Bibliographie/Recherche
de Gérard Rabinovitch

UPR 9058 du CNRS
Bibliographie
Livre
Questions sur la Shoah, Toulouse, éd. Milan, collection "Les Essentiels", 2000
Direction d'ouvrages
Éthique et environnement, Actes du colloque, Paris, Ministère de l'Environnement/ La Documentation Française, 1997, 182 p.
Actualité d'Abraham Heschel, un judaïsme dans la Cité, Actes du colloque, Paris, éd. du Nadir, collection Voix, à paraître, 2001
Contribution à des ouvrages collectifs :
« Un maître à exister », postface à L'Ecclésiaste, Paris, éd. Mille et Une Nuits, 1994, 39-46
« L'Homme endetté », postface à L'Amitié de Montaigne, Paris, éd. Mille et Une Nuits, 1995, 35-42
« Dans un monde médusé », Robert Antelme, Essais et témoignages, Paris, éd. Gallimard, 1996, 162-172
« À travers les énormités de la nuit », postface à l'Apocalypse de Jean, Paris, éd. Mille et Une Nuits, 1997, 57-63
« Où es-tu ? », postface à La Genèse, Paris, éd. Mille et Une Nuits, 1998, 135-141
« Von der versachtlichenden, allmacht und vom wissenschaftlichen denken », in Ethik und Wissenschaft in Europa. Die Gesellschasftliche, Rechtliche und Philosophische Debatte. Freiburg, éd. Alber, 2000, 126-140
« Eponymie de la souffrance, épiphanie du courage », postface au Livre de Job, Paris, éd. Mille et Une Nuits, 2000, 97-102
Articles
« Le Trait barbare », Barca, poésie, politique, psychanalyse, n° 12, 1999, 57-66
« Carnets du Jusant », Barca, poésie, politique, psychanalyse, n°13, nov. 1999, 91-106
Communication à la Conférence européenne sur l'éthique et la science (10 juin 1999)
"Détours..." Communication faite au Palais du Luxembourg (Sénat, Paris), lors du colloque « Actuel de la Shoah, témoigner de l'impensable », le 25 mars 2001
Entretien avec Antoine Peillon : Violence routière, la guerre de tous contre tous (26 avril 2001)
Malfaisances et malfaçons (juin 2001)
Ascendance
Léopold Rabinovich, dit "Léo", le poseur de bombe...
Recherche
Béhémoth aujourd'hui, l'éthique démocratique et l'esprit du crime
Hobbes,
après St Augustin, popularisa deux figures de monstres de l'eschatologie juive
d'origine babylonienne. Léviathan, qui désigna l'État coercitif, Béhémoth,
qui désigna le non-Etat, le chaos, le désordre mortel de l’absence de Loi.
Aujourd'hui Léviathan est le nom générique et allégorique des formes
totalitaires du politique. Béhémoth peut être opportunément employé pour désigner
génériquement les forces exacerbées de la destruction de l'humanité en
l'homme.
La pensée du politique s'est beaucoup intéressée
aux figures du Léviathan, bien moins à celles du Béhémoth. Il est même plus
que probable qu'elle a confondu en plusieurs occasions, et sûrement dans le cas
du nazisme, Béhémoth avec Léviathan. L'effondrement des régimes tyranniques,
dictatoriaux, dans la sphère d'influence occidentale et du totalitarisme dans
les pays du socialisme réel, ces dernières années, lève l'obstacle qu'a
constitué la fascination, le rivage, au Léviathan. On commence seulement à
remarquer que c'est peut-être Béhémoth qui a pris ses quartiers dans le monde
démocratique.
Sous ce nom générique de Béhémoth, c'est une
énorme friche qui se découvre à la réflexion et à la recherche sur le
politique. Il s'agit alors d'analyser ce qui pourrait se tramer de mortifère
dans les sociétés démocratiques contemporaines. Non plus les manifestations
et structures exacerbées de État coercitif, mais celles du chaos, du désordre,
du délitement des liens sociaux qui pourraient signer l'effondrement des
attentes et des promesses qui ont mobilisé, animé, la longue installation des
systèmes démocratiques. Au moment même de leur apparent triomphe.
Explorer
la figure paradigmatique du Béhémoth, tenter d'en décrire, penser, interpréter,
ses traits contemporains conduit à s'engager à long terme sur trois axes de
recherche: tenter d'ouvrir des voies inexplorées, ou insuffisamment, pour l'élucidation
de l'énigme du nazisme, définir ce que pourrait être une "culture
criminelle" spécifique de la pègre comme matrice ou modèle, identifier
des symptômes du délitement contemporain (nihilisme culturel, héroïsation de
la violence, traits itératifs de la chosification, par exemple), afin de
parvenir ensuite à l'interrogation de la récurrence en leur sein de traits qui
auraient été amorcés dans les deux objets précédents.
L'hypothèse initiale est que c'est en s'appuyant
sur une investigation des figures "psycho-culturelles" (comportements,
discours, normes, valeurs, mais aussi modus vivendi, modus operandi, épistème)
liées à des groupes criminels (maffias, État nazi, ou encore en littérature:
"société des amis du crime" dans l'œuvre de Sade) qu'il serait
possible de décrire, analyser, comprendre, évaluer certains des processus
mortifères à l'œuvre dans nos sociétés. Des processus qui s'inscrivent dans
des manières d'être, des fantaisies, des normes, des innovations, se
multipliant, se racolant, s'agrégeant en silence.
Ce champ de recherches, par impératif, appelle
que soit revisitée, approfondie, et éventuellement réaménagée,
l'articulation des méthodes et savoirs issus de la sociologie notamment webérienne,
de la philosophie politique, notamment de la "théorie critique" de l'école
dite de Francfort, de la psychanalyse freudienne et ses apports ultérieurs
(Klein, Lacan, Winnicott, Laplanche).