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FLORENT BRAYARD
LE MONDE | 15.02.01 | 14h59
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1Vous êtes historien spécialiste du négationnisme, et vous venez de diriger Le Génocide des juifs entre procès et histoire (éditions Complexe) ; comment envisagez-vous le rapport qu'entretient Finkelstein avec le négationnisme ?

Ce rapport est double. Il lui emprunte son vocabulaire (voyez les titres de chapitre, « La capitalisation de l'Holocauste », « La manipulation de l'Histoire »...), et cette proximité sémantique est probablement volontaire, participant d'une stratégie bien pesée du scandale. Par ailleurs, il adopte sur le sujet une posture « non conformiste », à l'américaine. Son maître Noam Chomsky en avait déjà fait de même sous prétexte de défendre la liberté d'expression, mais également du fait de sa communauté de vue avec certains membres de l'ultragauche négationniste sur le sionisme – des points de vue que reprend peu ou prou Finkelstein.

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Culture

Il n'est pas sûr que la très respectable cause palestinienne doive être défendue avec des arguments de ce type.

2Qu'en est-il de la manière dont il aborde les écrits négationnistes ?

Affirmer que « la littérature négationniste n'est pas entièrement dénuée d'intérêt » en prenant pour exemple David Irving est proprement scandaleux. C'est à peu près aussi idiot que de dire que la littérature antisémite n'est « pas entièrement dénuée d'intérêt », parce que Céline a écrit Voyage au bout de la nuit ! Irving est cité pour ses études militaires ou pour ses biographies, mais en aucun cas pour ce qui traite du génocide des juifs.

3Que penser des attaques de Finkelstein contre ce qu'il appelle « la littérature de l'Holocauste » ?

Il donne une image très réductrice d'une historiographie à la fois vivace et massive. Que, dans un corpus aussi important, il y ait des chefs-d'œuvre et des livres sans intérêt me semble d'une effroyable banalité. Il est d'ailleurs étonnant que, rejetant violemment la notion de singularité du génocide des juifs, il succombe au même travers en appelant de ses vœux, implicitement, une singularité concernant la Shoah : que l'on écrive, la concernant, uniquement des chefs-d'œuvre, dont la diffusion, en outre, ne soit pas polluée par la sphère marchande. Or il n'est pas sûr que son livre appartienne à la première catégorie et – à voir son succès médiatique – il ne semble pas échapper à la marchandisation qu'il dénonce.

Propos recueillis par J. Bi.

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 16.02.01