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Les pièges de Damas Jean Paul II prêche la
paix à la mosquée
Un
hôte providentiel pour le régime syrien
Absolution
Les
maronites du Liban boycottent Damas
Le
sort amer des chrétiens d'Orient
Raid
israélien contre un village palestinien
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Israël juge «antisémite» l'attitude de Bachar
el-Assad
Israël avait préféré
traiter par le mépris la première salve d'injures lancée jeudi
à Madrid par le jeune président syrien («le racisme des
Israéliens a surpassé le nazisme»). La deuxième, lancée samedi
de Damas à l'arrivée du pape, a été considérée comme celle de
trop. Preuve de l'importance accordée à ces attaques verbales,
la réaction israélienne est venue du plus haut sommet de
l'Etat. Estimant que le fils d'Hafez el-Assad ne semblait pas
avoir reçu en héritage de son père le sens de la modération et
de la retenue, le président d'Israël a choisi de railler
l'ignorance de son homologue syrien. «Il (Hafez el-Assad) ne
fut pas un partenaire dans la recherche de la paix; mais il ne
s'est jamais exprimé d'une façon aussi abrupte, raciste,
antisémite et illogique que l'actuel président ne le fait, a
déclaré Moshe Katsav [...]. Le président de Syrie a consacré
de longues années à ses études d'ophtalmologie et n'a pas eu
le temps, semble-t-il, d'étudier l'histoire en général, et
l'histoire du peuple juif en particulier.» Auparavant, le
conseiller diplomatique du Premier ministre n'avait pas mâché
ses mots. «Il s'agit là de propos ignobles et totalement
inadmissibles qui démontrent de façon claire l'attitude
antisémite du président syrien», a déclaré Avi Pazner. «Tout
comme le Vatican a exonéré le peuple juif de [...] la
responsabilité du meurtre de Jésus, le Saint-Siège doit réagir
aux propos d'Assad et corriger son erreur historique», a
estimé Katsav. ALEXANDRA SCHWARTZBROD (à
Jérusalem) | |
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Damas envoyé spécial
es
fidèles des deux religions retiendront la main de Jean Paul II posée
sur celle du mufti général de Syrie peu après leur rencontre dans le
salon de la grande mosquée des Omeyades de Damas, les deux tasses du
café de bienvenue qui tremblent entre ses doigts fatigués et qu'il
n'a pas pu boire, puis sa marche claudicante et chancelante à
travers ces lieux qui comptent parmi les plus vénérés de l'Islam et
son écoute prostrée de la prière musulmane.
Premier pape à entrer dans une mosquée, le souverain pontife a
aussi accompagné son geste historique, hier en fin d'après-midi,
d'un message de fraternité à l'adresse des musulmans. Après avoir
exhorté chrétiens et musulmans à dépasser des siècles d'hostilité,
il a appelé les professeurs des deux religions à instruire les
jeunes «dans le respect et la compréhension» de l'autre
«afin qu'ils ne soient pas conduits à faire un mauvais usage de
la religion pour justifier la haine et la violence». Pas de
prière commune, cependant, comme Jean Paul II le souhaitait. Le
mufti, cheikh Ahmed Kiftaro, s'y est opposé, répondant ainsi aux
attentes des musulmans conservateurs, très hostiles à une cérémonie
commune.
Prophète musulman. La mosquée des Omeyades, qui occupe
l'emplacement d'un temple araméen (3 000 ans avant J.-C.) consacré
au dieu de l'orage, Hadad, d'où s'éleva ensuite vers le Ier siècle
après J.-C. un grand temple romain dédié à Jupiter, fut aussi une
église dédiée à Jean-Baptiste. Elle abrite la tombe supposée du
saint, que l'islam considère comme un prophète, appelé Yahya. Deux
millénaires plus tard, le saint a donc servi de pont entre les deux
religions.
«La violence détruit l'image du Créateur dans ses créatures et
elle ne devrait jamais être considérée comme le fruit de convictions
religieuses», a encore déclaré le pape. Une déclaration en
rupture avec les propos tenus la veille par son hôte, le président
syrien. Lors de son allocution de bienvenue à l'aéroport de Damas,
Bachar el-Assad avait comparé la situation des Palestiniens à celle
du Christ pendant son martyre et les Israéliens à ses tortionnaires.
«Nous les entendons massacrer les principes de l'égalité
lorsqu'ils disent que Dieu a créé un peuple meilleur que les autres.
Nous les voyons agresser les lieux saints de l'Islam et ceux de la
chrétienté en Palestine. Ils violent les lieux sacrés: la mosquée
al-Aqsa, l'église du Saint Sépulcre à Jérusalem et l'église de la
Nativité à Bethléem. Ils tentent de tuer tous les principes des
religions célestes avec la même mentalité par laquelle fut trahi
puis torturé le Christ. Par la même méthode, ils ont essayé
d'attaquer traîtreusement le prophète Mahomet.» Le président
syrien a également déclaré: «La charité, c'est d'arrêter de tuer
tout ce qui est arabe par haine. (...) La vérité, c'est
d'arrêter de déformer l'authenticité actuelle et historique et de
prétendre à des droits et une histoire sans fondement.»
Messe au stade. Dès son arrivée samedi à Damas, le pape
avait appelé à la réconciliation entre chrétiens, musulmans et
juifs. Il l'avait déjà appelée samedi et en avait fait la condition
à la paix au Proche-Orient. «Il est important qu'il y ait une
évolution dans la manière dont les peuples de la région se
considèrent mutuellement et que, à tous les niveaux de la société,
les principes de coexistence pacifique soient enseignés et
promus», a-t-il insisté. Il a repris le même appel dans son
homélie prononcée pendant la messe de dimanche, célébrée dans le
grand stade de Damas, où se sont réunis plusieurs dizaines de
milliers de fidèles.
La veille, dans sa «papamobile», vite recouverte de riz et de
fleurs, il avait reçu un accueil très chaleureux dans la partie
chrétienne de la vieille ville de Damas en se rendant au patriarcat
grec orthodoxe. Nombre de personnes venues l'acclamer appartenaient
d'ailleurs à ce rite (1). «Parmi la population, on ne fait pas de
différence, en Syrie, entre catholiques et orthodoxes. D'ailleurs,
si vous voulez vexer un chrétien, allez donc lui demander à quel
rite il appartient», explique sœur Micheline, une religieuse
franciscaine installée dans le pays depuis 1956.
(1) Les chrétiens représentent 1,7 million d'habitants en Syrie
et les catholiques ne sont guère plus de 800.000.
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