. Vous leur demandez maintenant de ne pas prêter attention à ce que vous leur avez révélé ?

R : J’ai révélé aux Israéliens la vérité sur les faits historiques qui se sont produits en 1948. Mais ce sont les Arabes qui ont commencé à se battre et à tirer. Alors pourquoi devrais-je en porter la responsabilité ? Ce sont les Arabes qui ont initié la guerre, ce sont eux les responsables.

 

Q : Cela signifie qu’il faut ignorer cette question dans le statut permanent ?

R : Il faut trouver une solution aux Palestiniens, mais nous ne devons pas reconnaître le droit au retour. Arafat et ses contemporains ne peuvent abandonner leur vision de tout Israël aux mains des Arabes. Parce que c’est une terre sainte pour l’Islam. Elle était dans le passé aux mains des Musulmans et il n’est pas envisageable que des infidèles comme nous habitions cette terre. Ceci étant, même si Arafat signe un accord, étant donné son comportement dans les deux dernières années, j’ai du mal à croire que lui ou ses successeurs le respecteront.

 

Q : Parce qu’ils sont Arabes ?

R : Non parce qu’ils sont Arabes, mais parce qu’ils ne comprennent pas que les revendications du camp adverse sont légitimes. Nous comprenons la légitimité de leurs requêtes. Avez-vous jamais entendu un dirigeant palestinien déclarer la légitimité de la revendication juive de tout Israël ? Je n’ai jamais entendu cela.

 

Une réalité fluctuante

 

C’est l’année dernière que Benny Morris est parvenu à cette reconnaissance  que le droit au retour empêcherait tout accord éventuel. Quand les pourparlers d’Oslo ont débuté, au début des années 90, il espérait que cela s’achèverait par un accord. Qu’il y aurait aussi une solution pour le droit au retour. A présent tout s’est évanoui. Le professeur de l’université de Beer-Sheva ressemble plus à un prophète de malheur de droite qu’à un partisan de gauche.

 

« Nous ne parviendrons pas à un compromis dans cette génération, dit-il, et je crains que nous n’arrivions jamais à un vrai accord permanent.  Le cœur de tout palestinien renferme le désir que l’Etat d’Israël n’existe pas. Chez de nombreux d’entre eux cela se traduit par quelque chose de plus fort qu’un simple désir. Selon eux, nous sommes la source de tous leurs problèmes et nous éliminer pourrait les sauver. Leur salut c’est toute la Palestine. »

 

Q : Ne comprennent-ils pas la réalité ? Ne comprennent-ils pas qu’ils essuient sans cesse des échecs à cause de ce refus de faire des compromis ?

R : Chaque peuple a sa façon de comprendre la réalité et leur réalité est très fluctuante. Ils sentent que la démographie finira par vaincre les Juifs dans cent ou deux-cents ans, comme les croisés. Et peut-être les Arabes auront-ils une arme atomique. Pourquoi accepter un compromis aujourd’hui, alors qu’il n’est pas juste à leurs yeux ?

 

Q : Et quand vous entendez des dirigeants palestiniens, comme Abou Mazen et autres, qui affirment être prêts à accepter Israël et à vivre avec, les croyez-vous ?

R : Pas vraiment. Je les crois quand ils applaudissent Ben Laden.

 

Le 22 novembre 2001

Etant donne que la Justice Belge s'est déclarée compétente pour poursuivre l'instruction contre Sharon, nous rediffusons ce document qui remet certaines choses dans le contexte de leur temps et que vous ne lirez nulle part ailleurs.

 

Sabra et Chatila replacés dans le contexte de l'époque
1.Le 13 avril 1975, un car transportant des Palestiniens et des Libanais musulmans passe par le quartier chrétien de Ain Roumaneh, à Beyrouth Est. Des membres des Phalanges (les Kata'eb, milice du parti chrétien Forces Libanaises: www.lebanese-forces.org) qui sortaient d'un meeting avec leur leader, Pierre Gemayel, ouvrent le feu.
On compte trente morts parmi les passagers du car. Cet incident meurtrier est considéré comme le début de la guerre civile libanaise.
 
2.Le 14 janvier 1976, après des mois de combats et accrochages sporadiques entre Chrétiens et Palestiniens, les Phalanges et les Gardiens des Cèdres prennent d'assaut le camp palestinien de Dbayeh (Beyrouth Est) et le détruisent complètement. Ils feront subir plus tard (30 juin) le même sort au camp voisin de Jisr Al Basha, puis au quartier musulman de Karantineh, près du port de Beyrouth. Des centaines de Palestiniens meurent au cours de ces offensives.
 
3.Le 9 janvier 1976, les palestiniens assiègent la petite ville chrétienne de Damour, à une vigntaine de kilomètres au sud de Beyrouth. Le 20 janvier, la ville est mise à feu et à sang, des centaines de civils chrétiens sont mutilés et massacrés, des cimetières et des églises sont profanés,  les 25,000 habitants  prennent la fuite. La ville fantome devient un quartier général de l'OLP.(voir récit complet: http://www.geocities.com/CapitolHill/Parliament/2587/damour.html)
 
4.Le 31 mai 1976, environ 6000 soldats syriens, accompagnés par des centaines de blindés et de pièces d'artillerie commencent à se déployer au Liban, avançant vers Beyrouth et Saida et repoussant les forces palestiennes dans les zones de Al Matan, Aley et Bahamdoun.
 
5.En janvier 1976, le grand camp palestinien de Tell Al Zaatar, à Beyrouth Est, est encerclé par les milices chrétiennes. Après un long siège et des bombardements,
les combattants palestiniens se rendent: le 11 août, avec la médiation de la Ligue Arabe, une trêve est signée. Mais ce même jour, alors que les combattants commençaient , en vertu de l'accord, à évacuer le camp, les Phalanges et la milice de Camille Chamoun pénètrent dans les lieux et ouvrent le feu de façon indiscriminée sur les civils. Plusieurs centaines de Palestiniens sont tués, le camp est entièrement rasé au bulldozer et rayé de la carte. L'armée syrienne veillait aux alentours.
Salah Halaf (Abou Iyad), numéro deux de l'OLP à l'époque, avait constaté, amer: "le vrai scandale avait été l'indifférence du monde arabe, ou aucun pays, ami ou hostile, n'avait protesté pour exercer quelques pressions, sinon sur les milices (chrétiennes),  au moins sur la Syrie qui les a cautionnées."
 
6.Le 14 septembre 1982, le Président du Liban et chef des Forces Libanaises, Bachir Gemayel, est assassiné par une bombe posée par un membre du Parti Syrien National et Social. Le 16 septembre, les Phalanges, dirigées par Eli Hobeika et Samir Geagea, entrent dans les camps de Sabra et Chatila et massacrent plusieures centaines de civils. Les leaders palestiniens accusent publiquement Israel. Cependant, six mois plus tard, le Centre de Recherche de l'OLP, dirigé par Sabri Jiris, présente à Arafat un rapport contenant le résultat de son enquête. Ce rapport accuse clairement et directement les Phalanges d'avoir commis le crime. Quant aux Israéliens, ce rapport note qu'ils auraient du empêcher le massacre s'ils avaient été mis au courant, mais qu'il s'avère que les soldats de Tsahal ne savaient pas ce qui se passait à l'intérieur des camps. Ces conclusions ont été publiées dans le mensuel du Centre, Shu'un Filastiniyeh (Affaires Palestiniennes), datant de mai 1983.
 
 
7.Arafat, qui a été chassé de Beyrouth  en septembre 1982 par l'armée israélienne, retourne au Liban et s'installe à Tripoli, dans le nord du pays. Le 9 mai 1983, les syriens déclenchent une rébellion armée au sein de l'OLP par le biais de leur allié Abou Moussa. Celui ci, fort du soutien actif de l'armée syrienne, mène une offensive contre les unités loyalistes d'Arafat jusqu'en septembre 1983, leur faisant subir de lourdes pertes. Assailli par les rebelles et les Syriens, Arafat est contraint de quitter
le Liban définitivement le 19 décembre 1983 par le port de Tripoli.
 
 
Aucun dirigeant palestinien, libanais ou syrien impliqué directement dans ces événements meurtriers n'a été inquiété par la justice, par les instances internationales ou par les associations de défense des droits de l'homme.

Nouvel Observateur N° 1933

Semaine du 22/11/2001 au 29/11/2001

Droits de l'homme

Justice belge à géométrie variable

_____

La Belgique, dont les tribunaux viennent de condamner quatre Rwandais pour

leur participation au génocide de 1994 et où le Premier ministre israélien,

Ariel Sharon, est cité à comparaître pour son rôle présumé dans les

massacres de Sabra et Chatila, réserve-t-elle les rigueurs de sa justice aux

seuls étrangers? La commission d'enquête du Parlement fédéral belge sur

l'assassinat de Patrice Lumumba vient en effet de conclure non pas au

«crime» mais à la seule «responsabilité morale» de l'Etat belge dans cette

sinistre affaire. Ses travaux ont pourtant permis de confirmer que Bruxelles

avait joué un rôle clé dans la chute de Lumumba et dans sa livraison à ses

bourreaux. Pire: elle a établi que le roi Baudouin lui-même était au courant

du projet d'élimination de Lumumba et qu'il n'avait rien fait pour s'y

opposer. D. P.

____________________________________________________________________________

___________________________________

* LE MONDE | 29.11.01 | editorial

 

L'édito du Monde

Edito : la conscience des députés

CE jeudi 29 novembre, une mission d'information de l'Assemblée nationale

rend son rapport d'enquête sur la tragédie de Srebrenica. C'est le nom de

cette enclave de Bosnie orientale où fut perpétré, en juillet 1995, l'un des

crimes les plus effroyables des dix ans de guerre qui ravagèrent les

Balkans. Srebrenica était une des "zones de sécurité" que l'ONU avait

instaurées en Bosnie pour y regrouper les populations musulmanes sous la

protection des casques bleus.

 

 

Assaillie durant plusieurs jours par les milices bosno-serbes de Radko

Mladic, Srebrenica est tombée le 11 juillet. Sans combat, sans résistance de

la population musulmane. Durant les jours qui suivirent, les miliciens

serbes "trièrent" la population : d'un côté les femmes et les enfants ; de

l'autre les hommes, de seize à plus de soixante ans. Les premiers furent

déplacés de force pour faire de la ville une zone "ethniquement pure". Les

seconds furent abattus, mitraillés par groupes ou tués d'une balle dans la

nuque, mains liées dans le dos. De 7 000 à 8 000 hommes auraient été

massacrés, sans défense, sans pouvoir esquisser la moindre révolte. Ils

avaient cru l'ONU ; elle avait garanti que les casques bleus les

protégeraient.

Or la Forpronu, la force de l'ONU chargée d'assurer la "sécurité" des zones

dites de "sécurité", n'a pas bougé. Les quelque 200 casques bleus

néerlandais postés à Srebrenica ont laissé faire. La Forpronu n'a à aucun

moment sollicité d'intervention aérienne pour dissuader Mladic. On savait

pourtant ce qui attendait les musulmans si les Bosno-Serbes s'emparaient de

la ville. On savait que le pire n'était pas à craindre : il était sûr.

Parce que la Forpronu était commandée par un Français, le général Bernard

Janvier, et parce que Paris était engagé en Bosnie, les députés ont voulu

faire la lumière sur d'éventuelles responsabilités particulières de la

France. Ils ont bien fait. Il faut les en féliciter. Après l'enquête de

l'Assemblée sur le Rwanda en 1998, ce rapport marque une saine et

souhaitable intervention des parlementaires dans la manière dont est menée

la politique étrangère de la France.

C'est un document de plus de mille pages sur des auditions conduites de

décembre 2000 à juin 2001. Nous en publions les principales conclusions

(lire page 19).De même que le ministère de la défense a longtemps interdit

aux officiers français de témoigner devant le TPI (veto décrété par

l'Elysée, levé par Matignon), il avait, cette fois, insisté pour que la

déposition du général Janvier soit faite à huis clos. Les députés ont passé

outre. Ils publient, à juste titre, les explications de l'ancien chef de la

Forpronu.

Leurs conclusions sont sévères pour la France. Elles peuvent être

incomplètes, trop radicales ici, trop laxistes là. Mais elles ont l'immense

mérite d'exister, de retracer les niveaux de responsabilité divers dans une

tragédie qui restera comme le symbole de la passivité occidentale devant des

crimes odieux commis à notre porte.

* ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 30.11.01

Document : la France et Srebrenica

http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3208--249090-,00.html

Massacres de Srebrenica : les députés concluent à un "échec de la France

http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3208--251176-,00.html

Des conclusions qui escamotent plusieurs moments cruciaux

http://www.lemonde.fr/article/0,5987,3208--251178-,00.html

vendredi 23 novembre 2001, 11h15

 

Près de six Israéliens sur dix favorables à la création d'un Etat palestinien, selon un sondage

JERUSALEM (AP) -- Une semaine après que le ministre israélien des Affaires étrangères a déclenché une tempête dans son pays en déclarant devant les Nations unies que son peuple était favorable à la création d'un Etat palestinien, un sondage est venu confirmer cette tendance vendredi.

Selon ce sondage Gallup publié par le quotidien ''Maariv'', près de six Israéliens sur dix (59)% sont favorables à la création d'un Etat palestinien tandis que 36% y sont opposés; 5% n'ont pas d'opinion.

Pour 73% des Israéliens interrogés, un Etat palestinien finira par exister, quelle que soit leur opinion à ce sujet.

Ce sondage a été réalisé auprès de 544 adultes israéliens et comporte une marge d'erreur de plus ou moins 4,5 points de pourcentage.

Les ministres de la ligne dure au sein du gouvernement d'Ariel Sharon avaient réclamé le départ de Shimon Pérès après le discours qu'il avait prononcé à l'Assemblée générale de l'ONU le 15 novembre dernier. ''Bien que ce ne soit pas encore une politique formelle du gouvernement d'Israël, il existe un soutien pour une indépendance palestinienne, un soutien pour un Etat palestinien'', avait déclaré Pérès.

vendredi 23 novembre 2001, 8h01

 

Une majorité d'Israéliens favorables à un Etat palestinien

JERUSALEM (Reuters) - Une majorité d'Israéliens est favorable à l'accélération du processus de paix et soutient la création d'un Etat palestinien, indique un sondage publié aujourd'hui, deux jours avant l'arrivée au Proche-Orient d'une nouvelle mission américaine.

 

Selon cette étude effectuée pour le quotidien Maariv, 55% des personnes interrogées souhaitent que les négociations avec les Palestiniens prennent un nouvel essor, malgré 14 mois de violence.

 

Vingt pour cent se déclarent en faveur de la guerre et 19% préfèrent le statu quo.

 

Sur les 544 personnes sondées, 59% sont favorables à un Etat palestinien, 36% sont contre et cinq pour cent ont refusé de répondre.

Opération contre un maître terroriste    (extraits du communiqué du Premier Ministre)

 Jérusalem, 24 novembre   ---   Dans la soirée du 23 novembre , le chef terroriste du Hamas, Mahmoud Abou  Hannoud , 34 ans, de Asira Shimalieh, a été tué par les forces de sécurité israéliennes à la suite d’une initiative opérationnelle près de Naplouse.

 Abou Hannoud, recherché depuis longtemps, était le commandant principal des opérations terroristes du Hamas ; il était personnellement impliqué dans une longue série d’attentats à la bombe contre des civils israéliens et il participait  à la coordination générale des opérations du Hamas en Cisjordanie. Il était  également responsable de la vague d’attentats suicide de juillet et septembre 1997 , au cours  de laquelle il avait orienté cinq kamikazes , ainsi que des attentats suicide de 1999 à Tibériade et à Haïfa .

 Abou Hannoud était aussi la principale main d’œuvre des attentats récents à la pizzeria Sbarro de Jérusalem et à la discothèque du Dolphinarium de Tel Aviv.

Quelques kamikazes interceptés dernièrement à Tul Karem par les forces de sécurité israéliennes avant qu’ils ne puissent passer à l’action  étaient également sous son contrôle. Abou Hannoud était occupé actuellement à préparer d’autres attentats.

(…)

samedi 24 novembre 2001, 14h36

 

Israël liquide l'un des chefs du Hamas

Photo
NAPLOUSE (AFP) - Israël est parvenu à abattre au terme d'une traque acharnée, Mahmoud Abou Hannoud, l'un des principaux chefs militaires du mouvement islamiste palestinien Hamas qui a promis samedi de faire payer à Israël le prix fort pour cet assassinat.

"Ce qui s'est passé est une escalade dangereuse. La réponse sera dure et imminente", a déclaré à l'AFP Ismaïl Abou Chanab, membre du bureau politique du Hamas.

Les brigades Ezzedine Al-Qassam (la branche armée du Hamas) ont elles aussi annoncé une riposte contre Israël assurant dans un communiqué "que l'ennemi va payer le prix de ses crimes contre nos combattants".

"Ce nouveau crime confirme que l'ennemi poursuit sa politique d'assassinats, malgré tout ce qui a été dit à propos d'un cessez-le-feu", indique le texte.

Mahmoud Abou Hannoud, et deux de ses lieutenants, ont été tués vendredi soir près de Naplouse par des missiles tirés par des hélicoptères israéliens.

(...) 

Israël a endossé dans un communiqué officiel la responsabilité de l'assassinat d'Abou Hannoud et de ses deux compagnons.

Traqué par Israël, Abou Hannoud, avait échappé à deux reprises à la mort : une première fois en août 2000, soit un mois avant le déclenchement de l'Intifada, alors qu'une unité d'élite israélienne était lancée à ses trousses, puis le 18 mai dernier, il avait survécu à une attaque de chasseurs bombardiers israéliens F16 sur la prison de Naplouse où il était détenu.

Mais vendredi soir, selon des témoignages palestiniens, après avoir réussi à s'échapper de la voiture visée par les hélicoptères israéliens, Abou Hannoud a finalement été déchiqueté par un des missiles tirés directement sur lui.

Israël accusait Abou Hannoud d'être à l'origine des deux attentats suicide anti-israéliens les plus meurtriers depuis le début de l'Intifada : celui contre la discothèque Dolphinarium de Tel Aviv, le 1er juin, et celui contre la pizzeria Sbarro à Jérusalem, le 9 août, qui ont fait 36 morts outre leurs deux auteurs, et plus de cent blessés.

Pour Avi Pazner, porte-parole du Premier ministre israélien Ariel Sharon, la liquidation d'Abou Hannoud est "l'un des plus grands succès de la lutte anti-terroriste menée par Israël".

"Mahmoud Abou Hannoud était l'un des plus dangereux terroristes, sans doute le plus dangereux. Il figurait en tête de toutes les listes que nous avons transmises aux Palestiniens. Nous le traquions depuis longtemps et cela même avant le début de l'Intifada", a indiqué M. Pazner.

Le chef de la diplomatie israélienne Shimon Peres a qualifié pour sa part l'assassinat d'Abou Hannoud "d'acte de légitime défense par excellence".

"Cet homme était un assassin invétéré. Il était responsable de la mort de beaucoup d'innocents et il planifiait de nouvelles tueries. Israël n'avait pas d'autre choix que de se défendre", a-t-il dit.

MM. Peres et Pazner ont aussi estimé que cet assassinat n'aurait pas de conséquences sur la visite des deux émissaires américains.

"On ne peut arrêter le terrorisme sans s'en prendre aux terroristes ou essayer de les empêcher de perpétrer des actes terroristes. Les Américains, je pense, en ont eu l'expérience en d'autres lieux", a déclaré M. Peres faisant référence à la guerre que les Américains mènent en Afghanistan après les attentats du 11 septembre.

 
 

 

Le Hamas, principal mouvement islamiste palestinien hostile à Israël

Photo
 
JERUSALEM (AFP) - Le Hamas, qui signifie Mouvement de la résistance islamique, est le principal mouvement islamiste palestinien opposé à Israël.

Le mouvement a été créé au début de la première Intifada, en décembre 1987, par la confrérie des Frères musulmans. Il s'appuie sur un vaste réseau d'aide sociale et d'oeuvres de bienfaisance.

Son chef spirituel, cheikh Ahmed Yassine, a été libéré de prison en 1997 par Israël après huit ans de détention.

Violemment opposé aux accords d'Oslo de 1993 sur l'autonomie palestinienne, le Hamas entend poursuivre son combat jusqu'à la création d'un Etat islamique sur toute la Palestine, y compris Israël.

Le Hamas et un autre mouvement radical islamiste palestinien, le Jihad islamique, ont rejeté le cessez-le-feu proclamé le 18 septembre par le président Yasser Arafat, sans indiquer quelle forme prendrait désormais la lutte contre l'Etat juif.

Sa branche armée, le groupe Ezzedine al-Qassam, est responsable des attentats anti-israéliens les plus sanglants de ces dernières années, dont celui de Tel-Aviv, le 1er juin (21 morts dans une discothèque) et de Jérusalem, le 9 août (15 morts dans une pizzeria).

Le mouvement compterait entre 700 et 1.200 militants actifs et des dizaines de milliers de sympathisants.

En février et mars 1996, le Hamas avait perpétré trois des quatre attentats suicide qui avaient fait plus de 50 morts en Israël, contribuant au blocage du processus de paix et au retour de la droite nationaliste au pouvoir.

Sur le plan politique, le Hamas, dont l'influence, de l'aveu même de ministres palestiniens, ne cesse de monter au détriment de l'Autorité palestinienne, demeure le principal mouvement d'opposition à Yasser Arafat, même si les divergences se sont sensiblement réduites depuis le début de la deuxième Intifada, le 28 septembre 2000.

Le 11 septembre, quelques heures après les attentats aux Etats-Unis, le Hamas avait affirmé n'avoir aucun lien avec ces attaques terroristes, tout en estimant qu'elles devraient inciter Washington à réviser sa "politique dans le monde".

"La stratégie du Hamas consiste à lutter contre l'occupant sioniste en Palestine et non hors de Palestine", avait ajouté le mouvement radical.

 
samedi 24 novembre 2001, 14h56

 

La France condamne l'assassinat du chef militaire du Hamas

PARIS (AP) -- La France a condamné samedi l'assassinat par Israël du chef militaire du Hamas, le qualifiant d'''acte particulièrement déplacé et irresponsable''.

''Les exécutions extrajudiciaires sont des actes contraires à la loi internationale. Nous les condamnons'', a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

''L'assassinat de Mahmoud Abou Hanoud constitue un acte particulièrement déplacé et irresponsable dans un contexte de baisse de la violence et à un moment où les parties sont appelées à reprendre le dialogue pour parvenir à l'établissement d'un cessez-le-feu'', a ajouté le porte-parole.

Israël a reconnu samedi avoir délibérément tué Mahmoud Abou Hanoud, 34 ans, l'homme le plus recherché du pays, soupçonné d'avoir organisé certains des attentats suicide les plus meurtriers depuis 1997. Le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Pérès a qualifié Abou Hanoud de ''terroriste professionnel'' et a estimé qu'Israël avait agi en état de légitime défense en le tuant.

jeudi 22 novembre 2001, 17h43

 

Des Israéliens porteront plainte contre Arafat en Belgique

BRUXELLES (Reuters) - Une trentaine d'Israéliens ont l'intention d'invoquer une loi belge de 1993 sur les crimes de guerre pour engager une procédure contre le président palestinien Yasser Arafat.

 

Un porte-parole des plaignants, Tzvi Fishman, a dit jeudi à Reuters que la plainte serait déposée le 27 novembre à Bruxelles.

 

Une cour d'appel de Bruxelles doit, le lendemain, débattre de la compétence du Parquet belge concernant une plainte similaire formulée à l'encontre du Premier ministre israélien Ariel Sharon.

 

Fishman a déclaré qu'Arafat était accusé de deux types de meurtres, ceux qu'il aurait ordonnés en tant que chef de troupes "terroristes", notamment l'Organisation de libération de la Palestine, et ceux commis à partir des territoires dont il est maintenant responsable.

 

"C'est symbolique", a admis Fishman. "A l'annonce de la procédure contre Sharon, les gens se sont demandé pourquoi ils ne feraient pas quelque chose à l'encontre d'Arafat".

 

Des Palestiniens et des Libanais ont porté plainte contre Sharon pour sa responsabilité dans les massacres de Sabra et de Chatila, en 1982, alors qu'Israël avait envahi le Liban et que Sharon était ministre de la Défense.

 
jeudi 22 novembre 2001, 19h44

 

Intifada: plainte en Belgique contre Ariel Sharon et Ehud Barak

Photo
 
BRUXELLES (AFP) - Six Palestiniens, pères d'enfants tués lors de l'Intifada, ont déposé jeudi une plainte collective avec constitution de partie civile contre quinze personnalités israéliennes, dont l'actuel Premier ministre Ariel Sharon et son prédécesseur Ehud Barak, selon leur avocate belge.

Les plaignants, fondateurs de l'association +Justice et Paix pour le peuple palestinien+ et domiciliés dans les territoires autonomes, sont les "pères d'enfants ayant succombé à (des) blessures par balles de l'Armée israélienne", précise le texte de la plainte déposée devant le tribunal de première instance de Bruxelles par l'avocate belge de l'association, Marie-Christine Warlop.

Outre MM. Sharon et Barak, la plainte vise l'actuel ministre de la Défense Abraham Bin Aliazar, le général en chef de l'armée Shaoul Mofaz, ainsi que 11 militaires, dont des officiers et soldats de la base de Tarmiet, située à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.

Ces hommes "portent tous une responsabilité (...) dans le meurtre des enfants qui a eu lieu dans le territoire palestinien occupé par l'armée de l'Etat d'Israel", selon le texte de la plainte.

Cette plainte se base sur une loi belge de 1993, révisée en 1999, accordant la compétence universelle aux tribunaux belges pour les crimes de guerre, de génocide et crimes contre l'humanité, quels que soient leur lieu et les nationalités et lieux de résidence des victimes et des accusés.

L'une des victimes, un garçon de 13 ans, a "essuyé des tirs émanant de la base militaire de Tarmine alors qu'il se rendait chez sa soeur avec quelques amis et a été touché à la tête par une balle explosive", précise le texte de la plainte.

Un autre garçon, âgé lui de 11 ans, a été tué alors qu'il se trouvait avec sa famille sur un terrain agricole situé à la limite des territoires autonomes, selon la plaintes.

Le dépôt de cette nouvelle plainte alors que la chambre des mises en accusation de la cour d'Appel de Bruxelles doit examiner le 28 novembre la compétence de la justice belge pour instruire une plainte introduite en juin contre M. Sharon par 23 victimes palestiniennes du massacre de Sabra et Chatila au Liban en 1982.

Cette plainte a entraîné ces dernières semaines une nette détérioration des relations diplomatiques entre les deux pays, le gouvernement israélien contestant vigoureusement toute compétence à la justice belge pour juger M. Sharon.

Par ailleurs, une trentaine d'Israéliens membres d'un association de "victimes du terrorisme" ont annoncé jeudi leur intention de porter plainte, le 27 novembre à Bruxelles, contre le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat, en vertu de la même loi de 1993-1999.

 
mercredi 21 novembre 2001, 18h12

 

Des Israéliens veulent poursuivre Arafat pour les attentats palestiniens

JERUSALEM (AP) -- L'Association des victimes du terrorisme, formée par des familles d'Israéliens tués dans des attentats palestiniens, a annoncé mercredi qu'elle comptait déposer plainte contre Yasser Arafat le 27 novembre à Bruxelles.

Le même tribunal a été saisi en juillet d'une plainte palestinienne contre le Premier ministre israélien Ariel Sharon, pour son rôle dans les massacres de Sabra et Chatila les 16 et 17 septembre 1982 au Liban, qui avaient fait plus de 800 morts parmi des réfugiés palestiniens.

La Belgique a adopté en 1993 une loi qui donne pouvoir à ses tribunaux de juger des violations des droits de l'Homme, même commises à l'étranger. C'est ce qui a permis à la cour d'assises de Bruxelles de condamner début juin quatre ressortissants rwandais, dont deux religieuses bénédictines, à des peines allant de 12 à 20 ans de prison pour leur implication dans le génocide perpétré en 1994 dans leur pays.

Les familles de l'Association des victimes du terrorisme se sont réunies mercredi pour signer les documents nécessaires au dépôt de plainte pour ''crimes contre l'Humanité'' visant le président de l'Autorité palestinienne. L'organisation compte déposer 30 plaintes individuelles et une collective ''au nom des milliers de victimes de la terreur depuis le début des opérations d'Arafat en 1966'', précise-t-elle dans un communiqué.

Les actions individuelles portent sur des attentats commis depuis la création de l'Autorité en Cisjordanie et dans la bande de Gaza en 1994. Le dirigeant palestinien est accusé d'avoir permis aux terroristes de s'entraîner, de planifier et de perpétrer des actions terroristes contre les citoyens israéliens''.

Yasser Arafat considère que les attaques antérieures à 1994 relèvent de la légitime résistance contre l'occupation israélienne mais depuis 1994 il promet de tout faire pour empêcher la poursuite de ces actions.

Par ailleurs, le ''Comité mondiale pour la justice et la paix'' prépare lui aussi des plaintes contre Arafat, Oussama ben Laden et des dirigeants des mouvements islamistes du Hamas, du Hezbollah et du Jihad islamique, a annoncé le chef de cette organisation, Joel Leyden.

 

Tendance Amnesty
 
 
Amnesty International a publié 23 communiqués en novembre 2001: 3 sur l'Indonésie, 3 sur l'Afghanistan, 2 sur la Turquie, 2 sur Israël, 2 sur l'Autorité Palestinienne, et 1 sur chacun des pays suivants: Burundi, Egypte, Haiti, Bosnie Herzégovine, Maroc/Sahara Occidental, Etats Unis, Guinée, Pakistan, Royaume Uni, Suisse, Chili.
 
Quelques constats s'imposent:
 
1. Le zéro étant aussi une valeur, il faut conclure que les pays non cités ont pleinement respecté les libertés et les droits de l'homme pendant le mois de novembre. Ce serait le cas de pays exemplaires en la matière comme la Syrie, l'Irak, l'Iran, le Soudan, le Nigeria,  ou encore la Birmanie, le Cuba ou la Malaysie. Rien à signaler de ce côté là. No news, good news.
 
2. De tous les pays ayant mérité la mise à l'index au cours du mois, seul Israël a eu les honneurs de dépêches spéciales concernant les accusations lancées à son encontre. Que ce soit l'AFP ou Reuters, Yahoo ou Le Monde, un article spécial est consacré aux griefs amnéstiens pesant sur Israël. Aucun traitement médiatique semblable n'a été réservé aux autres états critiqués par Amnesty.
 
3.Dans son communiqué, Amnesty ne fait pas la moindre référence aux réponses détaillées fournie par les autorités israéliennes. Plutôt que se mesurer aux faits et arguments présentés par les israéliens, Amnesty préfère les ignorer complètement. Tout comme elle occulte le fait que la délégation annuelle d'Amnesty est reçue avec tous les égards par le ministère de la justice israélien, qui lui ouvre ses dossiers, ses rapports et les portes des installations que la délégation souhaite visiter, dans un esprit de coopération et de transparence sans commune mesure avec ce qui se fait dans d'autres pays démocratiques (pour ne rien dire des autres). Cette attitude d'ouverture et de bonne foi ne mérite, de la part d'Amnesty, qu'une brève remarque, citée par Reuters: "Amnesty estime qu'Israël ne réfute pas vraiment ses accusations".
 
4.Si Reuters, de son côté, veut bien rendre compte du fait qu'il y a  bien une réponse israélienne, elle ne cite que deux phrases de l'intervention pourtant très argumentée de Yaakov Levy (dont elle réduit d'ailleurs le rang à "délégué", alors qu'il est ambassadeur d'Israël auprès des Nations Unies à Genève.)
 
5.Que vaut à Israël cette attention médiatique très particulière? La torture. La torture? Que ceux qui s'attendent à des fils électriques, pinces arrache-ongles et caves ensanglantées se préparent à une lourde déception: il est question ici, d'après Amnesty, de priver les détenus de quelques heures de sommeil, les contraindre à demeurer accroupis, ou les priver de contact avec un avocat pendant plus de vingt jours. Ces pratiques, les pires qu'Amnesty ait pu trouver pour afficher sur sa liste noire attribuée à Israël, ne sont pas considérées "discutables" , "répréhensibles" ou "négatives", mais relevant carrément de la "torture".
 
Quand on pense au contexte d'attentats anti israéliens quotidiens, à la situation dans tous les pays de la région ou la torture, la vraie, est pratique courante dans l'opacité totale des régimes autoritaires et dictatoriaux, et à la nature des autres dénonciations d'Amnesty, on ne peut pas s'empêcher de s'interroger sur l'attitude inexplicable d'une grande organisation des droits de l'homme et de certains médias.
 
 
Comme nous n'avons rien à cacher, nous joignons la dépêche de Reuters affichée sur Yahoo.fr ainsi que le communiqué original d'Amnesty. Jugez vous même.
 
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mardi 20 novembre 2001, 18h30

 

Amnesty accuse Israël de torture contre les Palestiniens

GENEVE (Reuters) - Amnesty International accuse les forces de l'ordre israéliennes de recourir de plus en plus fréquemment à la torture lors d'interrogatoires de Palestiniens arrêtés en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, et demande une enquête.

 

Dans un exposé devant le Comité des Nations unies contre la torture, l'organisation de défense des droits de l'Homme basée à Londres fait état d'éléments prouvant que des méthodes illégales étaient à nouveau utilisées lors de ces interrogatoires. Ces méthodes consistent notamment à priver de sommeil les détenus en les maintenant dans des positions douloureuses, ou à les contraindre à demeurer longuement accroupis.

 

Ce rapport a été publié au moment où le Comité de l'Onu, composé de dix experts indépendants, commençait à étudier le cas d'Israël lors de sa réunion semestrielle à Genève.

 

Le délégué israélien, Yaakov Levy, y a réfuté les accusations d'Amnesty, soulignant que, bien que partagé entre le souci de respecter les droits de l'Homme et celui de protéger ses concitoyens contre le terrorisme, Israël s'interdisait la torture.

 

Amesty International évoque des cas de torture, des détentions prolongées au secret ainsi que des actes de violence contre des Palestiniens commis par des membres des forces de sécurité. Ces derniers bénéficient d'une forme d'impunité, s'inquiète en outre l'organisation.

 

Ces actes se sont renouvelés malgré une décision de la Haute Cour de justice israélienne qui, en 1999, avait estimé que "ces méthodes constituaient des actes de torture", souligne Amnesty.

 

Levy a reconnu que dans certains cas limités, l'usage de la force avait pu causer des désagréments ou des insomnies, mais affirmé que la torture n'est pas pratiquée même lorsqu'elle pourrait empêcher un attentat sanglant.

 

Amnesty, qui estime qu'Israël ne réfute pas vraiment ses accusations, a par ailleurs exhorté le Comité de l'Onu à déclarer que la démolition d'habitations palestiniennes dans des zones occupées était un traitement cruel, inhumain ou dégradant, interdit aux termes de la Convention contre la torture de 1987.

 

Israël est l'un de 126 pays signataires de cette Convention internationale.

 

"Un demi-millier d'habitations ont été démolies dans les territoires occupés au cours des derniers mois, jetant au minimum 2.000 Palestiniens à la rue, dont une grande majorité d'enfants", affirme Amnesty, critiquant également le bouclage de certaines villes, considéré comme une punition collective.

 

L'Organisation mondiale contre la torture a pour sa part déclaré que les femmes et jeunes filles palestiniennes détenues par l'Etat hébreu faisaient fréquemment l'objet d'actes de torture de la part des autorités pénitentiaires.

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COMMUNIQUE D'AMNESTY INTERNATIONAL

ISRAËL ET TERRITOIRES OCCUPÉS
Rien n'a été fait pour régler le problème du recours croissant à la torture
Index AI : MDE 15/103/01
Embargo : 20 novembre 2001 à 10h00 TU


Genève -- Alors que le Comité des Nations unies contre la torture s'apprête à examiner le troisième rapport périodique d'Israël, Amnesty International a déclaré aujourd'hui (mardi 20 novembre 2001) que le gouvernement israélien ne s'était pas préoccupé des éléments montrant que les responsables de l'application des lois avaient de plus en plus recours à la torture.
Dans son exposé au Comité, Amnesty International a déclaré que depuis l'arrêt pris en septembre 1999 par la Haute Cour de justice, dans lequel elle interdisait les méthodes d'interrogatoire s'apparentant à des actes de torture, des éléments montraient que ces méthodes étaient de nouveau utilisées. Ces méthodes consistent notamment à priver de sommeil les détenus, souvent en les maintenant dans des positions douloureuses, à les contraindre à rester accroupis pendant de longues périodes ou à leur faire porter des menottes de manière à ce qu'ils souffrent.
" Nous regrettons que malgré la décision prise par la Haute Cour de justice en 1999 et la déclaration claire du Comité contre la torture (1997) selon laquelle ces méthodes constituaient des actes de torture, l'État d'Israël continue de rejeter ces assertions dans son rapport au Comité ", a déclaré Amnesty International.
" Le fait de ne pas reconnaître que ces méthodes d'interrogatoire sont contraires à l'article 1 de la Convention contre la torture a contribué à leur résurgence, en particulier au cours des douze derniers mois " souligne l'organisation dans son exposé au Comité.
En outre, des personnes ont fréquemment été détenues au secret pendant plus de vingt jours sans avoir accès à un avocat ou leur famille. Le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture a déclaré en 2001 que le recours à la détention prolongée au secret par Israël constituait " un traitement cruel, inhumain ou dégradant ".
Dans son exposé au Comité contre la torture, Amnesty International évoque des actes de torture, des placements de longue durée en détention au secret et des actes de brutalité contre des Palestiniens imputables aux membres des forces de sécurité ; elle se dit préoccupée par le fait que ces derniers semblent bénéficier de l'impunité en cas de torture ou de mauvais traitements à l'encontre de Palestiniens.
L'organisation souligne que le recours à la détention administrative sans inculpation ni jugement, et renouvelable indéfiniment, se poursuit. Pourtant, le Comité contre la torture a qualifié en 1998 cette pratique de violation manifeste à l'interdiction de tout traitement cruel, inhumain ou dégradant.
Amnesty International a également appelé le Comité contre la torture à déclarer que la démolition d'habitations palestiniennes constituait un traitement cruel, inhumain ou dégradant aux termes de l'article 16 de la Convention contre la torture. La Cour européenne des droits de l'homme a considéré que la destruction de maisons par les autorités turques constituait un traitement inhumain contraire à l'article 3 de la Convention européenne des droits de l'homme.
" Plus de 500 habitations ont été démolies dans les Territoires occupés au cours des derniers mois, jetant au minimum 2 000 Palestiniens à la rue, dont une grande majorité d'enfants, a souligné l'organisation. Rien ne peut excuser des actes qui transforment la vie de centaines de personnes en tragédie. "
Amnesty International considère également que d'autres formes de punition collective infligées par les autorités israéliennes - dont les couvre-feux prolongés et le bouclage de longue durée de villes, villages et de zones entières privant les Palestiniens de leur liberté de mouvement - relèvent également de l'article 16 de la Convention contre la torture l

Une TV arabe montre Sharon en buveur de sang

 

Peter Hirschberg

Haaretz 18/11/01

Une émission satirique grotesque programée ce weekend à la télévision d’Abou Dhabi soulève la colère des israéliens après avoir présenté un acteur, dans le rôle du Premier Ministre Ariel Sharon, buvant du sang d’enfants arabes (…)

Dans cette émission de la TV d’Abou Dhabi, l’on peut voir l’acteur qui joue Sharon, assis devant ce qui semble être un citoyen israélien – habillé en juif ultra-orthodoxe portant kippah et papillotes – et montrant des bouteilles qui contiennent du sang arabe.

Dans une autre scène, un acteur qui joue Dracula va planter ses dents dans " Sharon ", qui est décrit comme un terroriste pendant tous les sketches. La caméra passe immédiatement à un flash info ou l’on annonce que Dracula est mort à cause de l’ingestion de " sang cruel, froid et pollué ". " Sharon est responsable de l’incident ", conclue le présentateur.

" La télévision d’Abou Dhabi est horrible nauséabonde ", a dit le ministre des Affaires étrangères Shimon Péres à la radio Galei Tsahal. Le secrétaire du gouvernement, Guideon Sa’ar, a déclaré que Péres allait déposer une plainte auprès des Nations unies concernant l’émission. (…)

Un responsable de cette télévision, interrogé par Haaretz au téléphone, a maintenu que " l’émission est une comédie qui n’est pas produite par notre chaîne ". Il n’a pas souhaité répondre aux questions sur le contenu, déclarant : " je n’ai pas d’intérêt à aborder des sujets politiques ". (…)

Cette image de Sharon buvant du sang arabe n’est pas nouvelle. " C’est un motif récurrent ", raconte Danny Rubinstein, commentateur du monde arabe de Ha’aretz. " Pas un jour ne passe sans que l’on décrive Sharon (dans la presse arabe) comme buvant du sang ".

 

vendredi 16 novembre 2001

Shimon Pérès affirme que les Israéliens sont prêts à accepter la création

d'un Etat palestinien

NATIONS UNIES (AP) -- Le ministre israélien des Affaires étrangères a

déclaré jeudi qu'un soutien existe au sein de la population israélienne pour

la création d'un Etat palestinien, mais il a espéré que les réfugiés

palestiniens ne seront pas autorisés au retour en Israël : ''nous n'allons

pas nous suicider'', a-t-il expliqué.

Devant l'assemblée générale des Nations unies, Shimon Pérès a livré ses

sentiments sur la création d'un état palestinien, approuvé par le président

américain George Bush pour la première fois samedi dernier.

''Hier, il était très difficile de trouver des gens soutenant l'idée d'un

Etat palestinien,'' a-t-il déclaré. ''Et bien que cela ne fasse pas encore

formellement partie de la politique du gouvernement israélien, il existe un

soutien pour une indépendance des Palestiniens, pour un Etat palestinien.''

Interrogé par la presse à l'issue de sa rencontre avec le secrétaire général

de l'ONU, Kofi Annan, il a précisé : ''Nous n'avons pas encore inscrit ce

dossier à notre agenda. Je ne peux par conséquent pas encore en faire une

position officielle,'' avant de poursuivre, ''mais je ne vois vraiment pas

d'autre solution, que ce soit pour les Palestiniens, pour nous ou pour la

paix dans l'avenir''.

jeudi 15 novembre 2001, 18h0

Shimon Peres évoque un Etat palestinien devant les Nations unies

NATIONS UNIES (Reuters) - Le ministre israélien des Affaires étrangères,

Shimon Peres, a estimé jeudi qu'il y avait un consensus international pour

la création d'un Etat palestinien, mais a prévenu qu'il n'y aurait pas de

paix tant que l'Autorité palestinienne ne contrôlerait pas tous les groupes

armés.

"Aujourd'hui, il y a un vaste accord selon lequel la création d'un Etat

palestinien indépendant, démilitarisé et économiquement viable, est le

meilleur pari", a lancé Peres devant l'Assemblée générale des Nations unies.

C'est la première fois qu'il évoque un tel Etat devant l'Onu.

"Avec une autorité politique et plusieurs partenaires armés, il ne peut y

avoir ni la démocratie ni la sécurité", a toutefois estimé le chef de la

diplomatie israélienne.

"L'Autorité palestinienne, qui est un Etat en devenir, doit établir son

autorité sur toutes les armes, toutes les armées et toute utilisation

d'armes", a-t-il ajouté. "Pas pour le bien d'Israël, mais pour le bien de la

paix, et pour son propre destin, afin que les balles n'invalident pas les

suffrages", a martelé Peres.

____________________________________________________________________________

__________

Ci suit la version originale du discours de M. Peres devant les Nations

unies:

Statement by H.E Mr. Shimon Peres

Minister of Foreign Affairs of the State of Israel

at the General Debate of the

56th General Assembly of the United Nations

November 15, 2001

His Excellency, the President of the General Assembly, Mr. Han Seung Soo

Mr. Secretary-General, Nobel Prize Laureate, His Excellency Mr. Kofi Annan,

My Colleagues,

Foreign Ministers,

Ladies and Gentlemen,

First of all, I would really like to congratulate you Mr. President for

being elected to preside over the 56th General Assembly of the United

Nations. I know that you bring with you a wealth of experience, a breath of

understanding, and a hope for many people.

I would like also to express my highest regard for the Secretary-General of

the United Nations, Mr. Kofi Annan, who well deserved the recognition by

becoming a Nobel Prize Laureate for his fresh ideas and great vision of how

to meet a new world with an open mind and a sense of unity and hope.

Ladies and Gentlemen,

There is a hidden light and needed hope in this gathering to overturn the

darkness that has descended upon us. There is enough strength and resolve in

the midst of the civilized nations to deflect evil.

Humanity woke up happy to welcome the twenty-first century. We turned and

looked around and there was brightness and freshness in the air.

We had departed from the traditional history that was written with red ink -

wars, skirmishes, conflicts, murders - many of them arising because human

existence was dependent upon land and natural resources.

We had to protect our own lands.

Modern science emerged to supersede land, opening new horizons of limitless

opportunities.

Science rendered borders became marginal, old prejudices and distances began

to dissipate from our mind. Technology created a new interdependence. No

longer were our connections dependent upon land or sea, namely, upon

distances.

Air became the new means of communication for nations, peoples, businesses,

and development. High technology introduced new promises and recalled the

importance of old values.

The perception was that promise will be afforded to every person - no matter

his location, his race, his religion, his sex - allowing him or her to climb

to new heights. And then we learned that high technology is not just a

technical matter. We cannot separate technology from values. It is

impossible.

You cannot combine, for example, lies and science. You cannot lie

scientifically.

To have a science-based economy, you have to pursue peace uncompromisingly

and openness uninterruptedly.

Science requires an open society; it demands constant dialogue. You cannot

have new innovations without free research.

You cannot have free research without being a free society.

You cannot develop a scientific economy without making education a top

priority, available and accessible to all.

You cannot attract investments unless you have transparency.

To keep young scientists in a competitive world your land and water should

be without pollution, your financial system free from corruption, your

government without arbitrariness.

Truth, freedom, openness became conditions for science and high technology,

and consequently, for the advancement of any society.

It is true that the world is still divided between haves and have-nots. But,

for the have-nots, there is the new option: connecting themselves to the new

age and the more developed part of our time.

It was a new beginning, but like many beginnings, it is mixed with shadows

and revolt.

The shadows were not yet loaded, they looked, at the beginning, pale and

distant.

So we felt like one promised world, like one assembly. The economy stopped

being national and became global - open to every nation.

And since we could not form a global government, the national governments

agreed that the global economy would be managed by private enterprises.

Hence, privatization.

Globalization decreased the importance of classical states and increased the

importance of NGO's and worldwide connections. It looked as if borderless

progress was evolving.

And then ambushing clouds, global in nature, arrived as a new horror.

The horrific events of September 11, the savage attack on innocent American

people, signaled a new warning to the new world history.

On September 11th, we learned that the very same technology, openness,

frontier-less, connected world, can also spread viciousness.

This attack was brutal because it was directed at everything we stand for,

against everything nations, and the United Nations, has toiled for.

The emerging terror, like the emerging economy, is no longer national or

delineated by boundaries. It is borderless and contains limitless, awesome

potential. It can begin with knives, and it may wind up with germs.

Terror doesn't have a marked address, a merciful lord in heaven, or a court,

or an elected government. Neither does it need the approval of the many. It

is built on the fanaticism of a small group of murderers, without the checks

and balances of an accountable society.

It may arrive unexpectedly, uninvited, frightening every corner of the

globe, paralyzing work and home, grounding flights, impeding movement,

disrupting commerce and production. Eventually, it can endanger the

freshness the air, the purity of water.

Global economy arrived as a historic surprise. Equally so, global terrorism

arrived without prior warning.

But whereas a solution was found to relate to the global economy - through

privatization - there is no private answer to meet global terrorism.

Many nations have armies without necessarily having enemies. Yet global

dangers are left, for the time being, without global answers, without global

armies.

The United States played a pivotal role in introducing the new economy. Now

again, it falls upon the United States, as the first target of global

terrorism, to offer a strategy, to take the lead, and again bring the

promise of freedom and security to many of us.

We pay tribute to the United States, a nation that had the capacity to

welcome new modes of creativity, planning, production, innovating, at home

and abroad. And while becoming mighty, it did not stop caring for the rest

of the world.

The United States has helped nations in Europe and Asia and elsewhere regain

freedom and security in times of danger. American boys fought, and many of

them lost their lives, in European and Asian wars.

They won wars, they gained land, but they didn't keep those assets for

themselves. They returned to Japan and improved Japan. They returned to

Germany and improved Germany.

The Marshall Plan helped to rebuild Europe. Needy countries were offered

food and assistance, industries were restored, economies were rehabilitated.

There was generosity in their victory. Indeed, America has emerged as the

"indispensable nation."

Now, America has become a target for reasons which are not necessarily her

own.

Terrorism was directed at America to frustrate her democracy, to weaken her

respect for human rights, to reduce her enterprise and threaten her

individualism, so she would not be able to help others.

This was an assault on the very existence of humanity.

The Bin Laden group is scared of progress. They are proponents of

backwardness. They want us to return and live in caves.

They represent the darkest ages in the annals of human history. They are

self-appointed killers of any person who thinks differently from them.

They are not just evil. They are an agency of death.

America is not just a new world or continent. It is a great constitution, a

shining city on the hill of freedom. It is not just a concrete structure, it

is a solid idea. You can attack America, hurt her, but America cannot be

destroyed.

America's war on terrorism is the war of all of us. By "us", I mean every

country in this Assembly, every human being on this planet.

Bin Laden claims that he fights crusaders who do not exist anymore.

Bin Laden claims that he is to help the Palestinians. But in the eyes of the

Palestinians, he is an obstacle, not an aid. Israel made peace with Egypt,

returned all the land and water, without Bin Laden.

We did likewise with the Jordanians. Not because of terror, but because

terror came to an end.

We offered the Palestinians practically all the land at Camp David in July

of 2000 without Bin Laden, without terror. And if there remained a

difference of one or two percent, this does not justify the killing of

thousands of men and women in America. Political differences don't justify

murdering even a single child, no matter of which nation.

Bin Laden and his abhorrent ideas can never contribute to peace. They offer

no solution, nor hope for any nation, or religion, or individual person.

They spread hatred, disseminate fear and plant mines. They are just a

catastrophe at large.

Mr. President,

The new world economy enabled two of the most populous countries - China and

India - to move forward and offer new life and opportunity to hundreds of

millions of people.

It has changed the face of Europe. It has reversed the fortunes of Latin

America. It has extended an open invitation to every country to acquire

computers, widen education, open its gates and join a new age without giving

up old values or traditions.

It calls for an assembly of responsible nations to build a dam against

terror, knowing perfectly well that the fight against terror cannot be

postponed, cannot be forgiven, cannot be compromised. It is a matter of life

and death for humanity in the new chapter of our existence.

Either all of us, nations and individuals, will contribute to safety and

freedom or become targets of death and backwardness.

Every country must choose its place in the new globe, either in the realm of

science and technology, or in the wastebasket of the old land economy,

dependent on the whims of nature, condemned to poverty and hopelessness.

It is the responsibility of affluent nations to share the wealth of

knowledge so others can join. They should become a locomotive for the

deprived, not a luxury liner for the privileged.

Mr. President,

We pray, full-heartedly, from the great and united city of Jerusalem, as we

did in the early days of our existence, that we shall know again how to

distinguish between good and evil, between TOHU VA'VO-HU and a new tomorrow.

 

Our region gave birth to the greatest prophets, their moral dictums setting

the moral fabric of our society. They have guided us to trust and follow

reason and realism.

But we were forced to follow funerals more than reason. It has exacted a

heavy price from Jews, Muslims and Christians and Druze. It is time that we

rediscover the Ten Commandments, holy to all of us.

Right now it looks like we are again sinking into the past. The emotional

conflict is greater than the territorial gap. It is more difficult to muster

the strength and summon the spirit than to divide the land.

In spite of these difficulties, I dare say there is a hidden opportunity in

the vast divide.

I feel strongly that while we cannot recover lost time, we can introduce a

new vista in the Middle East. Until now the world related to the Middle

East. Now the Middle East has to relate to the new world.

Our neighbors - Palestinians and Arabs - know that Israel is committed to

contribute whatever she can to renew a real peace process. Not by force, not

by imposition, not by unilateral action, but through a negotiated agreement

- an agreed peace.

There is no peace but an agreed peace. Just as you cannot applaud with one

hand, you cannot have a one-handed peace.

Problems, naturally, have a date of birth. Solutions must reach their

maturity. It may not happen at once, but it will happen.

Yesterday, you would hardly find, for example, support for a Palestinian

State. And although this is not yet a formal policy of the Government of

Israel, there is support for Palestinian independence, support for a

Palestinian state.

We do not want to dominate the Palestinians. We want them to breathe

freedom, to create a new economy, to maintain their traditions, to enjoy the

highest level of education, and provide real security for all parties.

As far as Israel is concerned, we are convinced that good neighbors are

better than good guns.

In modern times, you cannot have real security dependent only on fences,

walls, fortifications or trenches. Not even on tanks and guns and missiles.

All these measures have already become anti-measures, making them incomplete

and temporary.

The only strategy that cannot be ignored is neighborly relations, like the

common market in Europe, the Rio Group in Latin America, NAFTA in North

America, ASEAN in Asia, the New Partnership for African Development in

Africa.

All these frameworks have shown that answer to old historical, military and

political conflicts may reside in the economic domain.

What endangers the new solution is terror. Terror is endangering again the

world. There is no longer a division between east and west, or north and

south, but between the union to stop terror and those who refuse to

recognize its menace.

The assembly against terror comprises most of humanity - the United States,

Europe, China, Russia, India, South America, many countries in Africa, many

countries in the Moslem world.

Democracies must have a non-democratic institution to defend itself because

armies are not democratic, but without them, democracy would not prevail.

You may have many views in a democratic society, but only one authority that

controls the military.

Armies must be subordinated to the elected political body. But if you have

one political authority and several armed groups, you can have neither

democracy nor security.

The Palestinian Authority, which is a state in being, must establish one

authority over all arms, all armies, all use of arms. Not for the sake of

Israel, but for the sake of peace, for the sake of their own destiny, so

that bullets will not negate ballots.

As long as terror persists, Israel has no choice but to defend its people.

The word "terror" doesn't describe an abstract dilemma for us. It refers to

a reality of between thirty to forty violent incidents every day - shooting,

bombing, ambushing, killing.

It is perpetrated by suicide bombers that have no respect for life, their

own or others. The only place they can be intercepted is at the point from

which they depart.

Israel is, by definition, an experienced member of the anti-terror camp. We

know that terror can never win if people protect and preserve their

fundamental security.

Terror is strong as long as anti-terror is weak. And terror is frightening

as long as people are afraid of it. Terror represents basically cowardliness

and does not serve a real purpose. Terror follows neither justice nor serves

goals. It is not a remedy, it is a malady.

Mr. President,

We are at a juncture. The world is pursuing new opportunities and frontiers.

No longer will it be a world divided between developed and underdeveloped

nations, between black and white or men and women. It will become a world

where every person will have access to knowledge and opportunity to

participate in a new genesis.

States became weaker economically and strategically because economy and

strategy have themselves become global. Yet we don't have organized world

institutions to secure the globe and distribute wealth justly.

Two courses are open to every State - either join the new economy or submit

to old terror, the creation of wealth, or the threat of terror.

Each must make its own choice between the promise of economy or the protest

by terror.

The Global Compact, initiated by the Secretary-General, offers a roadmap to

the former. It defines the functions and contributions of the United Nations

and imposes responsibilities on all of us - nation states, the private

sector, the civil society.

It provides us with hope that even as crises exist, obscuring the

opportunities awaiting in the corner of our eyes, the path to progress is

clear to all with the courage to embrace it.

Mr. President,

We woke up to the twenty-first century with such optimism.

We must overcome the dangers so that our children will be raised again in a

world of almost limitless opportunities.

It can be done.

We have learned in Jerusalem that we can make a promised land into a land of

promise for all of us.

 

LE MONDE | 10.11.01

Sari Nusseibeh bouscule le credo de l'OLP sur le sort des réfugiés

JÉRUSALEM de notre correspondant

Sous les sourcils charbonneux, le regard est espiègle. Bien campé dans son

fauteuil, Sari Nusseibeh grille paisiblement ses cigarettes en jouant avec

les grains noirs d'un chapelet. C'est pourtant par lui qu'une controverse

sur le droit au retour des réfugiés palestiniens est arrivée, à la suite

d'une tribune publiée simultanément le 24 septembre par un quotidien

palestinien et par un journal israélien. Il invitait les Palestiniens à

prendre en compte l'opposition irréductible des Israéliens à un retour

éventuel à l'intérieur de leurs frontières reconnues internationalement,

ébréchant ainsi l'un des credos de l'OLP. Malgré les critiques et des appels

lancés au chef de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, pour qu'il le

démette de ses nouvelles fonctions de représentant de l'OLP pour Jérusalem -

suite au décès de Faycal Husseini -, le recteur de l'université d'Al-Qods,

qui assure s'exprimer à titre personnel, ne veut pas en rabattre.

"Si on considère que la perspective ouverte par les accords d'Oslo, c'est de

voir à terme deux Etats vivant côte à côte, alors le droit du retour des

réfugiés palestiniens ne peut être conçu que dans le cadre de l'Etat

palestinien, à certaines exceptions près. On sait très bien que les

Israéliens n'accepteront jamais un droit au retour qui mettrait en cause le

caractère juif de leur Etat (...). C'est la réalité. Il faut la prendre en

compte, tout comme il faut prendre en compte la question des compensations,

individuelles et collectives, et la reconnaissance publique, incontournable,

par Israël, de sa responsabilité dans cette tragédie", considère M.

Nusseibeh. "C'est seulement ainsi que l'on s'approchera le plus près des

résolutions des Nations unies sur ce sujet." Il met en regard avec cette

"ligne rouge" israélienne, celle que constitue pour les Palestiniens

l'intégrité des territoires aujourd'hui partiellement autonomes de Gaza et

de la Cisjordanie, mités par des colonies en continuelle expansion, à

l'origine, selon lui, de l'échec actuel du processus de paix

israélo-palestinien. La paix, ajoute-t-il, ne peut être bâtie sans cela.

LA RAISON PLUS QUE L'HABILETÉ

Le recteur reconnaît qu'il fait plus oeuvre de pédagogie que de tactique

politique en abordant des questions "aussi émotionnelles", mais il estime

que la raison rapporte parfois beaucoup plus que l'habileté. "Pendant des

années, la question de la reconnaissance d'Israël a agité l'OLP, cela a créé

de grandes tensions et de nombreux préjudices alors que nous nous privions

dans le même temps des avantages que cette reconnaissance aurait pu

apporter", assure-t-il. "Et puis je suis convaincu que le débat sur la

question des réfugiés (...) fait son chemin dans les têtes, inconsciemment."

Né en 1949 dans l'une des grandes familles palestiniennes de Jérusalem, ce

professeur de philosophie a grandi dans l'aura d'un père respecté, Anouar,

tour à tour ministre du premier "gouvernement palestinien" à Gaza, au début

des années 1950, professeur et ambassadeur. Ce n'est pas la première fois

qu'il joue les francs-tireurs. En 1986, sa participation à des réunions avec

une délégation du Likoud lui avait valu d'être roué de coups par des

étudiants. "Le projet sur lequel nous travaillions (...), nous était bien

plus favorable que les accords d'Oslo, notamment sur Jérusalem-Est", assure

Sari Nusseibeh en riant. Il se dit prêt à "tester"le premier ministre

israélien, Ariel Sharon. "Il faut que les Israéliens comprennent que (...)

c'est aujourd'hui ou jamais", estime-t-il. "La violence mène à une impasse.

Il n'existe que deux solutions : deux Etats, ou un seul Etat, binational,

qui signifiera donc la fin de leur projet d'Etat juif. S'il nous apparaît

que la piste de l'Etat palestinien n'est pas possible, si les colonies

continuent de se développer, il ne nous restera plus qu'à nous retourner

vers la seconde solution et de mener une lutte pour l'égalité des droits

dans un Etat sécularisé. A terme, je ne doute pas un instant de l'issue

d'une telle lutte", prévient, de sa voix douce, M. Nusseibeh.

G. P.

* ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 11.11.01

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Lundi 12 Novembre, 2001 (L'Orient Le Jour, Liban)

Abdallah II pour des garanties arabes à Israël

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Le roi de Jordanie Abdallah II a déclaré que l'ensemble du monde arabe

devrait offrir à Israël des garanties collectives de sécurité, en

contrepartie de la construction d'un État palestinien, rapporte le quotidien

britannique The Times. Le journal affirme que des pourparlers allant dans ce

sens sont déjà en cours entre les principaux acteurs de la communauté

internationale, dont les États-Unis, la Russie, l'Union européenne, les

Nations unies, l'Égypte et la Jordanie. Si un accord était trouvé, Israël se

verrait offrir pour la première fois des garanties sur son existence et sa

sécurité par tous les pays du monde arabe, depuis le Maroc jusqu'aux États

du Golfe. Selon ce projet, «les pays arabes publieraient un communiqué

commun garantissant la sécurité d'Israël», a affirmé le roi Abdallah au

Times.

 

 

> Les frustrations des Arabes nourrissent la haine contre les Etats-Unis

>

> AMMAN, 5 nov (AFP) - La pauvreté, des régimes autocratiques et les

> libertés refoulées sont autant d'ingrédients qui alimentent l'extrémisme

> dans le monde arabe et la haine à l'égard des Etats-Unis, estiment les

> analystes politiques.

>

> Les attaques du 11 septembre à New York et Washington, puis la lutte

> anti-terroriste menée par les Etats-Unis ont cristallisé les sentiments

> latents de défiance et de haine à l'égard de l'Amérique.

>

> D'emblée, les Etats-Unis, pourtant victimes de ces attaques terroristes,

> ont été montrés du doigt par une partie de l'opinion arabe et de certains

> dirigeants arabes, la position américaine dans le conflit

> israélo-palestinien servant en outre de prétexte idéal pour les

> organisations extrémistes.

>

> "C'est trop facile d'accuser les Etats-Unis, alors que la majorité des

> pays arabes sont des terrains fertiles pour cultiver le terrorisme",

> déclare à l'AFP un analyste arabe.

>

> "La frustration au quotidien que subissent les Arabes et l'incapacité des

> dirigeants de leur garantir un traitement équitable et une vie décente,

> tout cela contribue à transformer des pays arabes en véritables usines à

> terroristes", indique cet analyste qui a requis l'anonymat.

>

> "Les sentiments antagonistes et de haine envers l'Occident sont nés de la

> pauvreté, du manque de dignité et de sécurité familiale, dans des pays où

> des couches de la population sont au bord du désespoir, alors qu'un clique

> dirigeante jouit de tous les avantages", ajoute l'analyste.

>

> Selon lui, "l'autocritique est contraire aux normes dans le monde arabe,

> où les dirigeants ont toujours trouvé moyen de blâmer un ennemi, réel ou

> fictif, pour tous les maux de leurs pays, alors que ses dirigeants portent

> la plus grande part de responsabilité dans ces maux".

>

> Pour un autre analyste politique, les dictatures arabes ont certes

> "empêché le développement sain de leurs pays", mais, dit-il, "l'occident

> et en particulier les Etats-Unis ont certainement leur part de

> responsabilité dans la désillusion du monde arabe".

>

> "Plusieurs dictatures arabes continuent d'exister et de fleurir en raison

> du soutien des Etats-Unis, qui préfèrent voir leurs alliés aux commandes

> d'un pays au détriment du bien être des populations", déclare-t-il sous

> couvert de l'anonymat.

>

> Ainsi, pour garantir leurs intérêts pétroliers dans cette partie du monde,

> les Etats-Unis ont "volontairement occulté les abus de dirigeants arabes

> et se sont gardés d'encourager l'établissement de démocraties, de crainte

> de voir des islamistes aux commandes de ces pays, qui seront loin d'être

> des alliés de Washington", dit-il.

>

> "Les mouvements islamiques qui effrayent aujourd'hui de nombreux

> dirigeants arabes, ont été à la base encouragés par ces régimes, pour

> lutter contre le nationalisme qui, dans les années cinquante, mettait en

> péril leur pérennité", relève un politicien arabe.

>

> Encouragés par les Etats-Unis, ces régimes ont également soutenu des

> mouvement islamiques hors du monde arabe, que ce soit en Afghanistan ou en

> Iran, pour lutter contre le communisme, rappelle-t-il.

>

> Selon lui, "le phénomène des opérations suicides a été créé par l'Imam

> Khomeiny en Iran, où les soldats portaient une clef autour du cou qui,

> leur avait-il été dit, le permettra d'entrer au paradis s'ils mourraient

> au front".

>

> Malgré plusieurs fatwa (décrets de l'islam) d'Al Azhar, la plus haute

> autorité sunnite, condamnant les opérations suicides, celles-ci n'ont fait

> que fleurir, de pair avec le désespoir.

>

> Pour lutter contre l'occupant israélien, le Hezbollah libanais

> pro-iranien, a eu recours à ces pratiques, tout comme les organisations

> islamiques palestiniennes.

>

> "Aujourd'hui Oussama ben Laden a su rallier ce désespoir à son profit et

> n'a pas de problème pour recruter des jeunes prêts à mourir puisque le

> paradis leur est garanti", ajoute-t-il.

>

> Les morts difficilement expliquées des prisons palestiniennes

>

> KHAN YOUNES (bande de Gaza), 30 oct (AFP) - Le docteur Ghassan Wahba a su

> immédiatement ce qui s'était passé quand les infirmiers lui ont présenté

> le corps de son frère aîné Alaa sorti de la morgue de l'hôpital Nasser de

> Khan Younès, dans la bande de Gaza.

>

> La dépouille avait des hématomes sur le torse, le dos, les épaules, les

> mains, et des excréments sur les cuisses.

>

> "Ils ont torturé mon frère jusqu'à la mort", affirme le docteur Wahba, le

> regard plein de colère. Pour lui, "ils" sont les hommes des services de

> renseignements palestiniens qui ont détenu Alaa pendant quatre jours,

> avant d'annoncer qu'il était mort le 22 octobre, affirmant qu'il s'était

> pendu dans sa cellule.

>

> Ce cas est le dernier d'une série de morts difficilement expliquées depuis

> la mise en place de l'Autorité palestinienne en 1994.

>

> Quelque 28 Palestiniens sont morts dans les prisons de l'Autorité, dont 5

> depuis le début de l'Intifada il y a 13 mois, selon Bassam Eid, directeur

> de la Palestinian Human Rights Monitoring Group, association indépendante

> des droits de l'Homme.

>

> "La culture des droits de l'Homme ne s'est jamais imposée au sein de la

> communauté arabe", souligne M. Eid, dont l'association se charge de

> surveiller l'état des droits de l'Homme en Israël et dans les territoires

> palestiniens. "Malheureusement au Proche-Orient, on ne connaît que

> l'emploi de la force", affirme-t-il.

>

> Depuis le début de l'Intifada, l'Autorité palestinienne a exécuté deux

> palestiniens accusés de collaboration avec Israël et condamné d'autres à

> mort pour avoir passé des informations secrètes à Israël.

>

> La mort d'Alaa Wahba, qui était officiellement soupçonné de collaboration

> avec Israël, fait actuellement l'objet d'une enquête ordonnée par le

> procureur général, alors que le gouvernement palestinien maintient la

> thèse du rapport médical selon laquelle Alaa se serait pendu avec une

> corde attachée à une fente de la porte de sa cellule.

>

> "Nous voulons la vérité, nous voulons savoir qui l'a tué", exige son frère

> en s'adressant à l'AFP. Cette affaire a provoqué des manifestations de rue

> à Khan Younès et la famille d'Alaa a refusé pendant plusieurs jours de

> l'enterrer.

>

> Le président palestinien Yasser Arafat a finalement annoncé qu'Alaa serait

> considéré comme un martyr de l'Intifada et non comme un collaborateur, et

> a chargé l'Autorité de verser son salaire de gardien d'école à sa famille.

>

> Selon sa soeur Abir, Alaa a été arrêté chez lui le 18 octobre par des

> policiers qui disaient vouloir l'interroger sur un prêt que lui aurait

> accordé une banque locale. Alaa avait demandé deux prêts pour le mariage

> de son frère célébré une semaine avant sa mort.

>

> La famille n'avait plus eu de ses nouvelles jusqu'au 23 octobre, jour où

> Ghassan fût informé par les services de renseignements que son frère avait

> été arrêté pour collaboration et qu'il s'était suicidé.

>

> "C'est après l'avoir torturé et tué que les policiers l'ont accusé de

> collaboration, pour se protéger eux-mêmes", a affirmé Abir. Selon les

> services de renseignements palestiniens, Alaa s'est pendu après avoir été

> mis en présence de témoignages prouvant qu'il était un collaborateur.

>

> Une mort similaire, celle d'Imad Mohammad Amin al-Bizreh, avait eu lieu

> dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 10 août. Les services de

> sécurité l'avaient accusé de collaboration et indiqué qu'il s'était

> suicidé dans sa cellule. Une autopsie du corps n'avait pas été autorisée,

> explique M. Eid.

>

> L'Autorité palestinienne a aussi accordé le statut de martyr a Imad

> al-Bizreh après que la famille l'eut accusée de l'avoir torturé a mort,

> a-t-il souligné.

>

> "L'Autorité palestinienne dit avoir puni les personnes responsables de

> quelques uns de ces morts, mais nous n'en sommes pas sûrs parce qu'on ne

> l'a pas vu de nos propres yeux", a déclaré M. Eid.

>

> Un opposant et député syrien plaide non coupable à l'ouverture de son

> procès

>

> DAMAS, 30 oct (AFP) - Le député et opposant syrien Maamoun al-Homsi,

> accusé de plusieurs crimes politiques graves, notamment de vouloir

> "changer la Constitution", a plaidé non coupable à l'ouverture de son

> procès mardi à Damas.

>

> "Je suis étonné que la Constitution ait été violée de cette manière

> flagrante" par les autorités, a dit M. Homsi en allusion à son arrestation

> il y a près de trois mois, "avant d'obtenir l'autorisation du Parlement",

> selon un de ses avocats.

>

> M. Homsi a rejeté les accusations formulées par le juge et affirmé que ses

> propos revendiquant plus de liberté politique "avaient été publiés à

> maintes reprises par les médias et les citoyens en avaient pris

> connaissances".

>

> "Mes propos ne violent pas la Constitution", a poursuivi l'accusé à

> l'adresse du juge. M. Homsi avait publié trois jours avant son

> interpellation, le 9 août, un communiqué dans lequel il dénonçait des

> "pressions" de l'Etat et revendiquait des mesures d'ouverture politique.

>

> "Je suis toujours engagé par mon communiqué qui ne viole pas la

> Constitution", a martelé M. Homsi assis dans le boxe des accusés en

> complet veston cravate et apparemment en bonne forme.

>

> Quatre avocats étaient présents pour assurer la défense du député

> poursuivi également pour "agressions visant à empêcher l'Etat à exercer

> ses prérogatives", en demandant dans son communiqué la dissolution d'un

> organisme étatique de contrôle, de "résistance" aux autorités, en entamant

> une grève de la faim avant son arrestation, et d'"incitations à des

> dissensions interconfessionnelles".

>

> Les avocats de la défense ont demandé le report de l'interrogatoire

> arguant du fait qu'ils "n'avaient pas été autorisés à prendre connaissance

> du dossier". Le procureur a également demandé le report de la séance pour

> "prendre connaissance" du dossier.

>

> Celle-ci a duré une vingtaine de minutes en présence d'une cinquantaine de

> personnes, dont les deux enfants de M. Homsi, six diplomates occidentaux

> (Américain, Norvégien, Suisse, Hollandais, Belge et Allemand) et plusieurs

> journalistes. En revanche, les photographes n'ont pas été admis.

>

> Les autorités ont voulu montrer que les choses se font "en toute sérénité,

> dans le cadre des institutions existantes", a affirmé à l'AFP un analyste,

> sous le couvert de l'anonymat.

>

> Il a souligné "le souci de transparence" des autorités qui ont accepté la

> présence des médias et d'observateurs étrangers.

>

> Un avocat de la défense, Me Bahaa Rakad, a affirmé à l'AFP que "c'est la

> première fois depuis trente ans qu'un accusé de crimes politiques est jugé

> par un tribunal ordinaire et non d'exception", en dépit de la loi

> d'urgence, décrétée en Syrie depuis 1963, mais qui n'est pas appliquée.

>

> M. Homsi avait appelé à la constitution d'une commission parlementaire des

> droits de l'Homme. Il accusait l'Etat d'avoir ignoré les revendications

> sur la révision de l'état d'urgence, la lutte contre la corruption et

> l'arrêt de l'intervention des services de sécurité dans la vie quotidienne

> des Syriens.

>

> Le procès d'un autre député et opposant syrien Riad Seif, inculpé avec M.

> Homsi le 11 octobre d'avoir contrevenu à plusieurs articles du Code pénal,

> doit s'ouvrir mercredi. Les deux accusés encourent des peines allant de

> cinq ans de prison à la réclusion à perpétuité.

>

> La prochaine séance du procès de M. Homsi a été fixée au 13 novembre.