N'HÉSITANT devant aucune dérive, surtout lorsqu'il s'agit de
dénoncer Israël, le numéro un de la République islamique d'Iran, le
Guide Ali Khameneï y est allé, mardi 24 avril, de son couplet
négationniste. "Il existe des preuves démontrant que les
sionistes entretenaient des relations intimes avec les Nazis
allemands et que les statistiques sur le massacre des juifs sont
exagérées", a-t-il déclaré dans un discours devant une
Conférence internationale de soutien à l'Intifada organisée par
Téhéran. "La présentation de statistiques exagérées sur le
massacre des juifs n'a été qu'un moyen d'attirer la compassion de
l'opinion publique et de faciliter l'occupation de la Palestine en
justifiant les crimes des sionistes".
Et d'ajouter qu'"il existe
même des preuves démontrant que certains hooligans non juifs de
l'Europe de l'Est ont été envoyés en Palestine en tant que juifs,
afin que sous prétexte de protéger les survivants du racisme, un
gouvernement ennemi de l'Islam soit installé au cœur du monde
islamique".
Cette conférence s'est ouverte mardi à Téhéran en présence
également du président iranien, Mohamad Khatami, ainsi que de
représentants de trente-quatre pays pour la plupart membres de
l'Organisation de la conférence islamique (OCI), de délégués de
mouvements de l'opposition palestinienne, singulièrement le Hamas et
le Djihad islamique et du secrétaire général du Hezbollah libanais,
Hassan Nasrallah.
Le département d'Etat américain a qualifié de "scandaleux et
déplorables" les propos de M. Khameneï. Ceux-ci
"ne sont pas de nature à dissiper les inquiétudes sur le soutien
de l'Iran au terrorisme et son opposition à la paix au
Proche-Orient", a déclaré le porte-parole adjoint du département
d'Etat, Philip Reeker. Le rapport annuel du département d'Etat sur
le terrorisme international mentionnera une fois de plus "un
certain nombre des organisations" qui se trouvent à Téhéran,
a-t-il dit. - (AFP, AP.)