De quoi Amnesty accuse-t-il (encore) Israël ?

 

Par Yigal Palmor (le 28 février 2001)

 

Amnesty International a publié un rapport, le 21 février, 2001 intitulé : « Assassinats d'État et autres meurtres illégaux ». Ce document accuse Israël d'avoir procédé  à « l'exécution extrajudiciaire » de sept Palestiniens.

On pourrait répliquer que dans le cadre d'un conflit armé, ce terme ne saurait être appliqué a une action militaire ciblée contre un objectif ennemi, qui est par définition à l'origine d'attaques armées contres des militaires et des civils israéliens.

On pourrait également remarquer que, dans un document dont le discours se garde bien de qualifier les actions du Hezbollah , du Hamas ou d'autres Tanzim de « terroristes », qui se garde bien de mentionner le lynchage des réservistes israéliens par une foule qui comptait des policiers palestiniens, qui ne condamne les peines de mort décrétées de manière sommaire par les tribunaux palestiniens que pour en faire porter la responsabilité a Israël, il n'est pas étonnant de ne voir disqualifiées que les ripostes ciblées israéliennes.

On pourrait...

Mais on devrait peut être se contenter de lire attentivement le texte pour connaître l'essentiel, c'est a dire le principal chef d'inculpation : « Parce que les exécutions extrajudiciaires sont universellement condamnées, la plupart des gouvernements les gardent secrètes et démentent les avoir ordonnées. Mais le gouvernement israélien, bien que n'utilisant pas l'expression « exécution extrajudiciaire », ne dément pas que de tels meurtres délibérés sont menés sous ses ordres » (cité par Le Monde daté du 24 février 2001).

On l'a déjà dit, il est absurde de qualifier des actions militaires inscrites dans une situation de conflit arme (d'ailleurs revendiqué par les Palestiniens) de « meurtres délibérés ». D'autant qu'aucune action palestinienne n'a droit au même qualificatif. Mais quitte a retenir le langage d'Amnesty, il apparaît que - de l'aveu même des auteurs du rapport - Israël ne fait pas autre chose que ce que font « la plupart des gouvernements ». Sauf qu'Israël, toujours d'après Amnesty, ne se prête pas au jeu du mensonge.

Israël est-il donc accusé d'excès de parler vrai et de manque d'hypocrisie ?

Dans ce cas, nous plaidons coupables.