
"Album d'Auschwitz"
Car le vol - pillage, racket, extorsion, captation… - fut l’une des
premières marques du gangstérisme
nazi[1].
Les journalistes du Münchner Post
l’ont dénoncé, en vain, dès les années vingt, à Munich[2].
On ne comprend rien au nazisme, si l’on occulte la spoliation[3]
(Le Robert donne pour spolier : « dépouiller quelqu’un d’un bien
par violence, par fraude, par abus de
pouvoir… ») comme dimension essentielle, centrale, de ce Béhémoth[4]
contemporain. L’incontesté Raul Hilberg a démontré comment « l’expropriation »
a ouvert le processus de La destruction des Juifs d’Europe (Arthème Fayard, 1988) :
« Pendant les quelques années qui suivirent, l’appareil de destruction
prit pour objectif la « richesse » juive. (…) Les Juifs perdirent
leurs métiers, leurs entreprises, leur épargne et leurs fonds, leurs salaires,
leurs droits à la nourriture et au logement, pour finir leurs dernières
possessions personnelles, leur linge de corps, leurs dents en or, et, pour les
femmes, leur chevelure. »
Tout juste sorti de Buchenwald, David Rousset dénonçait déjà avec
violence : « Les Seigneurs S. S. ont des désirs. Les détenus sont
des excréments. Mais on peut encore faire de l’argent avec la merde. Même de
très grosses sommes… »[5] Comme en écho, Germaine
Tillion révèle, en 1946 aussi (Ravensbrück, La Baconnière, Neuchâtel,
Suisse), à qui profitait les « bénéfices » de « l’entreprise
Ravensbrück » : « Himmler n’était donc pas seulement, comme
chef de la police et des SS, le supérieur administratif des gardes-chiourme du
camp, il était en même temps ou
propriétaire du terrain –qu’il aurait alors loué à l’État ?- ou
principal actionnaire d’une société qui aurait exploité notre travail ?
Ce qui était sûr, c’est que l’entreprise rapportait beaucoup d’argent et
qu’une part considérable de cet argent avait pour destination le Reichsführer
Himmler. »[6] Un demi siècle plus tard,
la grande ethnologue et résistante tire à nouveau, dans un entretien avec Jean
Lacouture, la leçon de sa « traversée du mal ». A la question du
journaliste : « Les SS se définissaient-ils surtout par la perversité,
ou par l’efficacité, l’aptitude à obtenir de la chose humaine le plus fort
rendement ? », elle répond simplement : « Les deux. C’était
à la fois obtenir le plus fort
rendement et créer un climat de férocité… »[7]
Rendement et férocité !
Mémoire vivante, le bulletin trimestriel de la Fondation pour la
mémoire de la déportation, a livré récemment une remarquable synthèse sur
« les camps de concentration dans l’économie nazie », ainsi
qu’une bibliographie d’ « ouvrages recommandés » portant
sur ce sujet [Mémoire
vivante, n° 30, mai 2001, pp. 1 à 4. Sont recommandés : David
Rousset, L’Univers concentrationnaire, éd. du Pavois, 1946 ;
Joseph Billig, Les Camps de concentration dans l’économie du Reich hitlérien,
PUF et Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) ; Maurice Voutey,
Évolution et rôle du système concentrationnaire, Centre national de
documentation pédagogique (CNDP) et Centre régional de documentation pédagogique
(CRDP) de Dijon, 1984]. Il y est noté que « c’est en mars 1942
que l’administration des camps de concentration passe du RSHA (Reichssicherheitshauptamt),
Bureau central de la sûreté du Reich, au WVHA (Wirtschaftsverwaltungshauptamt),
Service économique et administratif de la SS, dirigé par le SS. Pohl. La
charte du travail concentrationnaire que publie ce dernier en avril 1942 donne
un éclairage sur ce qui a suivi : « La guerre a manifestement changé
la structure des camps de concentration et notre tâche en ce qui concerne la détention.
La garde des détenus pour des raisons de sûreté, de redressement ou de prévention,
n’est plus au premier plan. Le centre de gravité s’est maintenant déplacé
vers le côté économique (...). De cette constatation s’inspirent des
mesures importantes qui exigent un passage progressif des camps de concentration
de leur ancienne forme purement politique à une organisation adaptée à une tâche
économique... » (...) La société concentrationnaire devient clairement
le monopole social et politique exclusif de la SS. La charte et ses différents
articles fondent en droit la propriété SS non seulement sur la main d’œuvre
en tant que force de travail, mais aussi sur la personne même du travailleur,
sans aucune restriction... »
Comme Raul Hilberg, un autre très grand historien de l’Anéantissement,
Arno Mayer, relève : « Pour l’effort de guerre, les SS, et avec
eux toutes les institutions civiles et militaires importantes du Béhémoth
furieux, s’étaient mis à enrôler de force les travailleurs, à s’emparer
des matières premières et à réduire les rations dans tous les pays qu’ils
occupaient. En réponse aux spoliations, aux pillages, à l’exploitation à
outrance, une résistance, d’abord passive, puis active, s’organisait. »[8]
Cependant, la nécessité de la spoliation nazie dépassait largement le
seul soutien financier à « l’effort de guerre » allemand. Le
racket et l’esclavage des Juifs, le vol de leurs biens et de leur force de
travail, ne peuvent se comprendre, aujourd’hui, à la faveur de travaux récents,
que dans leur lien organique avec l’extermination elle-même. La mission Mattéoli
souligne, dans son Rapport général
remis au Premier ministre le 17 avril 2000, que « spoliations et pillages
sont intimement mêlés au processus de la destruction des Juifs de France »,
et précise aussitôt : « La spoliation en constitue une étape,
alors que le pillage des appartements par les nazis en est la signature. »[9]
Georges Bensoussan a parfaitement résumé la fonction essentielle de la
spoliation systématique dans le
processus d’ensemble de l’Anéantissement[10].
Il souligne même son perfectionnement, le pillage se donnant en préalable la
caution de la légalité, sous le concept de l’« aryanisation » :
« La spoliation est toujours couverte par le droit : de nouvelles
lois permettent de bloquer les comptes, de confisquer appartements et meubles,
de saisir les entreprises, de frapper de nullité les dispositions
testamentaires antérieures. (…) Ce vol se poursuit jusqu'au seuil des
chambres à gaz : les effets personnels sont entassés dans ces entrepôts
que les déportés appellent le « Canada », l’or
extrait des dentures des cadavres[11]
sert, entre autres, à payer les frais de l’assassinat de masse, à
commencer par les transports facturés par la Reichsbahn qui consent un « tarif
de groupe » à partir de 400 déportés. »[12].
Au-delà de l’économie, la nécessité de la spoliation dans
l’Anéantissement est de l’ordre du social, du politique, et même du
culturel. Le nazisme, on ne l’écrira jamais assez, présente tous les signes
du gangstérisme. Eugen Kogon l’écrit très tôt, dans L’État SS : « La vie de la SS formait un contraste absolu avec
celle des détenus. Ces derniers étaient entassés, soumis aux corvées, ils
connaissaient la faim, les supplices, la terreur et la mort – pour les SS,
c’était le luxe, l’ivrognerie, la fainéantise, l’amollissement et toutes
sortes de vices », écrit-il, en ouverture de son extraordinaire chapitre
sur « La vie de coq en pâte de la SS ». Suit le détail des
« escroqueries, pillages, chantages », et autres trafics, orgies
auxquels se livraient les « brigands » nazis. « Les énormes bénéfices
tirés de la corruption coulaient à
flots dans ces maisons d’officiers », explique le rescapé de
Buchenwald. Le vocabulaire de Kogon est sans ambiguïté. Les SS ne sont
finalement que des gangsters, mais ayant conquis les pleins pouvoirs de l’État.
Dans son étude monumentale Hommes
et femmes d’Auschwitz (Menschen in
Auschwitz, Wien, Europa, 1972), l’ancien déporté politique autrichien
Hermann Langbein consacre aussi plusieurs pages à « la corruption des SS ».
Il souligne qu’« il faut se rappeler une fois encore la corruption
inhérente à tout camp d’extermination ». Avant de commenter :
« C’était un poison qu’il sécrétait. »[13]
Cette idée fondamentale fut une des intuitions de Bertold Brecht, dès
1941 (La Résistible Ascension d’Arturo
Ui)[14].
Elle n’est pas absente, loin s’en faut, des investigations des historiens.
Après Franz Neumann, que Raul Hilberg reconnaît comme son « maître »,
Hans Mommsen a ainsi relevé que « la corruption sans borne des
fonctionnaires du régime, particulièrement en relation avec l’expropriation
des Juifs, a contribué à raréfier la critique de la déportation et de
l’extermination »[15].
La conscience, cette marchandise…
A propos de « la corruption du bien de la nature », Thomas
d’Aquin assénait (Somme théologique,
Prima Secundae, question 85, article 6) : « Corruptible et incorruptible
constituent, selon Aristote, deux genres d’êtres différents. Or l’homme
est du même genre que les autres animaux, qui sont naturellement corruptibles.
Donc l’homme aussi est corruptible par nature. »
L’homme est corruptible par
nature, et parfois plus qu’un chien. Emmanuel Lévinas a raconté sa
propre expérience du camp, un stalag en Allemagne, où seul un chien regardait
–et saluait d’un aboiement- encore les déportés comme des êtres humains.
« Bobby », c’est le nom d’Amérique que les compagnons du
philosophe donnèrent à l’animal, était bien le « dernier kantien de
l’Allemagne nazie »[16].
Alain Finkielkraut, qui cite cette expérience de Lévinas, a parfaitement
compris que la spoliation, qui s’est poursuivie jusque dans l’exploitation
des corps, est déjà un anéantissement : « A sa qualité de déchet
(il s’agit du déporté) s’ajoute provisoirement celle de matériau, de
moyen éventuellement exploitable. Avant de travailler à son élimination, il
s’agit de l’insérer dans le processus de travail. Rentabilisation,
liquidation : le même traitement industriel s’applique dans les deux
cas. La productivité du détenu ne contredit pas sa nocivité. »[17]
![]()
[1]
Sur le nazisme comme gangstérisme, lire : Ron Rosenbaum, Pourquoi
Hitler ? Enquête sur l’origine du mal, Jean-Claude Lattès,
1998, et surtout Gérard Rabinovitch, Questions
sur la Shoah, Les Essentiels Milan, 2000, qui continue, entre autres,
les travaux pionniers de Franz Neumann (Béhémoth ;
Les structures et pratiques du national-socialisme, 1933-1944, Payot,
1987, premières éditions : Behemoth ;
The Structure and Practice of National Socialism, London, 1942, puis
Oxford University Press, 1944 !) et d’Eugen Kogon (L’État SS ; Le système des camps de concentration allemands, édition
intégrale, Seuil, 1993 ; première édition : Der
SS Staat, Frankfurt am Main, 1946).
[2]
Ron Rosenbaum, Pourquoi Hitler ? Enquête sur l’origine du mal, Jean-Claude
Lattès, 1998, pp. 113 à 144.
[3]
C’est à partir de 1995 seulement que la question de la spoliation des
biens juifs et de sa réparation a été posée par des organisations juives
aux États européens (Suisse, France, Allemagne, Autriche, Suède…), à
leurs musées, banques, compagnies d’assurances, industriels… En France,
les parutions (1995) des livres de Lynn Nicholas (Le Pillage de l’Europe, Seuil) et de Hector Feliciano (Le
Musée disparu, éditions Austral) ont amené le Premier ministre Alain
Juppé à confier à Jean Mattéoli, président du Conseil économique et
social, la présidence d’une mission d’étude sur la spoliation des
Juifs de France. Pour l’instant, la mission a publié une dizaine de
documents, dont un considérable Rapport
d’étape (Documentation française, janvier 1999) et, enfin, le Rapport
général définitif (17 avril 2000 ; lire
plus loin). Toutes les « études sectorielles » de la
Mission Mattéoli sont consultables sur le site Internet de la Documentation
française : http://www.ladocfrancaise.gouv.fr : Aryanisation
économiques et restitutions ; La spoliation financière ;
Le pillage des appartements et son indemnisation ; Les biens
des internés des camps de Drancy, Pithiviers et Beaune-la-Rolande ;
La spoliation dans les camps de province ; Le pillage de
l’art... ; La Sacem et les droits des auteurs compositeurs
juifs sous l’Occupation.
Cf.
la remarquable description du processus de spoliation, dont la déportation
est le prolongement fatal, dans la somme de Renée Poznanski, Être juif en France pendant la Seconde Guerre mondiale, Hachette, 1994,
pp.76 à 83.
[4]
Franz Neumann, Béhémoth ; Les structures et pratiques du national-socialisme,
Payot, 1987, et Gérard Rabinovitch, « Carnets du jusant (fragments) »,
in Barca, n° 13, novembre 1999.
Pour Raul Hilberg aussi, la référence au Béhémoth biblique paraît évidente,
dans La politique de la mémoire,
Gallimard, 1996, p. 181. L’invocation du monstre biblique est-elle si
efficiente, notamment pour échapper à l’idée trop globalisante du
« totalitarisme », qu’elle est occultée par la philosophie
politique contemporaine ? La traduction du Behemoth
or the Long Parliament de Thomas Hobbes (Plon, 1991) est restée
longtemps non disponible, avant d’être publiée par Vrin (tome 10 des
oeuvres complètes, janvier 2000)…
Genèse, I, 24 :
« Dieu dit : « Que la terre produise des êtres vivants
selon leurs espèces : bestiaux (Béhémoth), reptiles, et bêtes
sauvages selon leurs espèces ! » Cela s’accomplit. »
Job, XL, 15 :
« Vois donc le Bestial (Béhémoth) que j’ai créé comme je t’ai
fait. »
André Paul, dans l’Encyclopaedia Universalis : « Béhémoth : Pluriel
du mot qui désigne, en hébreu biblique, le bétail, les animaux
domestiques (Genèse, I, 24). Dans
le livre de Job (XL, 15), Béhémoth
prend l’allure d’un pluriel intensif et mythique : il désigne la Bête
par excellence, la force animale que Dieu peut seul maîtriser, mais dont la
domestication échappe à l’homme. Comme monstre mythique, Béhémoth,
joint à Léviathan, est d’origine babylonienne : ils représentent
les deux monstres primordiaux du chaos, Tiamat et Kingu.
On retrouve Béhémoth dans la littérature apocalyptique juive, au
seuil de l’ère chrétienne. Dans le Baruch syriaque (XXIX, 4), il est dit que Béhémoth et Léviathan,
apparus au cinquième jour de la Création, seront servis en nourriture aux
Justes, lors du grand banquet messianique. La même idée se retrouve dans
le IVe Livre d’Esdras (VI, 47).
Dictionnaire encyclopédique du judaïsme,
Le Cerf, 1993 : « Le Léviathan (en hébreu : Liviatan) est
souvent évoqué en même temps que le terrible Béhémot (Job,
XL, 15-24). Dans les livres apocryphes (2
Esdras VI, 49-52), il est dit que ces deux êtres existent depuis le
cinquième jour de la Création. Quant à la littérature rabbinique, elle
voit en eux les « grands dragons » de la Genèse
(I, 21). Ce sont eux qui seront consommés lors du banquet des Justes, dans
le monde à venir (Lévitique Rabba, XIII, 3 ; Babba batra, 74a-75a).
On raconte en effet que, dans les temps messianiques, D. égorgera le Léviathan
et Béhémot (appelé aussi « bœuf sauvage » : chor ha-bar) et qu’il donnera leur chair en nourriture lors du
festin eschatologique ».
[5]
L’Univers concentrationnaire, Éditions
du Pavois, 1946, p. 145.
[6]
Dans le chapitre « Profit et extermination » de Ravensbrück,
dernière édition, Seuil, 1988, p. 214.
[7]
La Traversée du mal, Arléa,
2000, p. 74. Lire aussi, et enfin, les chapitres « Le marché aux
esclaves » et « l’exploitation jusqu’à la fin » du Grand
livre des témoins, édité chez Ramsay par la Fédération nationale
des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP) en 1995.
[8]
La « solution finale »
dans l’histoire, La Découverte, 1990, p. 354.
[9]
Mission d’étude sur la spoliation des Juifs de France, Rapport
général, La Documentation française, 17 avril 2000, p. 8. Annette
Wieviorka, membre permanent de la Mission, relève, dans Le
Monde des Débats de mars 2000 (p. 21) : « Est-ce un hasard
si le « syndrome de Vichy », la redécouverte de cette période
qui a réveillé la recherche historique depuis une quinzaine d’années,
coïncide avec la crise économique ? »
[10]
Léon Poliakov, Le procès de Jérusalem ; Juger Adolf Eichmann, Calmann-Lévy,
1963, pp. 236-238 : « En tous lieux, l’extermination des Juifs
était accompagnée de la spoliation
de leurs biens… » (souligné par Poliakov). Dès 1951, ce
cofondateur du Centre de documentation juive contemporaine consacrait une
longue étude au « caractère global du détroussement » nazi :
« (...) la spoliation du Juif sera totale : on bénéficiera des
biens du Juif, de la main-d’œuvre qu’il peut fournir, de son savoir, on
poussera le raffinement jusqu’à utiliser les éléments récupérables de
son enveloppe charnelle, graisses ou phosphates. » (chapitre 3 :
« Pillages et mise en esclavage », dans Bréviaire
de la haine ; Le IIIe Reich et les Juifs, Calamann-Lévy, 1951, et Éditions
Complexe, 1986, citée ici en sa page 73).
[11]
Lire, entre autres, Jean Ziegler, La
Suisse, l’or et les morts, Seuil, 1997, et, malgré sa fâcheuse
tendance à un certain révisionnisme « à l’allemande »
(Ernst Nolte…), Jean-Paul Picaper, Sur la trace des trésors nazis ; L’or, la mort et la mémoire,
Tallandier, 1998.
[12]
Histoire de la Shoah, PUF, 2e
édition corrigée, 1997, p. 56.
[13]
Hommes et femmes à Auschwitz, UGE
10/18, 1994, p. 285.
[14]
Chef minable d'une bande de gangsters du Bronx, Arturo Ui parvient à
s'imposer par la terreur comme «protecteur» du trust du chou-fleur à
Chicago. Il réduit au silence un politicien corrompu, Hindsborough (alias
Hindenburg), fait éliminer par Gori (Goering) et Gobbola (Goebbels), ses séides,
un homme de main à lui, Roma (Roehm) ; assassine le patron du trust
des légumes de Cicero, la ville voisine (l'Autriche), et séduit la veuve
de celui-ci, quasiment sur le cercueil de la victime. Le résultat est que
l'on vote partout pour lui, tant à Cicero qu'à Chicago. D'autres crimes et
d'autres conquêtes suivent. Rien n'arrêtera Arturo Ui, hormis les peuples
qui finiront par en avoir raison. «Mais il ne faut pas chanter victoire, il
est toujours trop tôt, le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête
immonde. »
[15]
Le National-socialisme
et la société allemande ; Dix essais d’histoire sociale et
politique, Maison des sciences de l’homme, 1998.
[16]
Emmanuel Lévinas, « Nom d’un chien ou le droit naturel »,
dans Difficile liberté, Albin
Michel, 1995, p. 202.
[17]
Alain Finkielkraut, L’Humanité perdue ; Essai sur le XXe siècle, Seuil, 1996,
pp. 9-10.