N° 2 - édition spéciale - 14 mars 2002                   Liberté égalité solidarité

           Justice sociale

  à BayarD



Sommaire

 

 

 

 

 

 

L’édito - page 1

 

 

Des salaires bloqués au plus bas - p. 2

 

 

Succès et difficultés, sur le front de la précarité - p. 3

 

 

Un courrier amical – p. 4

 

 

Liste des candidats CGT aux élections CE et DP – p. 4

 

 

Contacts – p. 4

 

 

Notre site internet est à votre service - p. 4

 

 

 

 

 

Justice sociale ne rime pas avec pauvreté !

 

La section syndicale CGT unitaire de Bayard a lancé son premier numéro de Justice sociale en janvier 2002. Notre lettre syndicale a reçu un accueil chaleureux de la part de nombreux salariés. Vous l’avez compris, nous entendons poursuivre la publication de cette lettre syndicale avec constance, pour vous tenir informés des problèmes sociaux qui sont traités tant par le comité d’entreprise (CE) que par les délégués du personnel (DP), tant en négociation entre les délégués syndicaux (DS) et la Direction qu’au sein du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

   Ce numéro spécial fait le point sur la situation sociale à Bayard, dans la perspective des prochaines élections, moment important dans la vie de l'entreprise, le seul où vous pouvez choisir vos représentants, qu’ils soient élus au comité d’entreprise ou à la délégation du personnel. Cette année, fait historique dans la vie sociale de l'entreprise, la CGT présente des candidats dans tous les collèges électoraux : ouvriers, employés, agents de maîtrise, cadres et, bien sûr, journalistes. La mobilisation de notre section unitaire vous permet donc de voter pour un candidat CGT, quel que soit votre métier.

   Pendant les deux années qui viennent de s'écouler, vos représentants CGT ont fait la démonstration, notamment pendant les périodes de turbulence, qu'ils étaient à l'écoute des salariés, indépendants, combatifs et force de proposition. Ainsi, il y a à peine un an, si nous n'avons pas empêché la Direction, après six mois de conflit, de fermer certains titres (Bel Âge, Entourage et Eurêka), nous lui avons tout de même imposé un « plan social » digne de ce nom.

   Pour les syndicalistes CGT de Bayard, réduire les écarts de revenus, malheureusement croissants dans notre entreprise comme dans l’ensemble de la société française, devient une priorité. Au même titre que le refus de la précarité toujours plus massive des journalistes, et de l’incroyable inégalité hommes/femmes qui perdure… En cela, nous nous sentons particulièrement en phase avec l’engagement actuel de notre confédération en faveur des plus défavorisés.

   Vous êtes de celles et de ceux qui reconnaissent à la CGT sa détermination, son rôle essentiel dans l'obtention et la défense des principaux acquis sociaux. Vous voulez défendre et élargir vos droits, avec réalisme, mais sans faiblesse. Alors, votez pour les candidats de la CGT.

 


 

Des salaires bloqués au plus bas

 

   Notre accord « 35 heures » (ARTT) prévoyait une modération des augmentations collectives de salaires sur trois ans (1999-2001) et un intéressement qui devait, si les résultats de l'entreprise étaient au rendez-vous, compenser la modération salariale. La contrepartie était l’engagement de la Direction d’octroyer 22 jours d’ARTT (pour un temps plein), de faire 56 embauches en équivalent temps plein (ETP) et de maintenir  l'emploi à hauteur de 1066 ETP jusqu'en juin 2002 afin de toucher les aides de l'Etat.

   Si les 22 jours d’ARTT, dans l'ensemble, sont bien pris et si la modération salariale a été strictement appliquée, le maintien du niveau de l'emploi a été, en revanche, particulièrement éphémère (6 mois)… De plus, sur 3 ans, la perte de notre pouvoir d'achat est de 3,3% (augmentations collectives comparées à l'indice INSEE) ! Conclusion : l'emploi a fondu, la masse salariale est fortement diminuée, les salariés travaillent de plus en plus vite, tout en voyant leurs salaires stagner et leur niveau de vie diminuer.

   Dans ce contexte, nous avons demandé, en novembre, un réajustement de +0,5% sur 2001. Avec le +0,9% obtenu lors de la négociation annuelle, cette demande couvrait tout juste l'inflation 2001 (+1,4%). Alors que les résultats de l'entreprise, en 2001, sont positifs, avec environ +5% de rentabilité, la réponse de la Direction à notre demande fut éloquente : « Il n'y a pas lieu de pratiquer un réajustement »… En clair, cela voulait dire que, même lorsque les (bons) résultats sont là, notre Direction refusait que ses salariés puissent seulement maintenir leur niveau de vie.

   Mais le plus rude était encore à venir, lors de la négociation sur les augmentations 2002. Les organisations syndicales ont d’emblée fait connaître leurs revendications : +2,5% d’augmentation collective (1% en mars, 0,7% en juin et 0,8% en septembre) ; le salaire minimum d'embauche à 1220 euros (8000 F, au lieu de 7500 F jusqu’à maintenant) ; l'effet rétroactif des mesures appliquées au 1er janvier 2002, sur les salaires des personnels de Côté Femme ; que les augmentations collectives portent aussi sur les commissions du personnel d'Interligne.

A ces demandes, la Direction a répondu qu’1% de la masse salariale est déjà réservé pour les augmentations individuelles, que 0,8% est aussi réservé pour les primes. De ce fait, la Direction nous a fait la proposition suivante pour les augmentations collectives : 1% seulement (0,5% en avril et 0,5% en octobre) ; le salaire minimum d'embauche à 1189 euros (7800F) ; pas d’effet rétroactif pour les salariés de Côté Femme ; renvoi à une négociation spécifique pour les salariés d'Interligne…

   Suivant la position de la CGT, les organisations syndicales ont fait savoir à la Direction que

sa proposition est irrecevable et qu'elle relève même de la provocation. En effet, les augmentations collectives sont reléguées une fois de plus derrière les augmentations individuelles et les primes (en masse : 1% d’aug. ind., 0,8% pour les primes et seulement 0,5% d’augmentation collective).

   En 2002, l'inflation, avec l'effet euro (les prix ont augmenté de 0,5% sur le seul mois de janvier !), se situera au mieux entre 1,5% et 2% ; 85% des salariés de Bayard ne peuvent compter que sur les augmentations collectives pour voir leurs salaires augmenter, puisque seulement 158 salariés (selon la Direction) bénéficieront d'une augmentation individuelle en 2002. La proposition de la Direction revenait à dire que, sur la basse d'une masse salariale d'environ 42 M euros (275 MF), elle aurait distribué 42 K euros (2,75 MF) en augmentations individuelles, soit une moyenne annuelle de 2650 euros (17400 F) par salarié concerné, alors qu’elle n’aurait donné que 21 K euros (1,37 MF) pour l’augmentation collective, soit une moyenne annuelle de 250 euros (1640 F) par salarié !

   Pour la CGT, il était hors de question de signer un accord si les augmentations collectives restaient en dessous du 1% de la masse salariale. Après plusieurs réunions difficiles, la CGT a finalement signé l'accord annuel sur les salaires 2002 comprenant les bases suivantes :

- Une augmentation globale de 1,5% (1% en mars et 0,5% en septembre) en niveau sur les salaires brut, ancienneté comprise, jusqu'à concurrence d'un plafond de

3812 euros (25000 F) brut de base mensuelle pour un temps plein ;

- le barème minimal de pige sera augmenté dans les mêmes proportions, la valeur mini du feuillet (1500 signes) étant de 57,7 euros (378.49 F) au 1er janvier 2002 ;

- le salaire mensuel minimum brut de base est porté, au  1er janvier 2002, à 1205 euros (7904 F), base temps plein ;

- une clause de revoyure en octobre 2002, afin d'examiner les indicateurs économiques ;

- l’ouverture, en mars, d'une négociation sur les conditions salariales à Interligne.

   Pour ce qui concerne l'effet rétroactif à Côté Femme, la Direction refusant la moindre avancée, les organisations syndicales ont déclaré qu'elles allaient agir devant la juridiction compétente afin que les salariés récupèrent leur dû.

   Comme vous pouvez le voir, la CGT a placé les inégalités salariales au centre de ses préoccupations pour les deux années à venir.

 

Succès et difficultés

sur le front de la précarité

 

   Depuis maintenant trois ans que des journalistes CGT militent à Bayard, nous avons obtenu :

-         Que 315 journalistes rémunérés à la pige soient électeurs aux élections des délégués du personnel et du comité d’entreprise, soit trois fois plus qu’aux élections de 1998. Pour la première fois, les journalistes électeurs rémunérés à la pige sont plus nombreux que les journalistes électeurs dits « permanents » ! De ce point de vue, il est très important que ces nouveaux électeurs fassent usage de leur droit de vote, pour nous conforter dans notre lutte en leur faveur et afin que le quorum soit atteint dès le premier tour ;

-         que pas moins de 117 journalistes rémunérés à la pige soient éligibles aux mêmes élections ;

-         le principe de l’établissement d’un « bon de commande », pour tout travail demandé ;

-         le paiement à la fin du mois où ce travail a été reçu et accepté, et non plus après publication, comme encore trop souvent ;

-         l’établissement d’un minimum tarifaire sur la base augmentée du barème du Syndicat professionnel de la presse magazine et d’opinion (SPPMO), dont Bayard Presse est adhérent, revalorisé de plusieurs points, pour les « piges » textes ;

-         une couverture sociale (retraite, prévoyance, mutuelle complémentaire, 1% logement, formation) pour les « pigistes réguliers » égale à celle dont bénéficient les permanents ;

-         l’ouverture de l’accès à aux prestations sociales de l’entreprise (avantages du CE) aux journalistes rémunérés à la pige dont Bayard est le principal employeur (sur foi de la déclaration annuelle à la Commission de la carte).

 

   Il reste, cependant, des progrès très importants à faire. Voici quelles sont, entre autres, nos propositions constantes à la direction :

-         Régulariser en CDI en bonne et due forme les dizaines de journalistes rémunérés à la pige par Bayard ayant eu 4 feuilles de paie ou plus au cours des douze derniers mois, pour une rémunération annuelle d’au moins 27500 francs (4190 euros environ) ;

-         augmenter de 11,4% les rémunérations des « piges », afin de tenir compte de la réduction du temps de travail à 35 heures (accord de 1999, à Bayard !), comme cela s’est fait au journal Le Monde ;

-         ouvrir l’accès à la cantine et à la formation aux journalistes rémunérés à la pige dont Bayard Presse est le principal employeur (sur foi de la déclaration annuelle à la Commission de la carte).

 

   Au niveau national, l’un des journalistes CGT de Bayard a rencontré le directeur général-adjoint et le directeur des affaires juridiques de l’UNEDIC. Voici ce qui a été obtenu :

-         Toute difficulté injustifiée d’un journaliste rémunéré à la pige pour faire valoir ses droits auprès d’une antenne Assedic (sous prétexte de défaut de feuille jaune, ou de feuille jaune portant les mentions fallacieuses « fin de pige », « fin de collaboration »…) peut être communiquée par notre syndicat à la direction de l’UNEDIC qui s’est engagée à intervenir « autoritairement » pour corriger « les dysfonctionnements locaux » ;

-         cette nouvelle orientation permettant de « faciliter au maximum l’ouverture et le traitement des dossiers des journalistes pigistes, quelles que soient les mentions portées sur les feuilles jaunes », a été indiquée à « toutes les Assedic de France », dont les responsables ont été réunis sous la houlette du directeur des affaires juridiques de l’UNEDIC.

   En cas de difficultés quant à votre indemnisation chômage, n’hésitez pas à nous contacter. Agnès Beaudemont-Dubus et Antoine Peillon, journalistes à Bayard, sont tous deux au Bureau national du Snj-CGT.

   Par ailleurs, une négociation est ouverte avec les organisations patronales. Notre principal objectif est que les entreprises de presse cessent de rémunérer à la pige les collaborations autres que strictement occasionnelles.

 

Un courrier amical

 

   Parmi plusieurs messages d’encouragement qui nous ont été envoyés après la publication du n° 1 de Justice sociale à Bayard, nous avons choisi de publier l’un d’entre eux, avec l’autorisation de son auteur, parce qu’il prolonge particulièrement bien nos propres réflexions :

   « Bravo pour votre journal distribué ce matin ! Le thème le plus préoccupant est bien entendu celui des bas salaires, disons ceux de moins de 2300 euros (15000 F à la louche), parfois bloqués depuis des années, parce qu’ils sont ceux de salariés (…) à professions peu glorieuses (standard, BPC, distribution des courses et du courrier, Interlignes, secrétariats…). On peut réellement parler de mépris et de déconsidération de la personne humaine, bien que dans certains discours on a la surprise d’entendre : nous sommes tous indispensables… Oui !, mais pas tous au même niveau de reconnaissance ! Mais vous le savez déjà. Tout le monde le sait, et ce n’est pas propre à Bayard.

   Néanmoins, cela ne devrait pas être une raison de ne rien faire (…). Facile, pour les dirigeants, de brader la rémunération des métiers peu valorisants : ils savent bien la impuissance des populations concernées… (…) Pourtant, que ce soit chez l’artisan, le commerçant ou au supermarché, les prix ne varient pas selon les salaires des clients. Que celui-ci soit de 1500 ou de 10000 euros, les factures ne font aucune discrimination, elles…

   La rémunération ne doit pas seulement être juste, en fonction du job, mais elle doit être également viable au titre du pouvoir d’achat, tout simplement, si l’on veut vraiment lutter -on est en droit de s’interroger là-dessus- contre une société à deux vitesses dans tous les domaines !

   Pourquoi les bas salaires devraient-ils se loger insalubre, se vêtir dans les solderies, se nourrir industriel ? Tout le monde à droit de bénéficier du mieux que produit la société. Au fait, la société, c’est qui ?… »

Lucette Gohier, secrétaire.

 

Liste des candidats CGT

 

Contacts

 

Agnès Beaudemont-Dubus (déléguée du personnel CGT), poste 58 14 ; Myriam Beaudet (élue CGT au Comité d’entreprise), poste 69 36 ; Bruno Casseau (délégué syndical CGT), poste 58 96 ; Antoine Peillon (représentant syndical CGT au Comité d’entreprise), poste 69 84 ; Violette Piazza (représentante CGT au Comité de groupe), poste 65 16 ; Christiane Stievenart, (déléguée du personnel CGT), poste 64 79.

 

Un site internet à votre service

 

Vous pouvez le consulter à l’adresse :

wwww.cgtbayard.org

et nous envoyer du courriel (confidentialité assurée !) sur notre boîte électronique :

contact@cgtbayard.org