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Quand le négationnisme s'invite à l'université
par Didier Daeninckx, écrivain ("Le goût de la vérité", Verdier)

Vendredi 14 janvier 2000


Une enquête en dix articles sur l'historique de la tentative de prise de pouvoir des négateurs de la mémoire dans l'université lyonnaise.


Le ciel de la capitale des Gaules se charge des cendres des 400.000 livres brûlés dans l'incendie de la bibliothèque inter-universitaire. Diplômes de complaisance, professeurs échangistes, concours truqués, le Poulpe secoue une ville qui perd ses facultés. Commandez le livre avec alapage

I - L'affaire Jean Plantin, le bébé éprouvette du négationnisme 17/01/2000

2 - L'affaire François Robert, l'ingénieux du CNRS 24/01/2000

3 - L'affaire Goulven Pennaod, le druide nazi de Lyon III 31/01/2000

4 - L'affaire Bernard Lugan, le professeur fouetteur de Lyon III 07/02/2000

5 - L'affaire Alexis Carrel, les chambres à gaz honorées par la Faculté 14/02/2000

6 - L'affaire Bernard Notin, l'antisémite suspendu 21/02/2000

7 - L'affaire des frères Lumière, ou le cinéma sans conscience 28/02/2000

8 - L'affaire Abdelhamid Bdioui, un doctorat antisémite à Lyon III 06/03/2000

9 - L'affaire Henri Roques, les Lyonnais débarquent à Nantes 13/03/2000

10 - L'affaire Robert Faurisson, faux et usage de faux 20/03/2000

Il y a vingt-et-un ans, le 3 janvier 1979, Primo Levi écrivait dans le Corriere della Sera à propos de l'affaire Faurisson qui venait d'éclater en France:

"Qu'ont donc fait les autorités universitaires et la Justice ? Elles ont toléré que vous, niant les morts, vous les tuiez une seconde fois".

L'activisme négationniste de Robert Faurisson, professeur de littérature à l'université Lyon 2, depuis longtemps lié à l'extrême-droite, a rapidement été orchestré et médiatisé par différents groupes et revues issus de l'ultra-gauche comme La Vieille Taupe de Pierre Guillaume ou La Guerre Sociale de Joseph Benhamou.

La volonté de donner une légitimité aux thèses affirmant l'inexistence du génocide et des chambres à gaz, les a conduit à tenter de trouver de nouveaux appuis dans l'institution universitaire. Le choix de la ville de Lyon, comme laboratoire de cette politique d'infiltration n'est pas dû au hasard. Après mai 1968, la reprise en main du monde étudiant s'était traduite, au bord du Rhône, par la création de l'université Lyon III et la nomination à sa présidence d'un responsable du Service d'Action Civique, une milice politique gaulliste composée pour une bonne moitié de repris de justice et de militants d'extrême-droite. En quelques années de recrutement sélectif, va s'opérer sur ce campus une collusion entre la droite lyonnaise respectable et les cercles extrémistes. La naissance du Front National, en 1972, donnera un coup d'accélérateur à cette alliance dont une des conséquences lointaines prendra la forme du coup de force de Charles Millon au Conseil Régional en 1998.

Au cours des vingt dernières années, l'université lyonnaise a été associée en permanence aux offensives des "assassins de la mémoire", et nous avons choisi d'en présenter les dix principaux épisodes en remontant peu à peu vers la source.

Une bibliographie ainsi qu'un panorama de la presse brune compléteront cet ensemble de textes et de documents dont un grand nombre sont inconnus du grand public. Très souvent, seul le travail de quelques organes de presse et d'associations (Cercle Marc Bloch, Sos Racisme, Golias, Mrap, Hippocampe, Unef-Id) a permis que ces affaires ne soient pas enterrées. La mise à disposition, sur amnistia, de cette base de données est une manière de prolonger l'exergue de "Si c'est un homme" de Primo Levi:

N'oubliez pas que cela fut,
Non, ne l'oubliez pas :
Gravez ces mots dans votre coeur.
Pensez-y chez vous, dans la rue,
En vous couchant, en vous levant ;
Répétez-les à vos enfants.
Ou que votre maison s'écroule,
Que la maladie vous accable,
Que vos enfants se détournent de vous.




En décembre 1999, le Cercle Marc Bloch de Lyon, la revue Golias et les associations Ras l'Front et Sos Racisme ont rendu public un document "Pour la mémoire" qui éclaire vingt ans de dérive négationniste dans l'université lyonnaise, depuis l'affaire Faurisson jusqu'à l'affaire Plantin. Cette série de dix articles s'en inspire largement.


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